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William Godwin

De Wikiberal
William Godwin
Philosophe

Dates 1756-1836
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Tendance anarchiste individualiste
Origine Royaume-Uni Royaume-Uni
Articles internes Liste de tous les articles

Citation « Puisque le gouvernement, même sous ses formes les meilleures, est un mal, le but principal qui devrait nous guider devrait être d'en avoir aussi peu que la paix générale de la société humaine le permet. »
inter lib.org sur William Godwin
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William Godwin (3 mars 1756 - 7 avril 1836) fut un journaliste, philosophe politique et romancier britannique. Il est considéré comme l'un des premiers représentants de l'utilitarisme, mais aussi un des premiers théoriciens de l'anarchisme. Godwin est surtout connu pour deux ouvrages qu'il publie en l'espace d'un an : Enquête sur la justice politique, une attaque contre les institutions politiques, et Les Choses telles qu’elles sont, ou Les Aventures de Caleb Williams, qui attaque les privilèges aristocratiques, mais est aussi pratiquement le premier roman policier. Il se marie en 1797 avec la pionnière du féminisme Mary Wollstonecraft, qui meurt la même année et dont il dresse une biographie qui fit scandale. Sa fille est Mary Shelley, auteur du célèbre roman Frankenstein.

Influences et pensée

Sa pensée, à la croisée des chemins entre utilitarisme, libéralisme et anarchisme, a été influencée par les empiristes anglais, Locke et Hume, les philosophes français (les encyclopédistes) et Edmund Burke. A son époque, elle est considérée comme occupant un juste milieu entre Burke et Paine. Comme Rousseau, Godwin prône la "simplicité des mœurs" et pense que les vices des hommes sont liés exclusivement aux conditions sociales, en revanche il refuse le concept rousseauiste de "volonté générale". C'est un anarchiste gradualiste plutôt qu'un anarchiste révolutionnaire. Non violent, il est proche de l'idéologie de la Révolution française, sans approuver pour autant les moyens qu'elle emploie. Sans prôner l'égalitarisme comme la plupart des anarchistes, il estime que la discrimination fondée sur des motifs autres que la capacité individuelle est immorale. Pour lui, l'homme est un être de raison ; il croit à la perfectibilité de la société, et Malthus s'opposera violemment à lui à ce sujet dans son Essai sur le principe de population (1798), auquel Godwin répliquera par son Traité sur la population (1820).

Benjamin Constant traduit en 1798 son Enquête sur la justice politique. Réservé sur les positions de Godwin concernant la nature humaine ou la propriété (Godwin fait dériver étrangement le droit de propriété de la liberté d'opinion), il parle de ce livre comme d'un ouvrage qui réunit les principes de liberté les plus purs et les plus justes aux paradoxes les plus bizarres.

Perfectionnisme

Pour Godwin, l'homme est rationnel et capable de se perfectionner. Lecteur de Rousseau, tout en rejetant la théorie du contrat social de celui-ci, Godwin retient notamment l'idée qu'une des caractéristiques de la nature humaine est sa perfectibilité. Cette capacité de se perfectionner ne signifie pas qu'il est possible d'atteindre la perfection, tous les êtres rationnels reconnaissent leur imperfection. Pour Godwin tout gouvernement, par sa nature même, contrarie le perfectionnement de l’intelligence humaine.

Principaux ouvrages

  • 1793, Enquête sur la justice politique et son influence sur la vertu et le bonheur en général (An Inquiry concerning Political Justice, and its influence on General Virtue and Happiness)
    • Seconde édition en 1795 sous le titre Enquête sur la justice politique et son influence sur la morale et le bonheur d'aujourd'hui (An Inquiry concerning Political Justice, and its influence on Modern Morals and Happiness)
  • 1794), Les Choses telles qu’elles sont, ou Les Aventures de Caleb Williams (Things as They Are, or The Adventures of Caleb Williams (roman)
  • 1798, "Memoirs of the Author of a Vindication of the Rights of Woman, London
    • Nouvelle édition en 1987, New York: Penguin
  • 1820, Traité sur la population (Treatise on population, in-8°) (réfutation des doctrines de Malthus)
  • Histoire de la république d’Angleterre (History of the Commonwealth of England from its commencement to its restoration, 1824-1828, 4 vol. in-8°)
  • Pensées sur l’homme (Thoughts on man, 1831, in-8°)

Littérature secondaire

  • 1977, John P. Clark, "The Philosophical Anarchism of William Godwin", Princeton, NJ: Princeton University Press
  • 1989, George Woodcock, "William Godwin: A Biographical Study", Montreal and New York: Black Rose Books

