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Joan Kennedy Taylor

De Wikiberal
Joan Kennedy Taylor
Rédactrice et éditrice

Dates (1926-2005)
Tendance IFéministe
Origine États-Unis États-Unis
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Joan Kennedy Taylor

Joan Kennedy Taylor (1926-2005) est née dans le quartier de Manhattan, à New York, le 21 décembre 1926 et elle est décédée[1] le samedi 29 octobre 2005 à New York City. Elle fut une grande intellectuelle libertarienne et une ardente défenseur du féminisme individualiste durant des périodes où ces deux labels étaient difficiles à défendre dans le milieu politique conservateur.

Son engagement en tant que rédactrice en chef et éditrice des idées libertariennes

Après avoir commencé sa carrière professionnelle à la radio, elle entre, en 1955, chez Alfred A. Knopf and Company, une société indépendante de publicité où elle fait valoir ses talents dans l'écriture et dans l'édition. En tant qu'assistante de publicité, elle lut une première copie d'Atlas Shrugged envoyée par Ayn Rand à l'éditeur Random House[2] en Septembre 1957. Elle fut passionnée par l'ouvrage et elle s'empressa d'écrire une lettre de remerciement à l'auteure, qui, à son tour, lui a répondu en l'invitant à déjeuner. Les deux femmes se lièrent ainsi d'amitié.

Pendant la campagne présidentielle de 1964, Joan Kennedy Taylor a soutenu le candidat républicain, le sénateur de l'Arizona, Barry Goldwater, elle aida à créer le " Metropolitan Young Republican Club" de New York et fut rédactrice en chef du bulletin d'information du groupe. Elle commença à écrire sur la politique d'un point de vue objectiviste et fonda un magazine mensuel indépendant de tous les partis politiques, qui s'appela "Persuasion" et qui dura de 1964 à 1968. La revue avait le soutien intellectuel et moral de Ayn Rand qui écrivit, en décembre 1965, que Persuasion "fait un travail remarquable d'éducation pour lier l'actualité politique à des principes plus larges, en évaluant des événements spécifiques dans un cadre rationnel de références, et en maintenant un degré élevé de cohérence". [3].

Après une période de flottement dans son orientation de carrière[4], Joan Kennedy Taylor occupa, en 1977, le poste de rédactrice en chef adjointe dans une revue libertarienne, The Libertarian Review, sur l'invitation de son rédacteur en chef, Roy A. Childs, Jr. Lorsque la revue cessa de paraître fin 1981, elle se lança dans une carrière d'écrivain et de rédactrice indépendante, ce qui l'occupa pour le reste de sa vie.

En tant que directrice des publications du Manhattan Institute au début des années 1980, elle a piloté l'édition d'un nouveau livre sur la sociologie politique du bien-être par Charles Murray. À l'époque, Charles Murray était un écrivain presque inconnu. Son livre "Losing Ground" fut couronné de succès. L'effort de Joan Kennedy Taylor ne fut pas négligeable puisqu'elle lui a tout d'abord demandé d'écrire ce livre. Elle s'occupa de sa publication par les éditions Basic Books et elle entreprit elle-même sa campagne de publicité au niveau national.

À la Foundation for Economic Education, au milieu des années 1980, Joan Kennedy Taylor fut directrice éditoriale du Programme éditorial et rédactrice en chef du magazine mensuel, The Freeman. Tout au long des années 1980, elle passa à la radio Byline, soutenue par le Cato Institute, avec des sommités comme Nat Hentoff, Nicolas Von Hoffman, Michael Kinsley, Julian Bond, et le sénateur William Proxmire, en tant que commentatrice régulière sur les questions et les événements d'actualité.

La défense des causes féministes

Au milieu des années 1970, Joan Kennedy Taylor a rejoint le Parti libertarien et a entrepris un militantisme politique durant plusieurs années. Sous ses auspices, la campagne présidentielle de 1980 par le candidat libertarien Ed Clark se pencha sur les questions féministes, et inlassablement Joan Kennedy Taylor défendit le Droit à l'avortement au sein d'un électorat qui n'était pas particulièrement réceptif aux préoccupations féministes. Elle était contre les politiques de discrimination positive qui rendent suspectes l'embauche des femmes et elle s'est opposée à la législation anti-pornographie en mettant en avant l'argument de la liberté d'expression[5] Opposée au féminisme communautaire dépeignant les femmes comme des victimes de l'oppression masculine, Joan Kennedy Taylor désirait remettre sur l'agenda du féminisme la défense des Droits individuels des femmes.

