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Dictionnaire de l'économie politique

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Le Dictionnaire de l'économie politique est une encyclopédie de référence publiée à Paris entre 1852 et 1853 sous la direction conjointe de Charles Coquelin et de Gilbert Guillaumin, aux éditions Guillaumin et Cie. Cet ouvrage monumental, constitué de deux volumes grand in-8° totalisant près de 1 800 pages, représente l'une des entreprises éditoriales les plus ambitieuses du libéralisme économique français du XIXᵉ siècle. Il témoigne de la vitalité intellectuelle d'une époque marquée par les débats sur l'industrialisation, le libre-échange, les questions sociales et la place de l'État dans l'économie.

Présentation

Né dans un contexte d'effervescence doctrinale, le dictionnaire vise à offrir un panorama complet, systématique et accessible des connaissances économiques. Guillaumin, éditeur spécialisé dans les ouvrages d'économie politique depuis les années 1830, s'associe à Charles Coquelin, économiste, journaliste et ancien directeur du Journal des économistes, pour coordonner ce projet qui mobilise une quarantaine de collaborateurs de premier plan. Parmi les contributeurs figurent des personnalités éminentes telles que Joseph Garnier, Horace Say (fils de Jean-Baptiste Say), Charles Dunoyer, Adolphe Blanqui, Michel Chevalier, Ambroise Clément, Hippolyte Passy, Louis Wolowski, ou encore Frédéric Bastiat, dont les idées imprègnent l'ouvrage bien que sa mort prématurée en 1850 l'ait empêché d'y participer directement. Des économistes étrangers, comme l'Écossais John Ramsay McCulloch ou l'Anglais Richard Cobden, y sont également cités comme autorités canoniques. D'autres personnalités plus discrètes comme Athanase Gros[1], Jules Hériot de Vroil[2] ou Jacques de Valserre[3], y sont également présentes. À partir de la lettre B, Maurice Block réalisa de nombreuses notices biographiques en signature anonyme.

L'ouvrage se caractérise par son approche résolument libérale et favorable au libre-échange, reflétant les convictions de l'école française d'économie politique, souvent qualifiée d'« école de Paris » ou d'« école des économistes ». Les notices, classées par ordre alphabétique, couvrent un champ extrêmement vaste : concepts théoriques fondamentaux (valeur, monnaie, crédit, rente, salaire, profit), politiques économiques (protectionnisme, libre-échange, fiscalité, colonisation), institutions financières et commerciales (banques, bourses, compagnies par actions, assurances), questions sociales (paupérisme, associations ouvrières, charité légale), biographies d'économistes (Adam Smith, David Ricardo, Jean-Baptiste Say, Thomas Malthus), ainsi que des entrées géographiques et sectorielles (blé, coton, houille, navigation). Chaque article combine une rigueur théorique, des données empiriques actualisées et un plaidoyer doctrinal, illustrant la conception engagée que les contributeurs ont de leur discipline : l'économie politique n'est pas seulement une science descriptive, mais un instrument d'éducation publique et de réforme sociale.

L'ouvrage s'inscrit dans un écosystème éditorial plus vaste : l'Annuaire de l'Économie politique et de la Statistique, le Dictionnaire universel du Commerce et de la Navigation, la Collection des Économistes et Publicistes contemporains et la Bibliothèque des sciences morales et politiques, tous publiés par Guillaumin. Pour faciliter la consultation, le dictionnaire est doté d'un appareil critique complet : tables analytiques des principaux articles avec noms des auteurs, table des biographies, et explication des abréviations bibliographiques (Bl., M.C., Barb., etc.). Enfin, huit portraits gravés sur acier (Quesnay, Smith, Malthus, Turgot, Say, Sismondi, Rossi, Bastiat), « d'une ressemblance authentique », ornent l'édition, rendant hommage aux figures canoniques de la science économique.

Le Dictionnaire connaît un succès immédiat auprès des économistes, des parlementaires, des hauts fonctionnaires, des journalistes et des étudiants. Il devient l'outil de travail indispensable de tous ceux qui s'intéressent aux questions économiques et sociales, en France comme à l'étranger. Sa portée dépasse largement les frontières nationales : il est consulté et cité dans toute l'Europe, en Amérique latine et jusqu'aux États-Unis, contribuant ainsi à diffuser les idées libérales françaises à l'international. L'ouvrage témoigne également de l'institutionnalisation progressive de l'économie politique comme discipline autonome, dotée de son langage propre, de ses concepts fondamentaux, de ses méthodes d'analyse et de ses débats internes.

