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Propriétarisme

De Wikiberal

Le propriétarisme est une conception libertarienne du droit pour laquelle les principales règles juridiques découlent du droit de propriété, en particulier d'une propriété de soi. Le libéralisme pose plus généralement comme fondement le droit à la vie, tout en reconnaissant comme essentiel le droit de propriété.

Le terme de "propriétarisme" est apparu au XIXe siècle, dans un sens souvent péjoratif. Il se rencontre chez Bastiat et chez Proudhon :

Après avoir soufflé la haine du capitalisme et du propriétarisme, après avoir fait accepter des masses comme un axiome incontestable cette découverte : La liberté conduit fatalement au monopole, ils ont, volontairement ou non, entraîné le peuple à mettre la main sur cette liberté maudite. (Frédéric Bastiat, Chapitre XIV des Harmonies Économiques)
Vous faites du propriétarisme, du bourgeoisisme, nous disait le théologastre Pierre Leroux, dans les conférences qui eurent lieu à l'occasion de la Banque du Peuple. Il aurait pu ajouter que nous faisions même du royalisme ; car la théorie du Crédit et de l'Etat, telle que nous la professons, diamétralement opposée à la théorie communiste, est l'élévation de chaque citoyen à la dignité royale. (Pierre-Joseph Proudhon, La Voix du peuple, 1849)

En suivant une logique propriétariste, si l'on est propriétaire de sa personne, on peut céder ce droit, ce qui légitime l'esclavage. Le philosophe libertarien Robert Nozick ira par exemple jusque là, de même que Walter Block : « Le contrat, fondé sur la propriété privée, atteint les domaines les plus extrêmes de l'interaction humaine, y compris les contrats d'esclavage volontaire. »[1]

Cependant, cette propriété est strictement définie et ne peut empiéter sur la liberté et la propriété d'autrui, d'où le refus par de nombreux libertariens du droit à l'image, de la propriété intellectuelle, de la notion de diffamation, etc.

Bibliographie

  • Le propriétarisme contre l'utilitarisme, Bertrand Lemennicier, Journal des Economistes et des Etudes Humaines, 1991, vol. 2, issue 1, 8

Notes et références

  1. Walter Block, "Towards a Libertarian Theory of Inalienability: A Critique of Rothbard, Barnett, Smith, Kinsella, Gordon, and Epstein", pp. 39-85, Journal of Libertarian Studies, vol. 17, no. 2, p. 44, p. 48, p. 82, p. 46, [lire en ligne]

Citations

  • Le « propriétarisme » : c’est une expression de Raoul Audouin, cet économiste français disparu il y a dix ans, admirateur de Bastiat (qu’il a traduit en anglais), ami personnel de Von Mises (qu’il a traduit en français) et proche de Hayek. Il pensait que cette expression était la meilleure arme contre le socialisme, parce qu’elle était plus précise que celle de « libéralisme ». (Jacques Garello, 22/11/2012)
  • Comme le propriétaire fait le droit – la notion de propriétaire est large, cela peut-être un individu, tel un monarque, un collectif restreint (une entreprise, une oligarchie) ou une copropriété où chacun détient une part variable de la propriété – c’est le propriétaire qui décide du régime politique en vigueur en ce lieu, et selon un processus de décision convenu. On peut donc imaginer une mosaïque quasi infinie de territoires aux régimes et aux règles aussi variés que l’homme pourra la créer. (Stéphane Geyres)
  • Par principe de propriété, on entend que l'homme est propriétaire de sa personne (...) et donc qu'il est aussi propriétaire des biens ou revenus qu'il a obtenus par ses efforts ou en se servant de ses droits de propriété (...) Ainsi, c'est l'insuffisance des droits de propriété et de leur définition qui provoque les soi-disant faiblesses du marché et c'est la meilleur définition de ces droits qui résoudra les problèmes. (Jean-Yves Naudet)
  • Le moment libéral se caractérise par la référence centrale accordée à la propriété privée, à l'exclusion des autres formes de propriété (propriété collective et propriété commune), d'où le qualificatif de propriétarisme. (Yvon Pesqueux, Moment Libéral et Entreprise: La fin d'un dogme, 2013)

Voir aussi

Liens externes

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