Police

De Wikiberal
La douceur policière en action


Définition

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Police, dérive, excès de zèle & toute-puissance étatique (for)

Le terme de « police » désigne de manière générale la fonction (préventive ou répressive) de maintien de l'ordre et du droit dans la société.

Ne pas confondre avec la justice, dont la finalité est le règlement pacifique des conflits sur la base de principes de droit. Les services de justice et de police sont cependant en relation étroite : l'application des décisions de justice ainsi que le maintien de l'ordre en vue du respect des droits individuels requièrent une police ; le règlement des conflits, quant à lui, est une fonction complexe qui ne peut être prise en charge par une police, mais requiert des services spécialisés de justice. Dans une société libertarienne, il y aurait également un troisième protagoniste important : les services d'assurance, qui prennent financièrement en charge certains risques quand la police est défaillante (ce qui est fréquent dans les sociétés étatisées) ou quand la justice vous donne tort (la justice a également un coût que les assurances peuvent prendre en charge par des contrats d'assistance juridique).

En France, la police est un monopole d'Etat depuis 1941 (création sous le régime de Vichy d'une police nationale qui devait particulièrement se faire remarquer par sa veulerie envers l'occupant, ses rafles et l'arrestation de 200000 personnes). Il est révélateur que la priorité de la police française soit moins "la protection des personnes et des biens", que "la défense des institutions de la république" (article 1 du code de déontologie de la Police Nationale), ce qui laisse à penser que les bâtiments et personnages publics doivent être mieux protégés que les privés.

Point de vue libertarien

L'existence d'une police étatique ne règle pas les problèmes de criminalité.

Le droit est nécessaire à toute vie en société, et l'État n'est pas le mieux placé pour le faire respecter. La question est de savoir si un monopole de la sécurité (et de la justice) offre des garanties suffisantes aux consommateurs de sécurité que nous sommes tous. La réponse est non : comme tout producteur bénéficiant d'une rente de situation offerte par la fermeture ou la règlementation du marché, ce monopole sécuritaire n'a aucun intérêt particulier à assurer une protection de qualité aux honnêtes gens. Le taux d'élucidation (rapport des faits élucidés et des faits dénoncés) est en général très faible (autour de 10% en France).

Dans une société libertarienne, chacun serait en droit de "faire" sa propre police (dans le respect du droit d'autrui). Pour des raisons évidentes de division du travail, des entreprises spécialisées seraient sans doute le mieux à même de prendre en charge les tâches de police, en relation avec des compagnies d'assurance qui auraient un intérêt évident à assurer la sécurité de leurs clients (diminution du nombre de sinistres).

Dans une société où la création d'agences de sécurité serait ouverte, l'aiguillon de la concurrence inciterait lesdites agences à assurer un service correct par souci de rentabilité. En outre, elles auraient tout intérêt à enquêter honnêtement et à ne pas se laisser corrompre pour préserver leur réputation - sans laquelle la clientèle s'étiolerait rapidement.

Dans une société libertarienne, les policiers n'auraient pas de privilèges sur les autres citoyens. Cela ne signifie pas qu'ils n'auraient plus le droit d'user de violence pour interpeller des criminels (n'importe qui pourrait d'ailleurs le faire à leur place), mais que les policiers, comme n'importe qui, assumeraient un risque juridique dans le cas où ils se seraient trompés. Cela signifie la fin des arrestations au faciès ; cela signifie aussi que n'importe qui peut leur prêter main forte ou agir à leur place s'ils sont défaillants. En pratique, dans un monde libertarien, ce sont les policiers (privés et payés par exemple par la copropriété de quartier) qui effectueront l'écrasante majorité du travail de police, parce qu'ils sont mieux formés pour ça et que les gens normaux n'ont pas un goût excessif du risque.

Certes, il se peut que des policiers, disposant de fait du "droit du plus fort", soient corrompus, abusent de leur pouvoir et violent le droit des individus. Dans une société étatisée, les recours contre ce genre de situation sont minces et un certain "esprit de corps" permet souvent d'étouffer les affaires. Dans une société libertarienne, on peut au contraire espérer que par le jeu de la concurrence des contrepoids soient trouvés et que les abus soient mieux réprimés.

Bibliographie

  • 1981, A. Schubert, “Private Initiative in Law Enforcement: Associations for the Prosecution of Felons, 1774-1856”, In: V. Bailey, dir., Policing and Punishment in Nineteenth Century Britain, Croom Helm, London
  • 2015, Pierre-Olivier Drai, "Self-sécurité'", Les Belles-Lettres, Collection les Insoumis

Voir aussi

Liens externes

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