Un supplément est publié en 1864 sous la direction de Joseph Garnier, actualisant les notices, intégrant les évolutions doctrinales intervenues depuis la première édition et répondant aux critiques adressées à l'ouvrage initial. Le succès du dictionnaire inspire d'autres entreprises éditoriales chez Guillaumin, notamment la Revue de l'économie politique, la collection des Principaux économistes (rééditions annotées des classiques) et le Nouveau dictionnaire d'économie politique (1891-1892), qui en constitue la version actualisée à la fin du siècle.

Aujourd'hui, le Dictionnaire de l'économie politique reste une source précieuse pour les historiens de la pensée économique, les sociologues des idées et les spécialistes du XIXᵉ siècle. Il offre un témoignage exceptionnel sur les débats intellectuels, les controverses doctrinales, l'état des connaissances économiques et les enjeux politiques au milieu du XIXᵉ siècle, à l'apogée du libéralisme classique français. Numérisé et accessible en ligne via des plateformes comme Gallica (Bibliothèque nationale de France) ou Google Books, il constitue un document patrimonial majeur pour quiconque souhaite comprendre la genèse des concepts économiques contemporains et l'histoire des idées libérales en Europe.

Sommaire 3ème édition 1864, Vol 1

Amortissement, M. Ad. Blaise.

Beaux-arts, M. G. de Molinari.

Bienfaisance publique, M. Cherbuliez.

Boucherie (commerce de la), M. Blaise.

Bourgeoisie, M. H. Baudrillart.

Caisses de retraite, M. E. Thomas.

Céréales, M. G. de Molinari.

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Civilisation, M. G. de Molinari.

Coalitions, M. Cherbuliez.

--- Colonies, M. G. de Molinari.

Colonies agricoles, idem.

Colonies militaires, idem.

Comices agricoles et chambres d’agriculture, M. J. de Vroil.

Communisme, M. H. Baudrillart.

Compagnonnage, M. Léon Say.

  • Comptabilité commerciale, J.-B. S.
  • Comptoirs d’escompte, M. A. Courtois.

Concurrence, Ch. Coquelin.

Condition des soies, M. Léon Say.

Congrès, M. J. de Vroil.

Conseil général de l’agriculture, des manufactures et du commerce, M. Léon Say.

Conseils généraux des départements, idem.

Conservatoire des arts et métiers, M. Wolowski.

Consuls, MM. A. de Clercq et de Vallat.

Contrainte par corps, Ch. Coquelin.

Contrefaçon, M. Émile Thomas.

Corporations privilégiées, Ch. Coquelin.

  • Cour des comptes, Alfred Legoyt, pp491-492

Cours forcé, Ch. Coquelin.

Crédit, idem.

Crédit foncier, M. Wolowski.

Crédit public, M. Du Puynode.

Crises commerciales, Ch. Coquelin.

Cultes religieux, M. Cherbuliez.

Déboisement, M. J. de Vroil.

Débouchés, J.-B. S.

Définitions, M. M. Monjean.

Dépôts de mendicité, M. de Watteville.

Dessins de fabrique, M. Wolowski.

Dimanche, Ch. Coquelin.

Disette, M. Cherbuliez.

Distribution des richesses, Ch. Coquelin.

Division du travail, M. H. Say.

Docks, M. Émile Thomas.

  • Domaine public, Alfred Legoyt. pp573-577

Domesticité, Ch. Coquelin.

Douane, M. H. Say.

Drainage, M. J. de Vroil.

Droit au travail, M. Léon Faucher.

Droits réunis, Ch. Coquelin.


Eau, M. Dupuit.

Échange, Ch. Coquelin.

  • Échiquier, Alfred Legoyt, pp640-641

Écoles professionnelles, Ch. Coquelin.

Économie politique, idem.

Effets de commerce, Ch. Coquelin.

Effets publics, idem.

Embargo, idem.

