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Volontarisme

De Wikiberal

Le volontarisme désigne ordinairement la croyance (notamment en politique) que la volonté humaine est capable d'imposer le changement. Le mot prend cependant un autre sens dans la philosophie libérale.

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Aspect politique

Dans le cadre de la philosophie libertarienne, le volontarisme désigne l'idée selon laquelle le consentement doit être au centre des relations inter-individuelles dans l'organisation sociale. C'est une autre reformulation des idées libérales, qui rejoint l'anarcho-capitalisme, la panarchie ou le brutalisme, à l'opposé de l'interventionnisme avec lequel on pourrait le confondre. La prospérité d'une société est le résultat « automatique » d'une harmonie entre les volontés individuelles, que l'on parle à ce propos de main invisible, division du travail, échange, ou autres interactions pacifiques.

Cette conception influence également le droit : davantage qu'un "droit de propriété" indépendant des personnes, c'est la volonté individuelle (non agressive) qui forme le droit et les obligations, le contrat étant une "loi" entre les cocontractants.

Le primat de la volonté individuelle s'oppose également à toute notion de "volonté collective", abstraction sophistique qui ne peut servir qu'à promouvoir une oligarchie : le concept léniniste d'"unité de la volonté" et le centralisme démocratique conduisent inéluctablement à un pouvoir oligarchique dictatorial confié à ceux qui sont à la tête du parti. Cette nécessité de l'"unité de la volonté" se retrouve également dans les partis démocratiques, qui avantagent les professionnels de la manipulation de la parole au détriment des simples militants. Il ne peut y avoir, sauf fictivement et à des fins oppressives, d'unité de la volonté collective ; il y a seulement des associations d'individus visant des objectifs déterminés et conformes au principe de non-agression.

Aspect philosophique

En métaphysique, le volontarisme désigne la doctrine selon laquelle la volonté est le fondement réel de l'être et des choses, le monde n'étant qu'idée, apparence ou représentation. Arthur Schopenhauer est le principal représentant de ce courant, que l'on peut rattacher également au stoïcisme et au bouddhisme. L'axiome de non-agression et l'inaliénabilité de la volonté humaine sont alors considérés comme des conséquences directes de ce point de vue. Le volontarisme est un subjectivisme qui conçoit la volonté individuelle comme un point de départ obligé de toute réflexion économique, politique, métaphysique ou éthique, sans pour autant affirmer un libre arbitre de cette volonté (aussi bien Spinoza que Schopenhauer ou Nietzsche refusent le libre arbitre).

Cette volonté n'est pas forcément un principe ontologique, mais elle se décline selon différentes facettes, qui vont du conatus spinozien au vouloir-vivre de Schopenhauer, l'Unique de Max Stirner ou la volonté de puissance de Nietzsche, le désir ou la pulsion freudienne, etc. La vie sociale peut alors être réinterprétée comme confrontation ou interaction des volontés individuelles entre elles : le marché serait le lieu d'interaction pacifique des volontés tandis que l’État serait l'instrument d'une volonté coercitive arbitraire à la discrétion des puissants du moment ; la valeur serait une mesure du désir des volontés, et la croissance, la création de valeur, seraient illimitées, comme l'est le désir. La destruction créatrice traduirait seulement les fluctuations de la volonté dans sa recherche de satisfaction. Le volontarisme est donc moins une ontologie qu'une interprétation (au sens de Nietzsche), qui offre l'avantage de se passer des concepts fictifs liés à la démocratie que sont l'intérêt général ou le contrat social.

Bibliographie

Voir aussi

Citations

  • Le monde visible n’est que le miroir de la volonté. (Arthur Schopenhauer)
  • L'essence la plus intime de l'être est la volonté de puissance. (Friedrich Nietzsche)
  • "Vouloir" délivre. (Friedrich Nietzsche, Ainsi parla Zarathoustra)
  • La force ne vient pas des capacités physiques, elle vient d'une indomptable volonté. (Gandhi)
  • Nous estimons que ce qu'un homme ne peut faire moralement, un million d'hommes ne peuvent le faire non plus, et qu'un gouvernement représentant plusieurs millions d'hommes ne peut le faire non plus. (Auberon Herbert)
  • Ne cède pas au mal mais affronte-le avec grand courage. (Tu ne cede malis sed contra audentior ito, devise de Virgile, choisie par Ludwig von Mises)
  • Chaque chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être. (Baruch Spinoza)
  • La raison n’est rien que la raison, elle ne satisfait donc que les besoins rationnels de l’homme, alors que le vouloir est la traduction même de la vie tout entière, oui, je veux dire de toute la vie humaine, la raison y comprise, et les grattages de méninges. (Fiodor Dostoïevski, Les Carnets du sous-sol)
  • Devenus libres, il faut redevenir forts ; il faut considérer la volonté de l'homme comme constituant le moi, et comme toute-puissante sur la nature physique. Ses organes, ses sensations, cette nature physique sont ses premiers instruments. (...) Il doit être maître chez lui avant de l'être au dehors. (Benjamin Constant, De la perfectibilité de l'espèce humaine)

Liens externes

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