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Corruption

De Wikiberal

La corruption est une pratique illicite, visant à obtenir d'un personnage possédant un pouvoir un avantage moyennant un autre avantage, ou une somme d'argent.

La corruption n'est pas associée uniquement aux états en voie de développement, tels ces pays d'Afrique où l'État n'est peut-être pas structuré mais où le moindre fonctionnaire veut son bakchich. Pour les États effondrés ou en voie de l'être, la corruption est décuplée. Un fonctionnaire qui n'est pas sûr de recevoir son traitement va profiter de sa position et des moyens de coercition qui en découle.

Sommaire

Corruption privée

La corruption strictement privée existe et existera toujours, elle fait partie du jeu de la concurrence. Les exemples vont depuis la fuite d'informations secrètes (sur les projets en cours, les clients, les contrats) au bénéfice d'un concurrent jusqu'au sabotage interne ou à la diffusion d'informations malveillantes visant à dénigrer l'entreprise et ses produits.

Les entreprises privées s'en protègent par des mesures de sécurité dont le coût est à la mesure du risque encouru, supposé plus grave que les désagréments ou les pertes qu'engendrent les mesures de sécurité elles-mêmes. Du point de vue du droit naturel, c'est le corrompu, et non le corrupteur, qui est dans l’illégitimité, car il trahit la confiance de son employeur auquel il est lié par contrat (alors que le corrupteur se contente de proposer un contrat, sans doute immoral, mais valide du strict point de vue du droit naturel tant qu'il n'y a pas de vol ni de complicité de vol - cas par exemple du trafic d'influence).

Corruption publique

Corrélation entre la corruption perçue et la liberté économique

La corruption publique est bien plus répandue, qu'il s'agisse de corruption directe ou de capitalisme de connivence, car il est beaucoup plus facile d'accorder des privilèges avec l'argent du contribuable qu'avec son propre argent. Ainsi l'étatisme multiplie de façon considérable le pouvoir des riches. On constate dans tous les classements internationaux de la corruption qu'il existe une corrélation quasiment parfaite entre le poids de l’État dans l’économie et l’indice de corruption.

Dans son ouvrage 39 leçons d'économie contemporaine Philippe Simonnot consacre un chapitre entier (la 39e et dernière leçon) à la corruption. Il explique qu'en certaines situations la corruption permet à l'économie de fonctionner moins mal. La lutte contre la corruption a un coût qui doit être comparé à celui de la corruption elle-même. Les agents de l'État sont davantage corruptibles que ceux d'une entreprise privée, pour de nombreuses raisons, dont quelques unes sont les suivantes :

  • il est impossible pour l'État d'optimiser la lutte contre la corruption ni d'arbitrer entre les différentes actions anti-corruption, car les actions des administrations d'État sont contradictoires entre elles (comparées à celles d'une entreprise privée, orientées vers le profit) ;
  • la « loyauté » des agents de l'État n'est pas encouragée faute de stimulation monétaire (grille des salaires rigide) ;
  • le citoyen ne peut se défaire facilement d'une administration corrompue, et n'a d'ailleurs aucun intérêt à s'investir personnellement dans une telle lutte ;
  • la rigidité d'une administration publique l'expose davantage à la corruption, moyen de contourner les règles légales qui président à son fonctionnement.

Le philosophe Murray Rothbard distingue la corruption « offensive » et la corruption « défensive », la première devant être assimilée à une agression, la seconde étant au contraire légitime (par exemple pour contourner une prohibition légale illégitime sur le jeu, la drogue, etc).

Bibliographie

Citations

  • « Tout pouvoir amène la corruption, le pouvoir absolu amène une corruption absolue » (Lord Acton, mis en exergue du chap. X de La Route de la servitude de Hayek)
  • « Tous les gouvernements sont affligés d'un grave problème chronique ; le pouvoir exerce une grande attraction sur les natures pathologiques. Ce n'est pas tant que le pouvoir corrompt, mais il fascine les sujets corruptibles. Ces gens ont tendance à s'enivrer de violence, ce qui crée rapidement les conditions d'une accoutumance fâcheuse. » (Frank Herbert)
  • « Il y a deux genres de corruption : l'un, lorsque le peuple n'observe point les lois ; l'autre, lorsqu'il est corrompu par les lois ; mal incurable, parce qu'il est dans le remède même. » (Montesquieu, De l'Esprit des Lois, VI, 12)
  • « La corruption peut être analysée comme une revanche de l'économie de marché sur l'étatisme. Elle permet à une économie étouffée par les règlementations et les impôts de fonctionner quand même. Sans marché noir, le régime soviétique se serait écroulé beaucoup plus vite. (...) Ce n'est pas la corruption qu'il faut combattre en premier lieu, mais l'État en ce qu'il est criminogène. » (Philippe Simonnot)
  • « Le poids fiscal de l'État est devenu tellement énorme, ses lois et règlements ont atteint une telle complexité, qu'il faudrait que le pays soit peuplé d'anges ou de saints pour échapper à une corruption généralisée. » (Philippe Simonnot)
  • « Comparée à un "État d’incorruptibles" qui feraient respecter la loi dans toute sa rigueur, ce que l’on appelle la "corruption" permet au moins à une partie des actions et transactions volontaires dans la société de se faire. Dans un cas comme dans l’autre, bien sûr, il n’y a de justification ni pour les contrôles et exactions, ni pour les officiels chargés de les imposer : ni les uns ni les autres ne devraient exister. » (Murray Rothbard, Éthique de la Liberté)
  • « La corruption est fille de la règlementation. » (Pascal Salin, Libéralisme)
  • « Quand la contrainte, et non le consentement mutuel, préside aux échanges commerciaux ; quand il vous faut la permission de ceux qui ne produisent rien pour produire ; quand l’argent revient à ceux qui échangent des faveurs et non des biens ; quand des hommes gagnent d’avantage avec des pots-de-vin et des intrigues qu’avec leur travail et que vos lois ne vous protègent plus contre eux mais les protègent contre vous ; quand la corruption est récompensée et que l’honnêteté devient de l’abnégation... alors, vous pouvez vous dire que les jours de votre société sont comptés. » (Ayn Rand, La Révolte d'Atlas)
  • « Les socialistes ont une si haute idée de leur propre moralité qu’on croirait presque, à les entendre, qu’ils rendent la corruption honnête en s’y livrant... Ce n’est point simple complaisance à soi, mécanisme psychologique banal. Cet homme n’est point isolé, il est accompagné, soutenu par la puissance sacrée de l’idéologie, qui capitonne sa conscience et le pousse à penser qu’étant lui-même à la source de toute vertu, il ne saurait secréter que de bonnes actions. » (Jean-François Revel)
  • « Quand la politique est utilisée pour allouer les ressources, les ressources finissent toutes par être attribuées aux politiques. » (P.J. O'Rourke)
  • « Quand l’achat et la vente sont contrôlés par la législation, les premières choses qui s’achètent et se vendent sont les législateurs. » (P.J. O'Rourke)
  • « Tout au long de son existence, chacun est amené à se demander, pour paraphraser les quatre grandes questions de Kant : Que dois-je payer ? Qui puis-je rencontrer ? Où réside mon intérêt ? Qu'est-ce qu'un échange honnête ? » (Gaspard Koenig)

Voir aussi

Liens externes

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