Émigration, M. G. de Molinari.

Emphytéose, Ch. Coquelin.

Emprunts publics, M. Du Puynode.

Encouragements, Ch. Coquelin.

Enfants trouvés, M. Fréd. Cuvier.

  • Enfants (travail des), Alfred Legoyt, pp698-700

Enquêtes, M. H. Say.

Enseigne, M. Léon Say.

Entrepôts, M. H. Say.

Épargne, M. L. Leclerc.

Épaves, Ch. Coquelin.

Esclavage, M. G. de Molinari.

Établissements de bienfaisance, Ch. Coquelin.

  • Établissements dangereux, insalubres ou incommodes, Alfred Legoyt, pp731-733

État, Ch. Coquelin.

État civil, idem.

Évaluation des sommes historiques, idem.

  • Excise, Alfred Legoyt, pp743-744
  • Exportations, importations, Joseph Garnier,

Expositions des produits de l’industrie, M. Blanqui.

  • Expropriation pour cause d’utilité publique, Alfred Legoyt, pp751-753

Faillite, banqueroute, déconfiture, M. H. Say.

Féodalité, M. Courcelle-Seneuil.

Fermage, Ch. Coquelin.

Fermes-écoles, fermes expérimentales, fermes-modèles, M. J. de Vroil.

Fermiers généraux, M. Du Puynode.

Foires et marchés, M. Edgar Duval.

Fonctionnaires, M. A. Clément.

  • Fondation, Alfred Legoyt, pp789-791

Fonds productifs, Ch. Coquelin.

Forêts, M. J. de Vroil.

Fortune publique, Ch. Coquelin.

Fortunes particulières, M. Courcelle-Seneuil.

Frais de production, Ch. Coquelin.

Franchise, idem.


Gabelle, Ch. Coquelin.

Garantie des matières et ouvrages d’or et d’argent, M. Paillottet.

Gouvernement, M. Ch. Dunoyer.

  • Grand livre de la dette publique, Alfred Legoyt, pp812-813

Greniers d’abondance, Ch. Coquelin.

Haras, M. J. de Vroil.

Harmonie industrielle, Ch. Coquelin.

Hérédité, idem.

Hôpitaux, hospices, M. Vée.

Hypothèques, M. Wolowski.

Imprimerie, M. C. S.

Industrie, Ch. Coquelin.

Industrie manufacturière, idem.

Instruction publique et privée, MM. Vergé et Ch. Coquelin.

Instruments du travail ou de l’industrie, Ch. Coquelin.

Intérêt (prêt à), M. Léon Faucher.


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Sommaire 3ème édition 1864, Vol 2

  • Jeu, Alfred Legoyt, pp2-4

Jury central des produits de l’industrie, M. N. Rondot.

Jury international, idem.

Législation, M. Ch. Renouard.

Lettre de change, M. Courcelle-Seneuil.

Liberté des échanges (association pour la), M. G. de Molinari.

Liberté du commerce, liberté des échanges, idem.

Librairie, M. C. S.

Ligue anséatique, M. M. Block.

Livrets d’ouvriers, M. Courcelle-Seneuil.

Logements insalubres, M. H. Say.

Loi, Fréd. Bastiat.

Lois agraires, M. Courcelle-Seneuil.

Lois somptuaires, idem.

Loteries, M. Edgar Duval.

Luxe, M. Courcelle-Seneuil.

Main-d’œuvre, M. H. Say.

Mandats territoriaux, M. C. S.

Marchand, M. H. Say.

Marchandage, idem.

Marchandises, idem.

Mariage, M. Esq. de Parieu.

Marques de fabrique et de commerce, M. Ch. Renouard.

Matières premières, M. H. Say.

Mendicité, M. A. Clément.

Meubles et immeubles, M. H. Say.

  • MINES, Minières et CARRIÈRES : Alfred Legoyt, pp178-188

Mode, M. G. de Molinari.

Monopole, M. A. Clément.

Monts-de-piété, M. H. Say.

Monuments publics, M. G. de Molinari.

Morale, M. A. Cochut.

  • Morcellement, Alfred Legoyt, pp242-250

Moyens d’existence, M. A. Clément.

Nations, M. G. de Molinari.

