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Anarchie

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L'anarchie N'existe Pas, sur l'anarchie et le libéralisme (for)

L'Anarchie est la situation d'une société sans la domination de l'État. Voir anarchisme et panarchie.

Par opposition à anomie.

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La relation entre États comparable à une situation d'anarchie ?

Dans un monde où la politique internationale reflète la prédominance voir l'ingérence étatique, il serait abusif de considérer que les femmes ou les hommes politiques avoueraient une quelconque opinion favorable envers l'anarchie. Toutefois, sans utiliser une notion stricte de l'anarchie, dans un certain degré les États vivent entre eux dans un état relatif d'anarchie et résistent à toute tentative de concéder à une autorité supérieure. L'existence d'organisations de coopération entre États souligne l'importance que les États accordent à disposer de structures assurant le pouvoir étatique au-delà des frontières. La guerre étant considérée comme une manifestation d'un pouvoir de résolution de conflits entre États, ce qui est souvent signe d'un monopole de la souveraineté des États dans les questions dites internationales. Si nous considérons l'État comme une organisation sociale imposée par un groupe exerçant son pouvoir et oppression sur une autre organisation sociale, si cette prérogative exclusive n'a d'autre justification que l'usage de la violence et répression, l'anarchiste est alors considéré comme celui qui ne cautionne pas cette violence, refusant du même coup l'instauration d'un quelconque « impérialisme » souverain étatique, refusant même l'idée de légitimité de pouvoirs accordés aux organisations internationales, qui sont des émanations gouvernementales.

Par conséquent, la question fondamentale réside sur l'usage de la violence : les États considèrent légitime de l'employer pour résoudre leurs conflits, alors que les anarcho-capitalistes la considèrent comme illégitime. Ainsi, si pour l'homme politique la souveraineté étatique est fondée sur le moyen de violence légitime, pour l'anarchiste il n'y a ni légitimité juste ni fondée, le monopole étatique est violent et illégitime.

Il est important de remarquer que les États ont évolué de façon expansionniste en absorbant les communautés locales pour former un territoire plus vaste en opérant une centralisation du pouvoir, et c'est sous cette forme de réplication adaptative que l'État moderne a fondé ses institutions en dehors de son périmètre primitif. De cette façon, l'organisation militaire et guerrière qui s'est transformée en organisation politique et État assume pleinement sa nature-propre à l'extérieur de ses frontières, tandis qu'il se déguise à l'intérieur de ses frontières, sous forme de simulacre, en État-protecteur de la paix et du bien-être de ses citoyens.

Les anarcho-capitalistes y voient une confirmation de leurs thèses :

On n'a pas assez réfléchi sur le fait que le monde a toujours existé dans un état d’anarchie internationale, sans gouvernement commun, sans monopole coercitif de la décision au-delà des divers États. Pourtant, les relations internationales entre leurs citoyens privés ont généralement fonctionné assez correctement malgré cette absence d'un gouvernement unique au-dessus d'eux. (Murray Rothbard)
L'État n'est lié par rien d'autre que ses propres règles, qu'il a lui-même conçues et promulguées, c'est-à-dire par les seules contraintes qu'il a daigné s'imposer à lui-même. Vis-à-vis de sa propre structure, pour ainsi dire, l'État est resté dans un état naturel d'anarchie caractérisé de l'autonomie et de l'autodiscipline, étant donné qu'il n'y a pas d'État supérieur pour lui imposer des contraintes. (Hans-Hermann Hoppe, La Grande Fiction - l'État, cet imposteur, Le Drapeau blanc, 2016)

Erreur courante : "le libéralisme, c'est l'anarchie"

