ATTAC

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ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'aide aux citoyens) est une association créée en 1998, dont la section française est subventionnée par l'État (statut d'association d'éducation populaire accordé par arrêté ministériel) ainsi que par les collectivités[1].

Historique

Mouvement luttant contre la mondialisation, ATTAC fut créée pour promouvoir l’idée d’une taxation des transactions financières, la "taxe Tobin", dite du "sable dans les engrenages" ou encore la taxe "Robin des bois", une idée attribuée à James Tobin (Prix Nobel d’Économie 1981). En proposant de taxer certains mouvements de capitaux (transactions de change), Tobin avait pour objectif de réduire la spéculation sur les places financières, qu'il jugeait contre-productive. Il suggéra aussi que les revenus de cette taxe soient affectés au développement des pays du Tiers-monde, ainsi qu'au soutien de l'ONU. Par la suite, James Tobin dénonça la récupération de son nom ainsi que l’exploitation de ses idées par de nombreuses personnalités, associations et organisations luttant contre la mondialisation, comme il l'a fait, en 2001, lors d'une interview accordée au journal Le Monde. L'idée de cette "taxe Tobin" est également dénoncée par Robert Mundell (Prix Nobel d'Économie 1999).

Une idéologie anti-libérale

Le socle idéologique développé par les membres d’ATTAC réside dans la dénonciation des "méfaits de la mondialisation libérale", basée sur une fausse conception du libéralisme. Protectionniste, collectiviste (en faveur d'un "contrôle démocratique" des marchés financiers, et contre les "paradis fiscaux"), et étatiste (défense des services publics et du système de protection sociale), ATTAC critique les décisions de l'OMC, de l'OCDE ou du FMI, qu'elle présente comme des organisations "libérales" ou "néo-libérales". Biaisées par l’idéologie anti-libérale, les analyses proposées par ATTAC manquent de rigueur et de précision, les chiffres utilisés sont trompeurs et l’argumentation simpliste. C’est ainsi que les propositions d’ATTAC - recyclage sous des habits neufs de vieilles idéologies hostiles à la liberté et la responsabilité individuelles, voie vers la Route de la servitude, dénoncée par Hayek - rassemblent, aux dépens de la cohérence du discours et du projet politique, nombre de plaintes ou de revendications (chômeurs, féministes, environnementalistes, syndicalistes, communautaristes, etc.)

Citations

  • « Les idées d’ATTAC trouvent un terrain fertile dans un pays où l’enseignement, la fonction publique, les syndicats, et les partis politiques sont encore fortement imprégnés de philosophie marxisante, comme en témoigne notamment la propension à raisonner en termes de lutte des classes et à faire appel à un interventionnisme sans limites de l'État. Les programmes scolaires, dont l'État a le monopole, soumettent sans vergogne nos enfants à cette idéologie, au lieu de développer leur esprit critique, comme ce devrait être leur rôle. » (Pascal Salin)
  • « ATTAC, dont le sigle pourrait aussi bien signifier Association Trublionne Totalitaire des Attardés du Communisme, est en fait un mouvement très dangereux, car faute de pouvoir s'appuyer sur des faits, il fait appel à l'affectivité et à l'envie, denrées très répandues à la surface de la terre. » (Jacques de Guenin)

Pour aller plus loin

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. A titre d'exemple, voici ce qu'ATTAC a obtenu pour la préparation du "Forum Social Européen" du 12 au 15 novembre 2003 à Saint-Denis : 2 500 000 € d'aides indirectes en locaux et moyens matériels ; 2 330 000 € de subventions directes (dont 1 000 000 € de la Ville de Paris ; 480 000 € en provenance des Conseils généraux ; 250 000 € de Matignon ; 250 000 € de la part du Quai d'Orsay et 300 000 € du Conseil régional Ile-de-France). Par ailleurs, ATTAC reçoit chaque année environ 100 000 € de subvention de fonctionnement.

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