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François Quesnay

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François Quesnay
Économiste

Dates 1694 - 1774
François Quesnay
Tendance libéral conservateur
Origine France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur François Quesnay
Librairal

François Quesnay (Méré, Île-de-France, 1694 - Paris, 1774) est un économiste français, fondateur de l’École physiocratique.


Biographie

Après s’être formé tardivement et de manière autodidacte, François Quesnay devint chirurgien en 1718. Il lutta contre les spéculations propres à la médecine de l’époque et acquit suffisamment de prestige pour devenir le secrétaire de l’Académie de Chirurgie (1737) et médecin à la cour de Louis XV (1752). Il bénéficia de la protection de la maîtresse du roi, Mme de Pompadour, qui l’aida à gagner la confiance royale en tant que conseiller.

À plus de soixante ans, François Quesnay commença à s’intéresser à l’économie, à partir de l’œuvre de Victor Riquetti de Mirabeau, L'ami des hommes. De leur rencontre en 1757 naquit l’École économiste ou physiocratique, qui adopta la forme d’une secte élitiste avec Quesnay comme maître suprême et un nombre réduit de fidèles disciples (Mirabeau, Dupont de Nemours, Mercier de la Rivière, Baudeau, etc.).

Les physiocrates entrèrent en contact avec d’autres penseurs des Lumières, comme les encyclopédistes Diderot et D’Alembert (qui permirent à Quesnay de rédiger les articles « Grains » et « Agriculteurs » de leur Encyclopédie) ou appartenant à « l’École de Gournay », à laquelle appartenait Turgot (le seul du groupe à exercer le pouvoir en France, mettant en pratique quelques-unes des idées physiocratiques).

Le Tableau économique

La doctrine essentielle de la physiocratie se trouve résumée dans le Tableau économique que Quesnay élabora en 1758, le modifiant et le perfectionnant lors de multiples éditions postérieures. Il s’agissait d’un modèle de reproduction économique qui analysait la circulation des revenus dans une société divisée en trois classes : agriculteurs, propriétaires et les autres (qu’il caractérisait comme classe stérile).

L’agriculture était, dans cette théorie, l’unique activité réellement productive, de laquelle dépendait toutes les autres. En conséquence, il fallait favoriser un développement économique basé sur une agriculture hautement capitalisée et technique. Pour cela, il proposa (dans ses Maximes générales du Gouvernement économique d'un royaume agricole, 1760), une politique économique libérale : liberté des prix et du marché, liberté d’entreprise et de cultures, liberté de circulation et de commerce, réduction des barrières douanières, simplification du système fiscal en le réduisant à un impôt unique sur les revenus de la terre, etc.

Quesnay était fasciné par le modèle des entrepreneurs agricoles riches et innovateurs du Nord de la France et des Pays-bas (du Nord et du Sud) et aspirait à étendre ce modèle à toute la France. Mais pour cela, il était nécessaire de démonter préalablement le fouillis de règlementations économiques hérité de l’époque mercantiliste. Sa critique du mercantilisme et du modèle économique interventionniste de l’Ancien Régime fournira les bases de l’économie politique libérale (qui se développera en Grande-Bretagne à partir d’Adam Smith) et aura une grande influence à l ‘époque de la Révolution française (1789).

Curieusement, ce libéralisme économique s’alliait à une préférence politique pour le despotisme monarchique, un despotisme éclairé : la meilleure garantie de justesse du gouvernement serait une éducation soignée du Prince, qui le rendrait capable de découvrir, éclairé par la Raison, l’ordre naturel de l’univers ; la politique économique correcte consisterait alors à laisser agir, sans interférer, cet ordre naturel.

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Citations

  • « Le droit naturel des hommes diffère du droit légitime ou du droit décerné par les lois humaines, en ce qu'il est reconnu avec évidence par les lumières de la raison, et que par cette évidence seule, il est obligatoire indépendamment d'aucune contrainte; au lieu que le droit légitime limité par une loi positive, est obligatoire en raison de la peine attachée à la transgression par la sanction de cette loi, quand même nous ne la connaîtrions que par la simple indication énoncée dans la loi. » (Le droit naturel, chap 2)
  • « Si on me demande ce que c'est que la justice ? Je répondrai que c'est une règle naturelle et souveraine, reconnue par les lumières de la raison qui détermine évidemment ce qui appartient à soi-même, ou à un autre. »(Le droit naturel, chap 1)
  • « Que la propriété des biens fonds et des richesses mobilières soit assurée à ceux qui en sont les possesseurs légitimes; car la sûreté de la propriété est le fondement essentiel de l'ordre économique de la société. » (Maximes générales du gouvernement économique d'un royaume agricole)

Publications

  • 1762, Victor de Riquetti, Marquis de Mirabeau, "L’Ami des Hommes", 5 vols, Avignon
  • 1764, Philosophie Rurale, 5 vols, Amsterdam, Chez les Libraries Associés
  • 1767, "Despotisme de la Chine", Éphémérides, Paris, mars, avril, mai et juin
    • Repris en 1888, In: oeuvres économiques et philosophiques de François Quesnay, Fondateur du système physiocratique

Peelman, Paris, pp563-660

  • 1968, The Economical Table, New York, Bergman Publishers

Littérature secondaire

  • 1972, Marguerita Kuczynski et Ronald L. Meek, dir., Quesnay’s Tableau Economique, New York, Augustus M. Kelley
  • 1987, Gianni Vaggi, "The Economics of François Quesnay", Durham, North Carolina, Duke University Press
  • 1993, Steven Pressman, ‘‘Quesnay’s Theory of Economic Growth and Decline’’, In: Ron Blackwell, Jaspal Chatha et Edward J. Nell, dir., Economics as Worldly Philosophy, London, Macmillan, pp305–321
  • 1994, Steven Pressman, "Quesnay’s Tableau Economique: A Critique and Reassessment, Fairfield, New Jersey, Augustus Kelley
  • 2003, Peter Groenewegen, Gianni Vaggi, "François Quesnay, 1694–1774: Reproduction and Capital", In: Peter Groenewegen, Gianni Vaggi, dir., "A Concise History of Economic Thought. From Mercantilism to Monetarism", Palgrave, pp55-70

Liens externes


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