Au début des années 1960, Joan Kennedy Taylor a lu le livre de Betty Friedan, "La mystique féminine" qui la marqua profondément. Elle a presque entièrement consacré les deux dernières décennies de sa vie aux causes féministes (Droit à l'avortement, Harcèlement sexuel). Elle a fait valoir que le féminisme devrait revenir à ses racines, c'est-à-dire dans son engagement à garantir les droits individuels pour toutes les femmes, et rien de plus. Elle a recherché les racines libérales du féminisme dans la Constitution et elle a observé les scissions au sein du mouvement féminisme entre féminisme communautaire et féminisme individualiste. Elle rend hommage aux premières féministes individualistes comme Mary Wollestonecraft, Charlotte Perkins Gilman ou Susan B. Anthony à une période où il était nécessaire d'abolir les lois qui interdisaient à une femme mariée de posséder des biens, de signer des contrats, de voter ou d'échapper à un mari brutal. La philosophie libertarienne se concentre sur ​​l'abolition des lois empêchant les femmes de préserver leurs droits à la vie, à la liberté et au bonheur.

De 1989 à 2003, elle fut coordinatrice nationale de l'Association des féministes libertariennes et rédactrice en chef de son bulletin d'information. Tout au long des années 1990, elle a également servi comme vice-présidente et membre du conseil d'administration de l'association féministe pour la libre expression, un groupe dont elle était membre fondatrice. Elle enseigna à la "New School for Social Research", une "voix différente : le féminisme à la croisée des chemins" et un autre thème : "Les femmes et le Droit". Elle a publié deux livres sur ce thème "Le féminisme individualiste redécouvert" et "Que faire lorsque vous ne voulez-vous pas appeler les flics : Une approche non accusatoire du harcèlement sexuel".

La condamnation de l'ingérence de l'État dans la vie professionnelle et personnelle des femmes

L'ingérence de l'État dans la vie professionnelle ou personnelle des femmes crée des interdits, soit en accentuant involontairement les privilèges masculins, comme par exemple, en «protégeant» les femmes dans leur rôle de mère, ou elle crée de nouvelles injustices par compensation pour des injustices passées. Si l'État est oppressif en tant que Big Brother, il serait également une menace sur les libertés en tant que Big Sister.

La législation du travail depuis 1908 jusqu'aux années 1970, aux USA, a renforcé le mandat des conditions spéciales pour les femmes : un salaire minimum, un nombre maximum d'heures de travail, l'interdiction de leur présence de nuit, l'abstention de soulever des objets lourds et l'exigence des temps de pause. Certaines professions furent purement et simplement interdites aux femmes. Les féministes ont réalisé, dans les années 1970, que ces règlements ont "sur-protégé" les femmes et les ont exclues des bons emplois et des promotions. Les réglementations du travail censées les protéger reposent encore aujourd'hui sur un modèle basé sur un stéréotype "victorien" de la femme qui fait de celle-ci la protégée de l'homme et non son égale. La législation du travail, comprenant la protection contre le harcèlement sexuel, alimente l'hypothèse selon laquelle les femmes sont trop délicates pour réussir dans le milieu du travail sans l'aide de l'État.

En prenant le mandat d'expression au nom des femmes qui se déclarent réellement agressées, la réglementation du travail nuit au développement d'expressions alternatives de la défense de toutes les victimes. Si certaines personnes s'estiment incompétentes ou trop fragiles pour défendre leurs droits, elles doivent avoir d'autres possibilités que celles de donner un mandat exclusif à la réglementation étatique ou à des conventions collectives dans leurs relations professionnelles. Au lieu d'encourager des formes alternatives et appropriées aux situations particulières, les femmes sont contraintes aux choix que la réglementation leur prédétermine.

Des alternatives aux lois "protectrices" contre le harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel est un acte isolé ou répété qui peut bouleverser des vies humaines, avec toutes les conséquences étalonnées durant une carrière, avec son effet sur la réputation, et dans une vie quotidienne profondément affectée. Les femmes ont longtemps souffert sur ​​le lieu du travail de "faveurs sexuelles", appelées juridiquement et pudiquement de "harcèlement quid pro quo". Mais les Lois sur le harcèlement sexuel ne sont pas la solution, indiquait Joan Kennedy Taylor car elles ne représentent pas une voie de recours alternative au système judiciaire existant. Le harcèlement sexuel ne doit pas être traité comme une question principalement juridique.

Implicitement, les lois contre le harcèlement sexuel amalgament des délits mettant en avant des agressions physiques et morales sur le droit des personnes sur leur propre corps avec des "environnements hostiles" ne respectant pas "moralement et sexuellement" la personne. Des femmes et des hommes se sentent souvent "cibles" sur leur lieu de travail par ce qu'ils peuvent percevoir comme une hostilité générale formulée en termes sexuels sans forcément subir d'attouchement physique ou de sanctions morales.

