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Apprentissage entrepreneurial

De Wikiberal

Les entrepreneurs sont souvent confrontés à l'incertitude quant à la valeur des biens et services qu'ils envisagent de produire. Une expérience préalable spécifique à l'industrie peut donc avoir une forte influence sur leur développement entrepreneurial. Cela implique que les personnes ayant une expérience antérieure en tant que client ou fournisseur dans une industrie ont souvent une meilleure compréhension de la manière de répondre aux conditions de la demande sur ce marché, car l'expérience de l'industrie fournit des informations que les autres personnes inexpérimentées dans l'industrie ne peuvent pas recueillir. Par exemple, les fondateurs d'une organisation ont tendance à créer des entreprises dans des secteurs dans lesquels ils étaient précédemment employés, car leur expérience professionnelle leur permet de tirer parti des informations sur l'exploitation des opportunités tirées de leur emploi précédent. Par conséquent, le critère strict du nombre d'expériences dans des entreprises précédentes ne peut pas, à lui seul, constituer une mesure satisfaisante des expériences antérieures des entrepreneurs.

Différences dans l'apprentissage entre l'entrepreneur novice et l'entrepreneur expérimenté

Les entrepreneurs expérimentés[1] ont acquis de précieuses connaissances sur des contacts pertinents, des fournisseurs fiables, des marchés viables, sur la disponibilité des produits et des ressources et savent donner des réponses compétitives, ce qui améliore leur capacité à saisir et à repérer les opportunités entrepreneuriales. Les entrepreneurs expérimentés sont également plus susceptibles que les entrepreneurs novices de se lancer dans des projets comme moyen d'accéder à un plus large éventail 'd'options fantômes', c'est-à-dire des opportunités qui n'ont pas encore été reconnues. Par exemple, les entrepreneurs ayant une expérience de start-up antérieure développent un «état d'esprit entrepreneurial» qui les pousse à rechercher et à poursuivre des opportunités entrepreneuriales avec une discipline énorme et, par conséquent, ils recherchent les meilleures opportunités. Une expérience de start-up antérieure augmente la probabilité d'exploitation des opportunités entrepreneuriales, car l'apprentissage réduit les coûts liés à cette entreprise. Les enseignements tirés d'une expérience antérieure renforcent, par conséquent, la capacité des entrepreneurs à reconnaître et à saisir efficacement les opportunités entrepreneuriales.

L'apprentissage par l'exploration ou l'exploitation des connaissances

L'objet des études sur l'apprentissage entrepreneurial consiste à analyser comment les entrepreneurs transforment leurs expériences en connaissances. Les entrepreneurs peuvent compter sur deux stratégies possibles pour prendre des décisions : l'exploitation ou l'exploration. Dans le premier cas, les entrepreneurs choisissent des actions qui se reproduisent ou qui sont étroitement liées à celles qu'ils ont déjà prises, exploitant ainsi leurs connaissances préexistantes. Dans le second cas, les entrepreneurs peuvent choisir de nouvelles actions distinctes de celles qu'ils ont déjà entreprises. James March soutient que les organisations ou les individus sont confrontés à un ensemble d'expériences qui les obligent à faire des choix. Ces choix se traduisent généralement par deux manières interdépendantes mais disparates de transformer une expérience en savoir, à savoir l'exploitation et l'exploration. L'exploitation concerne l'exploitation de ce qui est déjà connu, ce qui implique que les individus apprennent de l'expérience en exploitant d'anciennes certitudes. Cela comprend des éléments tels que le raffinement, la routine et la mise en œuvre des connaissances. L'exploitation consiste donc à créer une fiabilité dans l'expérience, ce qui signifie qu'un comportement stable devient l'état dominant de l'apprenant. Cette façon de transformer une expérience en connaissance contraste avec l'exploration, qui consiste à créer de la variété dans une expérience, ce qui fait que le changement de comportement devient l'état dominant. L'exploration signifie que les individus apprennent des expériences en explorant de nouvelles possibilités, y compris des questions telles que la variation, l'expérimentation, la découverte et l'innovation.

