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Produit dérivé

De Wikiberal

Un produit dérivé ou contrat dérivé ou encore derivative product est un instrument financier :

  • dont la valeur fluctue en fonction de l'évolution du taux ou du prix d'un produit appelé sous-jacent ;
  • qui ne requiert aucun placement net initial ou peu significatif ;
  • dont le règlement s'effectue à une date future.

Il s'agit d'un contrat entre deux parties, un acheteur et un vendeur, qui fixe des flux financiers futurs fondés sur ceux d'un actif sous-jacent, réel ou théorique, généralement financier.

Importance économique

On estime que les encours de produits dérivés représentent autour de 700000 milliards de dollars (chiffres 2013 de la BRI), soit autour de 10 fois le PIB mondial (ce chiffre exclut le gré-à-gré et les transactions non listées). Les encours de dérivés se répartissaient en 2013 en dérivés de dettes (70 %), de devises (20 %), de volatilité (5 %), dérivés sur actions (3,5 %), sur matières premières (1,5 %). Philippe Béchade[1] estime en 2014 que l'exposition des banques françaises sur les dérivés est au moins de 100000 milliards de dollars.

Les problèmes que posent les produits dérivés sont les suivants :

  • difficulté d'évaluer le risque (perte d'information, dilution, "dérivés de dérivés"...) augmentée par une illusion mathématique, une mauvaise maîtrise des modèles ;
  • bien que les produits dérivés soient des produits d’assurance, il n'y a aucune certitude que les promesses puissent être honorées, car les règles prudentielles propres à l'assurance ne s'appliquent pas (ainsi les dérivés sur matières premières dépassent très largement en valeur le sous-jacent disponible) ; on n'exige pas de dépôt de garantie permettant de prouver qu'on est en mesure d'honorer les promesses faites ;
  • la mauvaise utilisation des produits dérivés a conduit à plusieurs faillites ou à des crises retentissantes : comté d'Orange (1994), banque Barings (1995), Long Term Capital Management (1998), Société générale (2008, affaire Jérôme Kerviel), UBS (2011, affaire Kweku Adoboli), JP Morgan (2012, affaire de "la baleine de Londres"), d'où le terme d'« arme financière de destruction massive » employé par Warren Buffett pour qualifier les dérivés.

Point de vue libéral

Ce n'est pas la notion de "produit dérivé" elle-même qui pose problème, ni une quelconque défaillance de la règlementation à leur sujet, c'est l'irresponsabilité des acteurs, accrue par le concept de "too big to fail" qui encourage des prises de risque inconsidérées et fait de ces produits un facteur de risque systémique - alors même que les produits dérivés sont destinés originellement à diminuer le risque et à jouer un rôle d'assurance :

Le système des assurances n’a pas de matelas, de « buffer », pour faire face aux sinistres, l’assurance se fait en « dynamic hedging », c’est-à-dire que l’on « s’assure en se couvrant sur le marché », c’est-à-dire en amplifiant la tendance en cours ! Le faux système des assurances qui constitue les béquilles du Capital financier et bancaire est un système qui, lorsqu’une tendance forte se déclenche, l’amplifie, lui fait faire boule de neige. Il ne tamponne pas, il n’amortit pas. C’est pour cela qu’il a fallu inventer le mythe du « Put » de la Fed, pour garantir ce qui est non garantissable : pour promettre la liquidité sur tout. (Bruno Bertez, L'AGEFI, 11/10/2016)

La simple annonce par les gouvernements de refuser de venir au secours de banques incapables d'honorer leurs engagements suffirait à réguler ce marché. Or le capitalisme de connivence entre pouvoir et finance est tel qu'il oblige le pouvoir à intervenir pour secourir une finance dont il est en réalité étroitement dépendant pour placer la dette publique.

Citations

  • Le marché des dérivés, c'est comme l'enfer : il est facile d'y entrer mais presque impossible d'en sortir. Certains contrats ont été inventés par des fous. D'autres sont une escroquerie à grande échelle. (Warren Buffett en 2003)
  • Ces produits financiers permettent de faire jouer des effets de levier colossaux ; ils ont transformé la finance en un véritable casino où l'on peut parier sa mise des dizaines, voire des centaines de fois. (...) Le moindre événement, le moindre choc faisant vaciller les marchés, le moindre remous en zone euro... et tout cet édifice pourrait s'effondrer comme un château de cartes. (Simone Wapler)

Notes et références

  1. Sur BFM Business, Intégrale Placements, 12/02/2014.

Voir aussi

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