Nature des choses, J.-B. Say.

Navigation, M. Louis Reybaud.

Noblesse, M. G. de Molinari.

Octrois, M. Esq. de Parieu.

Organisation du travail, M. Courcelle-Seneuil.

Pacte colonial, M. H. Say.

Pain (taxe du), idem.

Paix, guerre, M. G. de Molinari.

Paix (société et congrès de la paix), idem.

Papier-monnaie, M. Courcelle-Seneuil.

Parasites, M. Ch. Renouard.

Paupérisme, M. Cherbuliez.

Péage, M. Dupuit.

Pêches et pêcheries, M. H. Say.

Poids et mesures, M. Dupuit.

Police, M. Vivien.

Ponts et chaussées, M. Dupuit.

Postes, M. Courcelle-Seneuil.

Pratique et théorie, M. A. Clément.

Prestation, M. Courcelle-Seneuil.

Préventif (système), M. A. Clément.

Primes et drawbacks, M. H. Say.

Prisons, M. Moreau-Christophe.

Probabilités, M. A. Quételet.

Production, M. Ch. Dunoyer.

Produit net, M. A. Clément.

Produits immatériels, idem.

Professions, M. Courcelle-Seneuil.

Profit, idem.

Progrès industriels, M. A. Clément.

Prohibitions, M. C. S.

Propriété, M. Léon Faucher.

Propriété littéraire, M. G. de Molinari.

Prud’hommes (conseils de), M. P. Paillottet.

Quarantaines, M. L. Reybaud.

Recensement, M. A. Legoyt.

Recrutement, idem.

Régie, M. Courcelle-Seneuil.

Réglementation, M. A. Clément.

Règlements de fabrique, idem.

Revenu (impôt du), M. Courcelle-Seneuil.

Richesse, M. A. Clément.

Routes et chemins, M. Dupuit.

Salaires, M. Léon Faucher.

Salubrité, M. H. Say.

Savants, J.-B. Say.

Sciences morales et politiques, idem.

Secours publics, M. Vée.

Sécurité, M. A. Clément.

Seigneuriage, M. Courcelle-Seneuil.

Sel, M. Esq. de Parieu.

Servage, M. G. de Molinari.

Services productifs, M. A. Clément.

Socialistes, socialisme, M. L. Reybaud.

Sociétés de secours mutuels, M. A. Legoyt.

Sociétés commerciales, M. Ch. Renouard.

Spéculation, M. H. Say.

Succession, M. Esq. de Parieu.

Sucre, M. H. Say.

Système, M. Courcelle-Seneuil.

Systèmes pénitentiaires, M. Moreau-Christophe.

Tables de mortalité, M. Quételet.

Taille, M. Courcelle-Seneuil.

Tarifs de douane, M. G. de Molinari.

Taxe des pauvres, M. Cherbuliez.

Télégraphie électrique, M. A. Dument.

Tenure, tenement, tenancier, etc., M. A. Legoyt.

Terre, M. Courcelle-Seneuil.

Théâtres, M. G. de Molinari.

Timbre et enregistrement, M. Esq. de Parieu.

Tontines, M. A. Legoyt.

Traités de commerce et de navigation, M. de Brouckère.

Transit, M. H. Say.

Travail, M. G. de Molinari.

Travail dans les prisons, M. H. Say.

Travaux publics, M. Ad. Blaise.

Trésor, M. Courcelle-Seneuil.

Tribunaux de commerce, M. H. Say.

Union douanière, M. G. de Molinari.

Usure, idem.

Utopie, idem.

Vaîne pâture et parcours, M. J. de V.

Valeurs officielles, M. Léon Say.

Vénalité des offices, C. S.

Vente, M. Esq. de Parieu.

Viande de boucherie, M. H. Say.

Villes, M. G. de Molinari.

Vingtième, M. Courcelle-Seneuil.

Vins (impôts sur les), M. Louis Leclerc.

Virement de parties, M. Courcelle-Seneuil.

Visa, idem.

Voies de communication, M. Dupuit.

Voitures publiques, M. C. S.

Voyages, M. G. de Molinari.

Warrant, M. H. Say.

Zollverein, M. A. Legoyt.


