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The Orange County Register
Prolongement du Santa Ana Daily Register, fondé en 1905 à Santa Ana, The Orange County Register s’est forgé une identité singulière : défendre avec constance les libertés individuelles et l’économie de marché. De R. C. Hoiles aux restructurations récentes, cette revue retrace les jalons d’une histoire où la ligne éditoriale libérale (classique) et libertarienne façonne la manière de couvrir le local comme le national.
Repères historiques
Du quotidien de voisinage né à Santa Ana en 1905 au pôle régional de la SCNG, cette chronologie suit la mue du journal laissant la place à la voix des idéeslibérales et libertariennes[1]. Au fil des rachats, crises et paris d’expansion, un cap se précise : droits individuels, économie de marché et responsabilité personnelle.
- . 1905–1935 : fondation et tâtonnements. En 1905, le Santa Ana Daily Register s’installe au milieu d’une presse locale encore artisanale. Les premières années, rythmées par des cessions d’actions (1906–1934), forgent une culture d’ancrage municipal : comptes rendus d’école, de conseil, d’églises, bref un journal « de voisinage ». Dans cet horizon, une sensibilité libérale classique affleure déjà, une méfiance polie envers l’ingérence et un goût pour la responsabilité individuelle, dans l’air du temps de la côte Ouest, où l’on lit volontiers Henry Hazlitt et, plus tard, H. L. Mencken comme modèles de verve et d’indépendance d’esprit.
- . 1935–1959 : l’ère R. C. Hoiles et la formalisation d’une doctrine. Le rachat par R. C. Hoiles (1935) convertit une intuition en ligne éditoriale. À la une comme à l’édito, l’axiome est simple : les droits individuels d’abord. La position la plus marquante, l’opposition à l’internement des Nippo-Américains (1942–45), inscrit le titre dans une minorité courageuse. Hoiles structure Freedom Newspapers, retire « Santa Ana » en 1952, et installe un style : pugnace, didactique, civil. En arrière-plan intellectuel, la rédaction s’abreuve des écrits de Isabel Paterson ('The God of the Machine'), de Rose Wilder Lane et, dès sa diffusion américaine, de Friedrich Hayek ('The Road to Serfdom'), dont la critique du planisme résonne dans les colonnes. La campagne de 1956 contre l’Alaska Mental Health Act, outrée mais cohérente, illustre un anti-collectivisme sans fard nourri aussi par l'approche économique de Ludwig von Mises. En 1959, l’édition matinale consacre la croissance portée par l’exode suburbain d’Orange County.
- . 1960–1984 : professionnalisation et expansion régionale. Années de montée en gamme, le groupe de presse fait une séparation plus nette entre information et opinion, avec une modernisation des ateliers et une conquête des nouveaux lotissements. Le ton éditorial, lui, s’aiguise au contact d’une économie de marché triomphante : les rubriques économiques s’ouvrent aux thèses de Milton Friedman, bientôt popularisées par son ouvrage et son émission télévisée nationale 'Free to Choose', accompagnée de son épouse, Rose, tandis que la rédaction s’exerce à une rigueur factuelle qui laisse aux pages Opinions le soin de l’argumentation doctrinale.
- . 1985–2002 : consécrations et identité consolidée. En 1985, le titre adopte son nom actuel, The Orange County Register, et aligne les distinctions : Pulitzer pour la photo (JO de 1984), Pulitzer en 1989 (reportage de fond), Pulitzer en 1996 (enquête). Dans le même temps, l’atelier des idées se professionnalise : l’éditorialiste Alan Bock, figure libertarienne maison, défend sans relâche les libertés civiles et affirme une prudence circonstanciée en politique étrangère. Le journal expérimente (chaîne câblée OCN, hebdo hispanophone 'Excélsior') et consolide une identité : pro-libertés, pro-marché, anti-big government ; une grammaire qui, de Robert Nozick à Ayn Rand, irrigue les débats internes, sans jamais s’imposer comme catéchisme.
- . 2003–2011 : schisme familial, financiarisation, tensions sociales. L’entrée de fonds (2003) bouscule l’équation : objectifs de marge, coupes, expérimentations (OC Post), puis la crise survient en 2009. Dans la tourmente, la voix libérale classique reste lisible avec Alan Bock jusqu’en 2011, et déjà Steven Greenhut, plume incisive sur la propriété, les abus réglementaires et les retraites publiques, renouvelle l’outillage argumentatif, souvent en dialogue avec l’écosystème californien de Reason (de Virginia Postrel à Nick Gillespie) qui infuse la région.
- . 2012–2016 : paris offensifs et recentrage forcé. Des relances ambitieuses sont engagées (Long Beach, Los Angeles Register), avec des revers rapides, des contentieux logistiques. Le journal apprend le prix des paris d’expansion osés. Le rachat par Digital First Media (2016) et l'intégration au Southern California News Group (SCNG) est effectué. Sur la page éditoriale, la tradition demeure : Steven Greenhut, devenu une référence nationale du réformisme libéral local, ainsi que des chroniqueurs aux affinités libertariennes, cadrent les articles sur la fiscalité, la concurrence scolaire ou la réglementation d'un point de vue libéral.
- . Depuis 2016 : recomposition éditoriale régionale. Le siège migre (2017), le conseil éditorial est mutualisé et la SCNG traite les enjeux régionaux et nationaux, sans diluer son ADN : les libertés civiles d’abord, un scepticisme envers les « lois de mœurs » et la préférence pour la responsabilité individuelle. La réinstauration du paywall (2018) acte un pari : financer l’indépendance de ton par le lecteur. Dans ce cadre, des voix comme Susan Shelley (au sein de SCNG) portent une sensibilité libertarienne contemporaine (droits, fiscalité limitée, confiance dans la société civile) qui prolonge l’exigence initiale de R. C. Hoiles.
- ↑ De nombreuses personnalités libérales et libertariennes ont collaboré avec cette publication durant son histoire : Peter Boettke, K. Lloyd Billingsley, Gary Galles, Jacob H. Huebert, Kira Peikoff, Brian Phillips