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Création monétaire

De Wikiberal

La création monétaire est le processus par lequel la masse monétaire d'un pays ou d'une région (comme l'eurozone) est augmentée. C'est toujours une banque, centrale ou commerciale, qui est à l'origine du processus.

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Introduction

Il existe trois familles de monnaies : monnaie-marchandise, monnaie-promesse, et monnaie-fiat.

Chaque monnaie a un processus spécifique de création monétaire.

Utilité du crédit

L'emprunt permet à l'emprunteur de produire avant, donc de produire plus. Le crédit permet aux agents économiques de produire plus tôt des richesses. produire plus tôt est logiquement équivalent à produire plus de richesses. Le crédit est donc un accélérateur du progrès économique.

La création monétaire est la possibilité pour une banque d'octroyer de nouveaux emprunts.

La science économique concerne l'étude de la création de richesse. La création monétaire est ainsi une des sources de création de richesses.

Monnaie-marchandise

La monnaie marchandise a deux usages. Un usage monétaire et un usage non monétaire. C'est l'usage non monétaire qui donne la valeur à cette marchandise. L'usage monétaire d'une marchandise est sa possession pour des raisons monétaires. l'usage non monétaire est constitué par tous les autres usages de cette marchandise. Ainsi, l'or est un usage pour créer des bijoux. Il sert aussi dans l'industrie électronique.

La création monétaire d'une monnaie marchandise consiste à réduire la quantité de la marchandise à usage non monétaire. Elle augmente la demande et stimule ainsi l'offre. Il s'ensuit une plus grande production de cette marchandise.

La production de cette marchandise est toujours coûteuse. Le coût de production est lié à la valeur de la marchandise. Le profit est la différence entre la valeur de la marchandise et son coût de production. Les producteurs la produiront donc tant que le profit existera. En tendance, avec la concurrence des producteurs, le profit a tendance à se réduire. Donc le coût de production a tendance à se rapprocher de la valeur de la marchandise.

Monnaie-promesse

Une monnaie-promesse est une promesse, un engagement du monnayeur. C'est au monnayeur de savoir s'il sera, oui ou non, capable de respecter sa promesse. C'est le monnayeur qui saura trouver les arguments pour convaincre ses clients qu'il est capable d'honorer ses engagements.

Par exemple, un monnayeur émet une monnaie dont il promet l'équivalence avec de l'or. Un argument du monnayeur peut ne jamais émettre plus de supports monétaires qu'il ne possède d'or dans ses coffres. C'est un argument qui peut inspirer confiance aux utilisateurs de sa monnaie.

Un autre monnayeur pourra posséder dix fois plus de titres financiers liquides que la masse monétaire émise. Il pourra ainsi vendre sans délai quelques titres pour obtenir de l'or. Là encore, cet argument peut convaincre les utilisateurs que ce monnayeur saura respecter ses engagements.

Certaines reconnaissances de dette sont facilement vendables. Elles constituent alors des titres financiers liquides. Un monnayeur peut les vendre pour honorer ses engagements.

Un monnayeur de monnaie-promesse dispose d'un capital important pour pouvoir honorer ses engagements.

Requalification libertarienne de la monnaie-fiat

Une monnaie-fiat a un cours forcé. La nature de cette monnaie est d'être un décret de l'autorité politique, un décret de l'État. Néanmoins, la monnaie-fiat singe le fonctionnement d'une monnaie-promesse.

Un libertarien nie l'existence du droit positif. Il observe seulement les obligations de chaque agent économique. Le libertarien observe le droit, tel que le Droit naturel, peut l'analyser. C'est-à-dire un droit limité à des contrats commerciaux implicites. Le décret de l'État lui apparaît comme un engagement contractuel ordinaire.

Le libertarien peut valablement requalifier une monnaie-fiat en monnaie-promesse. Par cette requalification, chaque support monétaire d'une monnaie-fiat apparaît alors comme une promesse de l'État, comme une promesse de la Banque Centrale.

Le libertarien analyse la monnaie-fiat comme une monnaie-promesse. Des écarts entre ce qui semble promis et la réalité des actions de l'État surviennent. Pour le libertarien, ces écarts mesurent alors le vol commis par l'État. Une inflation des prix survient sans être prévue ni anticipée. Cette inflation des prix apparaît alors au libertarien comme une spoliation des possesseurs de monnaie-fiat.