  1. Athanase Gros (actif vers 1840-1860) est un économiste et traducteur français de l'école libérale, collaborateur régulier des publications de Gilbert-Urbain Guillaumin. Connu principalement sous ses initiales G. A. ou Ath. Gros, il contribue au Journal des économistes et au Dictionnaire de l'économie politique (1852-1853) dirigé par Coquelin et Guillaumin. Sa production se caractérise par un travail de traduction et de compilation plutôt que par une œuvre théorique originale : on lui doit notamment la traduction de l'italien d'un article de l'ingénieur Corté sur le projet de percement de l'isthme de Suez (Journal des économistes, 1849). Il a également collaboré avec Louis et Lodoïx de Freycinet sur des travaux géographiques concernant les îles Mariannes, témoignant d'un intérêt pour la géographie économique et le commerce international. Bien qu'aucune date de naissance ou de décès ne soit attestée, son activité documentaire place Athanase Gros parmi les nombreux contributeurs anonymes qui ont participé, au milieu du XIXᵉ siècle, à la diffusion des idées libérales en France. Son rôle, modeste mais réel, illustre l'importance des réseaux éditoriaux et des travaux collectifs dans la construction de la discipline économique à cette époque.
  2. Jules Hériot de Vroil (1820-1893) est un économiste et homme politique français, figure du libéralisme doctrinaire de la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Né à Reims dans une famille de notables champenois, il exerce d'abord comme avocat avant de se consacrer à la gestion de ses propriétés et à l'étude des questions économiques. Maire de Courcy (Marne) et propriétaire du château de Rocquincourt, il incarne cette bourgeoisie rurale éclairée qui anime la vie intellectuelle provinciale tout en participant aux réseaux parisiens. Collaborateur régulier du Journal des économistes et contributeur au Dictionnaire de l'économie politique de Coquelin et Guillaumin (sous les initiales J. V.), il publie plusieurs études remarquées sur l'agronomie, l'économie rurale et l'histoire de la pensée économique, dont une monographie sur Clicquot-Blervache (1870). Membre correspondant de l'Académie nationale de Reims et lauréat de ses concours, il allie rigueur documentaire et engagement libéral, défendant la liberté du commerce, la modernisation agricole et la propriété foncière. Bibliophile distingué, il constitue au château de Rocquincourt une bibliothèque importante, transmise à son fils Alban. Son œuvre, moins théorique qu'appliquée, illustre le profil de l'économiste provincial du XIXᵉ siècle : ancré dans son territoire, attentif aux réalités concrètes, et soucieux de diffuser les principes de l'école libérale française. Jules Hériot de Vroil s'éteint à Paris en 1893, laissant le souvenir d'un homme de savoir modeste mais constant, dont les travaux contribuent à la vitalité des débats économiques de son temps.
  3. Jacques de Valserre (parfois orthographié Valserres) est un économiste rural, avocat et publiciste français, né en 1812 et mort en 1882. Avocat à la Cour royale de Paris, il enseigne la législation industrielle à l'École spéciale du commerce et s'engage activement dans les comices agricoles d'Embrun et de Ventavon. Spécialiste des questions agraires, il publie en 1846-1847 un Manuel de droit rural et d'économie agricole, ouvrage de référence structuré en sept parties (histoire, législation, jurisprudence, vues économiques, statistique, réformes, formulaire) et publié sous les auspices de Macarel. En 1849, il se porte candidat à la chaire d'économie et de législation rurales de l'Institut agronomique de Versailles, mais retire sa candidature dans une brochure intitulée Désistement motivé. Collaborateur du Dictionnaire de l'économie politique de Coquelin et Guillaumin (signant sous les initiales J. de V.), il contribue également à la Revue d'économie rurale, dont il assure la direction scientifique. Ses publications couvrent des thèmes variés : reboisement des Alpes, culture de la truffe, crédit agricole, code rural, et comptes rendus de concours régionaux agricoles (Périgueux 1864, Le Mans 1865, Laon 1866, Montpellier 1868). Figure de l'économie appliquée plutôt que théorique, Jacques de Valserre incarne l'expert provincial engagé dans la modernisation agricole et la diffusion du droit rural, au carrefour des réseaux libéraux parisiens et des réalités territoriales du XIXᵉ siècle.