Drogues

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Légalisation des drogues (for)


La consommation de drogues est un droit fondamental de l'être humain (comme l'euthanasie, le suicide et la prostitution), car elle ressort à la liberté de chaque individu. Chaque individu est libre d'agir comme bon lui semble tant qu'il n'agresse personne. En soi, la consommation de drogues ne constitue pas un acte offensif - quel que soit le jugement moral que l'on porte sur ce comportement.

Comme tout échange, cette question relève du libre choix du consommateur, avec pour corollaire la responsabilité d'en assumer les conséquences positives ou négatives.

Chaque individu doit être libre d'utiliser son corps (pour courir, dormir, etc.), d'en tirer profit (en louant sa force de travail, en se prostituant, en vendant ses organes, etc.) et d'en abuser (en se droguant, en se suicidant, en se mutilant, en consommant trop de sel ou de sucre, en devenant obèse, en ne pratiquant aucun sport, etc.). Les lois punissant la consommation de drogues sont donc des lois illégitimes en regard des droits naturels et, de surcroît, profitent aux mafias en tous genres.

La contrepartie de la liberté étant la responsabilité, l'individu est seul responsable de ses comportements, qu'ils soient bénéfiques ou qu'ils soient nocifs ; il n'a donc pas à chercher à en rejeter la responsabilité sur les autres individus (via l'État, la Sécurité sociale, etc.) et à leur faire payer les conséquences de ses actes.

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Erreurs courantes

Libéraliser le marché de la drogue entraînera une augmentation du nombre de drogués

Il n'y a pas nécessairement de lien de cause à effet. Les pays avec le plus haut taux de consommation de cocaïne ne sont pas ceux où son usage est relativement libre (Portugal, République tchèque[1]). Aux États-Unis, quand la prohibition de l'alcool a été levée, la consommation d'alcool est restée comparable. En revanche, ce qui a disparu alors, c'est le crime organisé autour du marché noir de l'alcool. En Hollande, la légalisation de certaines drogues a fait chuter la consommation de drogues dures. Chacun est responsable de ses actes, si on s'en remet à l'État pour empêcher les individus d'être irresponsables, il ne faut pas s'étonner que l'irresponsabilité des individus augmente. La législation anti-drogues crée des irresponsables, tandis que la libéralisation, en l'absence de contrôle étatique, suscite un contrôle individuel et social bien meilleur.

Prohiber la vente ou la consommation de drogues est une mesure de santé publique

Les effets pervers de la prohibition sont en réalité les suivants :

  • la prohibition ne supprime pas le marché des drogues, elle le transforme en marché noir entre les mains en grande partie du crime organisé ;
  • la prohibition engendre ainsi l'insécurité (conflits violents entre filières et entre dealers pour la monopolisation d'une zone) ;
  • la qualité de la drogue vendue est moindre que ce qu'elle serait dans un marché légal (le dealer a peu d’intérêt à fournir un produit de qualité car ses clients ne peuvent porter plainte). Le nombre de morts par overdose serait bien moindre sur un marché libre ;
  • l'interdiction occupe des ressources étatiques (prisons, juges, policiers, douaniers...) détournées de tâches plus utiles pour la société.

Citations

  • « Paradoxalement les citoyens sont jugés comme assez intelligents pour voter et donc choisir un programme électoral qui va influencer le pays entier, mais ils ne le sont pas assez pour prendre des décisions cohérentes (qui ne toucheront qu'eux) quand cela concerne la drogue. »
        — Sam Stanley
  • « Par sa politique de répression, l'État fait la richesse de centaines de petits délinquants et la fortune des barons de la drogue ; les lois anti-drogue font le bonheur des trafiquants qui sont assez malins pour ne pas se faire prendre. »
        — Sam Stanley
  • « La prohibition de la drogue est l’exemple type d’intervention administrative fourvoyée. On prétend lutter contre les trafiquants, et quelques-uns effectivement sont arrêtés, mais on assure à tous les autres des bénéfices exorbitants. On prétend protéger les drogués contre eux-mêmes, mais la prohibition incite les trafiquants à ne commercialiser que les drogues les plus dangereuses. On prétend moraliser la société en éliminant un vice, mais on induit un supplément de violence et de délinquance dont toute la société subit le coût moral et matériel. »
        — Christian Michel
  • « La prohibition n’est pas uniquement un cauchemar dans la pratique (elle augmente le crime, elle répand le manque de respect pour la loi légitime, etc.) mais elle est également éthiquement inacceptable. Les adultes doivent avoir un droit légal (mais pas moral) de polluer leur corps s’ils le veulent. À ceux qui objectent qu’il s’agit d’une forme lente de suicide, je réponds que le suicide lui-même doit être légal. »
        — Walter Block
  • « Il est temps de mettre fin à la guerre contre la drogue dans le monde entier. Nous devons arrêter de criminaliser les utilisateurs de drogues. Procédure de santé et autres traitements devraient être offerts aux usagers de drogues — et non la prison. Les mauvaises politiques de lutte contre la drogue affectent des centaines de milliers d’individus et de communautés à travers le monde. Nous avons besoin de fournir une aide médicale à ceux qui ont une pratique problématique des drogues — non pas une carrière de criminel. »
        — Richard Branson, Stoppons la guerre à la drogue
  • « Vous voulez faire disparaître la criminalité liée à la drogue dans ce pays ? Bien, supprimons les lois sur les stupéfiants. »
        — Ron Paul
  • « Les Nazis avaient un Problème Juif ; nous avons, nous, un Problème de la Drogue. Or, l'expression « Problème Juif » était en fait un euphémisme par lequel les Allemands désignaient la persécution des Juifs ; le « Problème de la Drogue » est également un euphémisme employé actuellement lorsqu'il s'agit de persécuter les gens qui s'adonnent à certaines drogues. »
        — Thomas Szasz
  • « Aussi mauvaises les drogues puissent-elles être - et un grand nombre d'entre elles sont mortelles - ce ne sont pas les drogues elles-mêmes mais leur illégalité qui corrompt des individus et des communautés entières. Le problème est bel et bien leur prohibition. »
        — Thomas Sowell
  • « Il ne fait pas de doute que l'alcoolisme, la cocaïnomanie et la morphinomanie sont de terribles ennemis de la vie et de la santé de l'homme, de sa capacité de travailler et de jouir. C'est pourquoi on leur a donné le nom de vices. Mais il n'est pas pour autant prouvé que les pouvoirs publics doivent intervenir dans la répression de ces vices par des interdictions. Il n'est ni établi de façon évidente que l'intervention des pouvoirs publics soit propre à réprimer réellement ces vices ni que, même si ce résultat pouvait être atteint, d'autres dangers ne surgiraient pas qui ne seraient pas moins graves que l'alcoolisme et la morphinomanie. »
        — Ludwig von Mises
  • « La guerre anti-drogues est devenue le nouveau Vietnam, consommant une part toujours croissante des ressources et des vies. »
        — Glenn Garvin, mars 2002
  • « En l’absence de la prohibition, le marché libre et la société libre offrent des moyens d’aider à résoudre les problèmes que la prohibition était destinée à résoudre. La légalisation est une proposition qui profite à tout le monde et je sens que, idéologiquement, la société avance dans notre direction. »
        — Mark Thornton, août 2016

Bibliographie

  • 1992, Steven Wisotsky, "A Society of Suspects: The War on Drugs and Civil Liberties", Cato Policy Analysis, n°180, Washington, DC: Cato Institute

Notes et références

  1. Les 3 pays les plus libertariens au monde sur Contrepoints.

Voir aussi

Liens externes

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