La monnaie-fiat est définie et régulée par les règles administratives qui la définissent entièrement et qui définissent son fonctionnement. La Logique exige d'admettre l'impossibilité de juger la logique du fonctionnement d'une monnaie-fiat en ne se référant qu'à elle-même.

Toute analyse pertinente de la monnaie-fiat doit se référer à un autre modèle intellectuel fondé sur le droit de propriété et sur le droit contractuel. La requalification libertarienne est ainsi nécessaire pour analyser la logique du fonctionnement de la monnaie-fiat.

Capitalisation des banques

Grâce au cours forcé, une Banque Centrale pourrait n'avoir aucun fonds propres initial sans gêner le bon fonctionnement de ses banques de second rang. Les échanges monétaires avec les autres Banques Centrales exigent qu'elle dispose néanmoins de quelques réserves.

La valeur des actifs de la Banque Centrale est principalement constitué des reconnaissances de dettes de ses banques de second rang. Et la valeur de ces actifs est supérieure à la masse monétaire émise par la Banque Centrale, c'est-à-dire la monnaie centrale.

Les actifs d'une banque de second rang est constituée principalement des reconnaissances de dette des emprunteurs. Et la valeur de ces actifs est supérieure, par principe, à la masse monétaire prêtée. Même sans fonds propres, les banques de second rang pourraient fort bien fonctionner.

Ratio cooke

Les banques possèdent 8% de la valeur des reconnaissances de dette en biens ayant une bonne vendabilité. Ainsi, si la valeur des reconnaissances de dette venait à baisser de moins de 8%, une évaluation comptable de la valeur de la banque resterait positive.

La comptabilité permet de faire une évaluation comptable de la valeur de la banque. Si cette évaluation est négative, il existe un risque de faillite de la banque.

Pseudo-contrat de monnaie d'une monnaie-fiat

À cause de l'utilité de requalifier la nature de la monnaie-fiat, il est légitime de définir un « pseudo-contrat de monnaie » pour la monnaie-fiat. Ce pseudo-contrat stipule que l'indice des prix augmentera d'environ 2% par an.

Le valorimètre de ce pseudo-contrat de monnaie est une formule qui inclut l'indice des prix, ainsi que 2% de hausse annuelle des prix.

Aucun tribunal étatique n'est compétent pour juger une violation du pseudo-contrat de la monnaie-fiat. La violation du contrat et la spoliation sont ici légales. Un tel pseudo-contrat de monnaie ne contient donc pas de clause de litige, ni de clause de tribunal compétent pour juger un violation du contrat de monnaie. Aucune sanction n'est donc applicable en cas de violation du contrat.

Les États de l'Euroland ont donné un mandat à la Banque Centrale Européenne, la BCE, pour gérer leur monopole monétaire. Les termes de ce pseudo-contrat de monnaie sont exprimés dans ce mandat.

Création de monnaie-fiat

La Banque Centrale tente de respecter son pseudo-contrat de monnaie. Elle émet de la monnaie dans le mesure ou elle respecte son mandat, son pseudo-contrat de monnaie. La Banque Centrale utilise la variation du taux directeur de refinancement pour réguler la masse monétaire globale, et ainsi réguler les prix.

Dans un système avec banque centrale, celle-ci prête aux banques de second rang pour leur refinancement à court terme. Le taux directeur est le taux auquel ces banques se refinancent auprès de la banque centrale. Il s'agit bien d'une création monétaire ex nihilo, car ce n'est qu'un jeu d'écritures, chaque écriture enregistrant une reconnaissance de dette (ces reconnaissances de dette sont le principal actif, les "réserves", d'une banque centrale).

Création monétaire ex nihilo

La banque échange de la monnaie contre une reconnaissance de dette. La reconnaissance de dette a (au moins en théorie !) plus de valeur que la monnaie émise. Sinon, la banque refuserait d'échanger de la monnaie contre une reconnaissance de dette. Il n'existerait donc jamais de création monétaire ex nihilo, car il semble y avoir toujours une contrepartie à la monnaie créée.

Lorsque la banque sait que l'emprunteur ne pourra probablement pas rembourser son emprunt, il s'agit alors d'une fraude au détriment de la banque. Une créance perdue est une perte sèche pour la banque. Cette création monétaire est frauduleuse car elle nuit volontairement aux intérêts des actionnaires de la banque. C'est le seul cas ou la création monétaire serait une création monétaire ex nihilo. Dans ce cas, la monnaie émise est valable, elle conserve sa valeur. Mais la valeur de la créance sur l'emprunteur est nulle. Et la valeur de la banque est réduite de la valeur de la perte sèche subie par la banque.