Un des préjugés les plus courants est celui d'associer le libéralisme à la « loi de la jungle », ce qui laisse sous-entendre l'idée que : « le libéralisme, c'est le désordre ». Le terme d'anarchie étant employé ici comme synonyme de désordre. Ce préjugé peut s'expliquer par deux raisons : la première est que la notion de liberté associée au libéralisme est incomprise, par ignorance ou désinformation, la deuxième découle d'une image déformée sur la signification de l'anarchie. Le libéralisme est tout d'abord le respect de certaines valeurs comme le droit légitime des individus contre les abus de l'autorité étatique, tout en reconnaissant qu'une société libre ne peut exister sans certaines règles. Cela dit, certaines règles voulant justifier l'omnipuissance étatique restent illégitimes, de même la coercition arbitraire telle que celle que l'État exerce le plus souvent dans tous les domaines de nos existences : libertés individuelles, libertés publiques, liberté d'expression, économie, etc., son interventionnisme étant sans limites.

Bibliographie

  • 1972, Thomas Hogarty, Cases in Anarchy, In: Explorations in the Theory of Anarchy, edited by Gordon Tullock. Blacksburg Va.: Center for Study of Public Choice
  • 1992, Alexander Wendt, « Anarchy Is What States Make of It : The Social Construction of Power Politics », International Organization, vol 46, printemps

Citations

  • Le libéralisme est une anarchie avec le respect des autres et de la propriété. (Pascal Salin)
  • L'anarchie, ce n'est pas d'avoir aucune règle, c'est de n'avoir aucun maître qui vous contraigne à obéir à des règles non consenties. (Kent McManigal)
  • On n’est jamais mieux gouverné que lorsqu’il n’y a pas de gouvernement. (Jean-Baptiste Say)
  • S’il n’existait que des structures sociales d’où toute violence serait absente, le concept d’État aurait alors disparu et il ne subsisterait que ce qu’on appelle, au sens propre du terme, 1’« anarchie ». La violence n’est évidemment pas l’unique moyen normal de l’État, — cela ne fait aucun doute — mais elle est son moyen spécifique. (Max Weber, Le métier et la vocation d’homme politique)
  • L’anarchie nous entoure. Sans elle, notre monde s’écroulerait. Tout progrès est dû à elle. Tout ordre provient d’elle. Tous les bienfaits qui nous élèvent au-dessus de l’état de nature sont dûs à elle. L’espèce humaine s’épanouit uniquement grâce à l’absence de contrôle, et non grâce à lui. Je dis que nous avons besoin de toujours plus d’absence de contrôle pour rendre le monde encore plus beau. (Jeffrey Tucker)
  • « Peut-on se passer de l’État ? » Comme nous aimerions tous nous passer de l’État, de ses exigences, de ses papiers, de ses interdictions, de son poids écrasant et de plus en plus écrasant ! Un chef-d’œuvre a été écrit sur l’absence de l’État : c’est Robinson Crusoé. Il me suffit de recevoir ma déclaration d’impôts et de boucler ma ceinture en voiture pour rêver de Robinson. Mais il ne serait pas difficile, après une première partie consacrée à la liberté de l’individu sans État, d’entamer la seconde partie (quel ennui !) où l’État apparaîtrait comme le Grand Protecteur qui vient aider les plus faibles contre les plus forts et dont personne ne peut se passer. On parlerait de Hobbes, bien sûr, et de son homme qui est un loup pour l’homme, de Spinoza pour s’amuser un peu, de Rousseau et de son Contrat social, de Kant, naturellement, et on finirait sur Hegel pour qui l’État finit par se confondre avec la philosophie. Pouah ! Une troisième et dernière partie montrerait avec éclat – repouah ! – que l’État libérateur peut être aussi, si vous n’y prenez garde, un État oppresseur qui surveille les citoyens, organise des écoutes, se sert de grandes oreilles et menace la démocratie avec le cumul des pouvoirs. Re-repouah ! On bouclerait la boucle avec Benjamin Constant : « Que l’État se contente d’être juste. Nous nous chargeons d’être heureux. » (Jean d'Ormesson, Le Figaro, 14 juin 2007)

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