Tout en condamnant fermement l'agression en référence qu droit de propriété sur soi-même, Joan Kennedy Taylor relativise le problème. Nous vivons une période de transition depuis la seconde guerre mondiale et nous avançons peu à peu vers une population plus équilibrée de femmes et d'hommes dans le milieu de travail. Cela peut quelquefois s'accompagner de perturbations qui peuvent être minimisées par la compréhension et la communication, nous précise-t-elle. La solution consiste à accroître la connaissance de tous les travailleurs et de favoriser la communication sur la différence de comportements des différents "genres sexuels". "Nous avons besoin d'une attitude différente et d'un autre type de formation des employés", renforçait-elle, c'est-à-dire une communication et une formation qui prennent en compte l'autre comme un collègue sur le lieu du travail et non comme un "objet sexué".

Dans les secteurs professionnels comme la construction, l'ingénierie, le monde des affaires, où la prédominance masculine est forte, il est important de mettre en lumière la "culture" du groupe masculin qui existe sans les femmes. Certaines expressions de comportements peuvent être gênantes, mais elles ne sont pas du harcèlement sexuel. Joan Kennedy Taylor propose des stratégies spécifiques par lesquelles ces comportements répréhensibles peuvent être contrés, y compris par une nouvelle approche féministe dans les programmes de formation en entreprise.

Annexes

Notes et références

  1. Elle a souffert du cancer de la vessie durant les dernières années de sa vie et d'une insuffisance rénale liée à cette pathologie
  2. Alfred A. Knopf and Company et Random House ont commencé par un rapprochement de coopération économique au début des années 1950, puis par une fusion à la fin des années 1950
  3. Ayn Rand, 1965, "A Recommendation", The Objectivist Newsletter, Vol 4, n°12, December, p8
  4. Elle travailla comme co-thérapeute avec différents cliniciens. Ceci lui permit d'écrire son premier livre, "Quand faut-il consulter un psychologue ?", fut écrit avec le psychologue clinicien Lee M. Shulman, en 1968. En collaboration avec le compositeur George Broderick, elle a créé une version musicale de l'histoire d'Oscar Wilde "Le fantôme de Canterville", ainsi qu'une autre comédie musicale, "North Star", basée sur la recherche de la liberté des esclaves avant la guerre civile des États-Unis. Cependant, aucune de ces comédies musicales n'a été produite à ce jour.
  5. Certaines de ces positions sont très courageuses d'un point de vue conservateur. Par exemple, elle soutenait que les Droits d'une mère enceinte englobent ceux du fœtus. Par conséquent, une mère ne doit pas être poursuivie si elle consomme de la drogue (cas de l'accusation de Jennifer Johnson en Floride). Elle était favorable aussi à l'utilisation médicale des tissus fœtaux. Par ailleurs, elle a estimé que la prostitution doit être libre tant que les Droits à la personne ne sont pas enfreints.

Publications

  • 1992, Reclaiming the Mainstream: Individualist Feminism Rediscovered, Prometheus
  • 1993, Women's issues: feminism, classical liberalism, and the future, Hoover Press
  • 1994,
    • a. dir., « Liberty Against Power, Essays by Roy A. Childs, Jr. », Fox & Wilkes, San Francisco
    • b. "Roy A. Childs: A biographical Sketch", In: Joan Kennedy Taylor, dir., « Liberty Against Power, Essays by Roy A. Childs, Jr. », Fox & Wilkes, San Francisco, ppxi-xviii
    • c. "Does Sexual Speech Harm Women - The Split within Feminism", Stanford Law & Policy Review, Vol 5, Spring, pp49-61
  • 1996, "In Support of the Right to Choose", The Free Inquiry, Vol 16, n°3
  • 1999,
    • a. What to do when you don't want to call the cops: a non-adversarial approach to sexual harassment, NYU Press
      • Nouvelle édition en 2001, Sexual Harassment: A Non-Adversarial Approach, NYU Press
    • b. "Ayn Rand and the Concept of Feminism: A Reclamation", In: Chris Matthew Sciabarra et Mimi Reisel Gladstein, dir., Feminist Interpretations of Ayn Rand, Series: Re-reading the Canon, University Park: The Pennsylvania State University Press, pp231-250
  • 2001, commentaire du livre de Cynthia Eller, "The Myth of a Matriarchal Prehistory", Free Inquiry, Vol 21, n°2, Spring
  • 2002,
    • a. The New Witchcraft, Free Inquiry, Vol 22, n°1, Winter
    • b. Ending the War on Drugs, Free Inquiry, Vol 22, n°2, Spring

Littérature secondaire

  • 1992, Julie Cohen, commentaire du livre de Joan Kennedy Taylor, "Reclaiming the Mainstream: Individualist Feminism Rediscovered", Washington Monthly, May

Liens externes

Textes

Audio


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