Un certain niveau d'endettement étatique

Les banques maîtrisent le risque lié aux prêts aux agents économiques non étatiques. Mais le risque des prêts à l'État fonctionne différemment. Il y a deux cas distincts :

  • Soit l'État peut encore ponctionner des impôts sur le revenu et sur le patrimoine des contribuables. Auquel cas, les créances sur l'État sont de la meilleure qualité.
  • Soit, l'État ne peut plus soutirer davantage d'impôts, auquel cas, la valeur d'une reconnaissance de dette sur l'État est nulle. La perte de la banque prêteuse est totale. Le niveau de la dette de l'État augmente du montant de la créance. Au-delà d'un certain niveau de la dette, un État tombe en faillite. De nombreux scénarios sont envisageables. Il y aura un basculement rapide vers une situation de non-paiement de l'État. Le montant des non-paiements sera de grande ampleur.

Le principal risque monétaire non maîtrisable est le prêt à l'État et aux établissements garantis par l'État. Ce risque est renforcé par le fait que c'est l'État lui-même qui préside aux règles de la création monétaire.

Le montant du risque est acceptable. La monnaie est l'« huile » dans les rouages de l'économie. Une absence d'« huile » bloque une partie l'activité économique. Il est dangereux qu'un bien économique nécessaire au fonctionnement de toute l'économie soit monopolisé dans une seule entreprise tentaculaire, c'est-à-dire une Banque Centrale. Une situation de monnaies concurrentes réduirait tout risque de blocage des services que rendent le crédit et la monnaie. Une multiplicité de monnaies ayant un même valorimètre supprime nécessairement tout risque systémique.

Faut-il centraliser la création monétaire ?

Dans le système monétaire contemporain, deux types de banques peuvent créer de la monnaie "ex nihilo" : la banque centrale (base monétaire) et les banques commerciales (via le crédit et les réserves fractionnaires).

Les libertariens sont opposés à l'existence d'une banque centrale, qui agit comme un monopole monétaire ; ils préconisent la monnaie privée, créée par une banque libre et volontairement recherchée par les acteurs économiques au lieu d'être imposée par un cours forcé. A défaut, ils préconisent un retour à l'étalon-or, qui empêche les États d'abuser de la planche à billets via la banque centrale.

En revanche, certains adeptes du planisme préconisent de supprimer la création monétaire due aux banques commerciales pour la confier uniquement à la banque centrale. Par exemple en Suisse l'Initiative populaire fédérale "Monnaie pleine" propose d'interdire aux banques commerciales de créer de la monnaie scripturale, réservant ce privilège à la seule banque centrale (BNS). Par ailleurs, cette banque centrale pourrait "donner" directement de l'argent aux pouvoirs publics, voire "directement aux citoyens".

Or centraliser la création monétaire c'est perdre en intelligence. C'est croire qu'une entité unique est plus intelligente et efficace que de nombreuses entités indépendantes. C'est croire en un "intérêt général" fantasmé que l'on servirait en mettant "la création monétaire au service de l'économie réelle", alors même que l'on constate depuis 2008 que les créations monétaires des principales banques centrales (FED, BCE ou BOJ) ne se transmettent pas à l'économie, malgré l'ampleur jusqu'ici inégalée des quantitative easings. Interdire la création monétaire aux banques privées, c'est détruire ce qui reste de liberté dans le système financier au bénéfice d'une démagogie collectiviste. C'est un retour à l'URSS, par la mise en pratique du point 5 du programme du "Manifeste du parti communiste" : "centralisation du crédit entre les mains de l'État, au moyen d'une banque nationale".

Voir aussi

Citations

  • Les émetteurs de monnaie se sont constitués en cartels impossibles à pénétrer, voire à réformer. Ils en manipulent la valeur, nous la louent, en changent à volonté les règles, en émettent à profusion pour eux-mêmes, endettant à l’avance ceux qui payeront sans le savoir les voleurs d’aujourd’hui. (Gérard Foucher, Découvrir la monnaie, Libres !! - 100 idées / 100 auteurs / 100 feuillets)
  • La création monétaire illimitée n’est tout au plus qu’un palliatif, lui-même source de dangers. (Jacques de Larosière, 50 ans de crises financières, Odile Jacob, 2016)
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