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Échec entrepreneurial

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L'analyse des échecs entrepreneuriaux peut servir de mécanisme d'apprentissage puissant pour résoudre l'incertitude. Les échecs offrent aux entrepreneurs l'occasion de découvrir des incertitudes qui étaient auparavant imprévisibles. Un échec antérieur peut avoir des effets positifs sur la base de connaissances des entrepreneurs car il les aide à réduire l'incertitude, à accroître la variété et à élargir la recherche de nouvelles opportunités. Selon Henry Mintzberg, la planification stratégique peut être une raison de l'échec entrepreneurial.

L'échec peut être nécessaire à l'apprentissage

L'échec est une condition préalable essentielle à l'apprentissage, car il offre la possibilité de déterminer pourquoi une défaillance s'est produite. Il incite les entrepreneurs à poursuivre une recherche exploratoire de nouvelles opportunités. L'apprentissage entrepreneurial par l'expérimentation devient alors une technique d'apprentissage centrale.

L'échec entrepreneurial peut inciter les entrepreneurs à choisir de nouvelles actions distinctes de celles qu'ils ont déjà entreprises, ce qui intensifie l'exploration de nouvelles opportunités comme stratégie d'adaptation. Selon Robert Baron, ce sont les ressources en capacités cognitives de l'entrepreneur qui vont le faire transformer l'échec en réussite. De la même façon, pour Dean A. Shepherd, ce sont les ressorts psychologiques de l'entrepreneur afin de confronter la peur de l'échec qui conditionnent un bon apprentissage ou non de l'échec. L'auteur assimile l'échec entrepreneurial au deuil d'un proche.

Toutefois, tous les échecs ne prennent pas pour origine la défaillance personnelle de l'entrepreneur. Bien souvent, l'Etat, dans son rôle perturbateur du marché, occasionne des échecs involontaires de la part des entrepreneurs et avec lesquels son apprentissage est réduit à la dimension de la discrétion arbitraire des hommes de l'Etat.

Les échecs entrepreneuriaux intelligents

Cependant, tous les échecs ne sont pas également aptes à faciliter l'apprentissage. Les échecs les plus efficaces pour favoriser l'apprentissage sont appelés des "échecs intelligents", qui sont des échecs qui fournissent une base pour modifier le comportement futur grâce à de nouvelles informations à partir desquelles l'entrepreneur apprend.

Le but de l'échec est par conséquent d'obtenir des informations qui ne seraient pas disponibles sans l'expérience. Les échecs intelligents d'une ampleur modeste, signifient qu'ils ont des résultats suffisamment importants pour attirer l'attention et des résultats négatifs suffisamment petits pour éviter des défaillances. Le résultat de l'action doit être incertain (et non hautement prévisible) afin de fournir de nouvelles informations à partir desquelles l'entrepreneur apprend. Des niveaux d'échec modestes peuvent par conséquent favoriser la volonté de prendre des risques et favoriser l'expérimentation renforçant la résilience.

D'après la discussion ci-dessus, il semble juste de supposer que l'échec alimente l'apprentissage par l'expérimentation c'est-à-dire une technique d'apprentissage qui permet aux entrepreneurs d'augmenter la variété, de réduire l'incertitude et d'élargir la recherche de nouvelles opportunités.

Par conséquent, les routines et les procédures ne sont pas strictement invariantes, mais changeront à la suite de la recherche de nouvelles solutions lorsque les anciennes ne fonctionneront pas. La manière dont les expériences des entrepreneurs se transforment en connaissances est influencée par les expériences antérieures de réussite ou d’échec des entrepreneurs. Survivre à des échecs potentiels permet d'enseigner aux entreprises à la fois des comportements spécifiques à éviter et des leçons plus générales à adopter à propos du développement de leurs capacités.

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