La liberté cognitive de l'entrepreneur est nécessaire à la performance de son apprentissage

L'apprentissage entrepreneurial est un processus expérientiel où l'expérience personnelle d'un entrepreneur est transformée en connaissances qui, à leur tour, peuvent être utilisées pour guider le choix de nouvelles expériences. Toutefois, la simple perception d'une expérience antérieure ne suffit pas pour que l'apprentissage entrepreneurial se produise. Il est nécessaire qu'une action cognitive se réalise en liaison avec cette perception et cette mémorisation de la connaissance. De même, la transformation ne peut pas à elle seule représenter l'apprentissage, car il doit y avoir quelque chose à transformer, un état ou une expérience sur lesquels l'individu agit. Par conséquent, l'apprentissage entrepreneurial est un processus de transformation des expériences, créé et recréé en permanence, et ce n'est donc pas une entité de connaissance indépendante à acquérir ou à transmettre.

La théorie de l’apprentissage expérientiel de Kolb[2] continue d’être l’une des théories les plus influentes de l’apprentissage individuel. Son modèle propose quatre phases d'apprentissage que les individus doivent effectuer pour développer un apprentissage efficace (c'est-à-dire terminer le cycle d'apprentissage). On peut donc dire que les entrepreneurs développent leurs connaissances grâce à quatre capacités d'apprentissage distinctes : expérimenter, réfléchir, penser et agir. Cette approche fait l’objet de nombreuses critiques. Premièrement, la théorie de Kolb décontextualise le processus d'apprentissage et ne fournit qu'un compte rendu limité des nombreux facteurs qui influencent l'apprentissage. Deuxièmement, le modèle cyclique de Kolb n’est pas pleinement adéquat pour comprendre les incertitudes complexes auxquelles les entrepreneurs doivent faire face. Par exemple, les entrepreneurs ont une source d'expériences concrètes assez variées qui se transforment en une capacité intuitive, prête à servir de base d'analogies lorsque les entrepreneurs sont confrontés à des événements critiques ou surprenants. Les entrepreneurs ont rarement le temps de conceptualiser explicitement ou de théoriser leurs choix. Par conséquent, on peut affirmer que le processus d'apprentissage entrepreneurial ne suit pas nécessairement une séquence prédéterminée d'étapes selon le cycle d'apprentissage en quatre étapes de Kolb. Le processus d'apprentissage entrepreneurial est un processus complexe où les entrepreneurs transforment l'expérience en connaissances de différentes façons. La liberté cognitive de l'entrepreneur n'est pas une option. C'est un élément essentiel du processus d'apprentissage entrepreneurial car celui-ci repose sur des modes alternatifs de transformation des expériences en connaissances. La liberté cognitive est une propriété intrinsèque, inaliénable et indissociable d'un individu. La liberté cognitive joue un rôle central dans le processus d'apprentissage entrepreneurial puisqu'il s'agit de la capacité d'un individu de combiner librement et discrètement[3] des concepts et des informations existants en de nouvelles idées.

Trois aspects peuvent être importants à considérer afin de mieux comprendre le mode d'apprentissage prédominant des entrepreneurs qui les aide à transformer une expérience en connaissances entrepreneuriales :

  1. Le résultat des événements entrepreneuriaux précédents (les échecs ou les succès). l’échec d’une entreprise est une réelle opportunité d’apprendre pour éviter de répéter les mêmes erreurs.
  2. La logique ou le raisonnement prédominant de l'entrepreneur
  3. L'orientation de carrière de l'entrepreneur

Annexes

Notes et références

  1. S. Birley, P. Westhead, 1993, "A comparison of new businesses established by ‘novice’ and ‘habitual’ founders in Great Britain", International Small Business Journal, Vol 12, n°1, pp38–60
    • P. Westhead, P. Wright, 1998, "Novice, portfolio, and serial founders: are they different?", Journal of Business Venturing, Vol 13, n°3, pp173–204
  2. D. A. Kolb, 1984, "Experiential learning: Experience as the source of learning and development", Englewood Cliffs, NJ: Prentice Hall
  3. La discrétion n'est pas seulement liée au secret mais pris dans le sens de la théorie des statistiques descriptives, le processus n'est pas continue temporellement mais s'opère généralement par périodes discontinues

Bibliographie sur l'apprentissage entrepreneurial

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