Citations

  • Puisque le gouvernement, même sous ses formes les meilleures, est un mal, le but principal qui devrait nous guider devrait être d'en avoir aussi peu que la paix générale de la société humaine le permet.
  • La justice est un principe qui se propose de produire la plus grande somme de plaisirs et de bonheur.
  • Les actions et les dispositions des hommes ne sont pas dues à un penchant originel qui naît avec eux, en faveur d’un sentiment ou d’un caractère plutôt que d’un autre, mais elles découlent entièrement de la suite des circonstances et des événements agissant sur leur faculté de recevoir des impressions sensibles.
  • Réfléchissez à cela, cet homme n’est rien d’autre qu’une machine ! Il n’est rien d’autre que ce que sa nature et les circonstances en ont fait ; il obéit aux nécessités auxquelles il ne peut résister. S’il est corrompu, c’est qu’il a été corrompu. S’il est peu aimable, c’est qu’il a été "raillé, humilié et traité avec méchanceté". Donnez-lui une éducation différente, placez-le en d’autres circonstances, occupez-vous de lui avec autant de bonté et de générosité qu’il a éprouvé de dureté, et il sera un être entièrement différent.
  • Le système de l’imposture politique divise les hommes en deux classes, une dont la tâche est de penser et de raisonner pour tous, l’autre qui doit accepter les conclusions des premiers. Cette distinction n’est pas fondée sur la nature des choses ; il n’y a pas de différence intrinsèque entre un homme et un autre, comme on croit pouvoir l’imaginer. Cette supposition n’est pas moins injurieuse qu’infondée. Les deux classes ainsi créées sont trop, ou pas assez pour l’homme. C’est trop attendre des uns, en leur confiant un monopole artificiel, qu’ils puissent délibérer absolument pour tous. C’est faire un injuste procès aux autres que de supposer qu’ils ne puissent jamais utiliser leur entendement, ou pénétrer l’essence des choses et qu’ils doivent à jamais se contenter d’une apparence trompeuse.
  • D’un point de vue global et général, mon voisin et moi sommes tous deux des hommes ; et par conséquent cela nous donne droit à une égale considération. Mais, en réalité, il est probable que l’un d’entre nous est un être de plus de valeur et d’importance que l’autre. Un homme a plus de valeur qu’une bête, parce que, possédant de plus hautes facultés, il est capable d’un bonheur plus authentique et plus raffiné. De la même manière, le célèbre archevêque de Cambrai (Fénelon) avait une plus grande valeur que son valet, et peu d’entre nous hésiteraient, si son palais était en flammes et que la vie d’un seul d’entre eux puisse être sauvé, à décider lequel devrait être choisi.
  • Les droits réels et présumés de l’homme sont de deux sortes, actifs et passifs ; le droit de faire dans certains cas ce que nous voulons ; et le droit, qui nous est dû, à la tolérance et à l’aide des autres hommes.
  • Le plus pervers ennemi de l’humanité ne pourrait avoir inventé un plan plus destructeur de son véritable bonheur que celui qui consiste à louer, aux frais de l'État, une corporation d’hommes dont le travail consisterait à amener leurs contemporains, sous de faux prétextes, à l’exercice de la vertu.
  • Le christianisme est appelé, et l’a toujours été, une religion de charité et d’amour. Il prescrit rigoureusement les devoirs respectifs des riches et des pauvres. Il n’admet pas que nous « ayons le droit de faire ce que nous voulons de nos biens ». Il enseigne au contraire que nous n’avons rien que nous puissions strictement dire nôtre, que les riches ne sont rien d’autre que les régisseurs et les administrateurs des bienfaits de la providence, et que nous serons rigoureusement appelés à rendre compte de chaque faculté dont nous avons bénéficié.
  • La société n’est rien de plus qu’un groupement d’individus. Ses droits et ses devoirs doivent être la combinaison des droits et devoirs de ces individus, aucun n’étant plus incertain ou arbitraire que l’autre.
  • Rendez les hommes sages, et par cela seulement vous les rendrez libres. La conséquence en sera la liberté civile ; aucun pouvoir usurpé ne peut se maintenir contre le harcèlement de l’opinion.
  • Lorsque nous considérons la société humaine d’un regard bienveillant et favorable, nous sommes plus qu’à moitié tentés d’imaginer que les hommes pourraient très bien vivre en groupes et en corps constitués sans la contrainte des lois ; et, en vérité, les lois criminelles furent introduites seulement pour empêcher le petit nombre de ceux qui sont mal disposés d’interrompre la conduite régulière et paisible de la grande majorité.

Liens externes

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