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Mohandas Gandhi

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(Redirigé depuis Gandhi)

Mohandas Karamchand Gandhi (2 octobre 1869 - 30 janvier 1948), est un dirigeant politique, guide du mouvement pour l'indépendance de l'Inde pendant la période de domination britannique du sous-continent indien.

Trouvant son inspiration dans l'hindouisme, dans Léon Tolstoï et Henry David Thoreau, ainsi que dans son expérience des mouvements de droit civil en Afrique du Sud de 1893 à 1915, il a été un pionnier et un théoricien de la résistance à l'oppression à l'aide de la désobéissance civile de masse, le tout fondé sur la non-violence et le pacifisme. Il en fait une méthode d’action, autant qu'une attitude ou un principe, celui qui affirme que la fin ne justifie pas les moyens : « il existe le même rapport intangible entre les moyens et la fin qu’entre la graine et l’arbre ».

Il passe en tout six ans et dix mois de sa vie en prison, de 1922 à 1944, pour "subversion", encouragement au boycott et désobéissance civile. Le mouvement "Quit India" (1942-1944) qu'il lance le 8 août 1942 unifie les Indiens dans leur volonté d'indépendance, qui aboutira en 1947 (Indian independence Act).

Anarchisme et non-violence

Les vues politiques de Gandhi sont cohérentes avec sa théorie de la non-violence. La non-violence n'est pas une passivité, c'est une forme de lutte morale. Gandhi s'oppose à l’État, source ultime de violence, refuse pour lui-même des postes politiques, demande après l'indépendance l'abolition du Congrès indien et la réduction de l'Armée, critique le socialisme de Nehru, préconise une décentralisation extrême.

Au cours de sa lutte pour l'indépendance de l'Inde, il organise le boycott des produits britanniques importés, mais sur une base volontaire. Il condamne systématiquement les violences commises tant par les Indiens que par les Britanniques. Sa lutte est longtemps incomprise tant par les conservateurs (et les impérialistes) qui le considèrent comme un agitateur et un illuminé (a naked fakir, selon Churchill), que par les communistes qui lui reprochent de tromper la classe ouvrière et d'empêcher une action révolutionnaire violente.

Aspects non libéraux

  • protectionnisme nationaliste (appel en faveur du filage et du tissage à la main pour favoriser l’indépendance économique) ;
  • méfiance vis-à-vis du commerce (« le commerçant vole le pauvre ») ;
  • méfiance vis-à-vis de l'économie de marché, génératrice d’inégalités ;
  • morale altruiste (« amasser des richesses est un péché ») ;
  • bien que Gandhi soit souvent considéré comme un féministe avant l'heure, il garde une vision très traditionnelle du rôle de la femme dans la société, et il ne conçoit pas que les femmes jouissent des mêmes droits que les hommes ;
  • retour à la terre et refus du progrès technique, qui « conduit à la paresse ».

Citations

  • L'État représente la violence sous une forme concentrée et organisée. L'individu a une âme, mais l'État, étant une machine sans âme, ne peut jamais renoncer à la violence à laquelle il doit sa propre existence.
  • La désobéissance aux lois d’un État mauvais est un devoir. La désobéissance violente vise des hommes qui peuvent être remplacés. Elle laisse le mal lui-même intact et souvent l’aggrave. La désobéissance non-violente, c’est-à-dire civile, est le seul remède qui peut réussir ; elle est donc une obligation pour celui qui veut se désolidariser du mal.
  • J'ai une foi illimitée dans la non-violence. Je crois que la désobéissance civile n'est pas seulement le droit naturel du peuple, spécialement lorsqu'il n'a pas voix au chapitre dans son propre gouvernement, mais qu'elle est aussi un substitut efficace à la violence et à la rébellion armée. (lettre du 1er janvier 1932 au vice-roi des Indes)
  • Aucune société ne peut être construite sur la négation de la liberté individuelle. C'est contraire à la nature même de l'homme. Tout comme un homme ne peut avoir de cornes ou de queue, de même ne peut-il exister en tant qu'homme, s'il ne dispose pas de son propre esprit. En réalité, même ceux qui ne croient pas en la liberté individuelle croient en la leur propre.
  • Un individu conscient et debout est plus dangereux pour le pouvoir que dix mille individus endormis et soumis. (attribué à Gandhi)
  • Je considère le refus de payer des impôts comme un droit naturel, ancestral et inaliénable d'un peuple qui a épuisé tous les autres moyens de chercher à se libérer d'un fardeau économique insupportable. (lettre du 1er janvier 1932 au vice-roi des Indes)
  • Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.
  • La vieille philosophie de l’œil pour l’œil n’a jamais fait que des aveugles.
  • A l'instant où l'esclave décide qu'il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent.
  • Je n’hésite pas à dire que là où existe seulement le choix entre la lâcheté et la violence, il faut se décider pour la solution violente. (All Men are Brothers, 1958)

Littérature secondaire

  • 1994, K. Nair, "A higher standard of leadership: Lessons from the life of Gandhi", San Francisco: Berrett-Koehler
  • 2004, Michelle C. Bligh et J. L. Robinson, "Different routes to charisma and taking the road less traveled: An analysis of Gandhi’s rhetorical leadership", Cross-Cultural Leadership and Management Studies, 1, pp109-125
  • 2010, Patrick Kim Cheng Low, "Leading the Mahatma Gandhi Way", Leadership & Organizational Management Journal, Vol 2010, n°2, pp110-117

Liens externes

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