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Principes d'économie politique

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Principes d'économie politique
Grundsätze der Volkswirthschaftslehre
Principes deconomie politique.jpg
Auteur : Carl Menger
Genre
économie
Année de parution
1871
Ouvrage posant les fondements de l'école autrichienne
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Les Principes d'économie politique sont le principal ouvrage de l'économiste autrichien Carl Menger. Il fut publié pour la première fois en 1871. L’ouvrage de Carl Menger constitue le point d’ancrage de « l’école autrichienne ». En effet, si Carl Menger (1840-1921) est considéré, avec l’Anglais William Stanley Jevons et le Français Léon Walras, comme le co-inventeur en 1871 de l’approche marginaliste en économie, il a fondé l’école autrichienne dont ont fait partie des économistes aussi importants que Eugen von Böhm-Bawerk, Ludwig von Mises, Friedrich von Hayek, ou encore Joseph Schumpeter. Les Grundsätze der Volkswirthschaftslehre (Principes d’économie politique ou Principles of Economics dans la traduction anglaise de 1976) devaient, dans l’esprit de Carl Menger, avoir une suite. Ils seront en fait suivis d’un ouvrage de méthodologie économique (Untersuchungen über die Methode der Sozialwissenshaften und der poilitischen Oekonomie insbesondere) en 1883 et d’un livre polémique contre l’école historique allemande (Die Irrthümer des Historismus in der Deutschen Nationalökonomie) en 1884.

Les prémices « autrichiennes » de l’analyse marginaliste

L’ouvrage de Carl Menger commence par une analyse générale des biens (premier chapitre) puis des biens économiques (deuxième chapitre). Cette analyse aura un grand retentissement sur la façon dont ses disciples analyseront les phénomènes économiques. Elle est fondée sur une approche en termes de hiérarchie des biens économiques, hiérarchie définie aussi en termes de temporalité et de disponibilité. L’idée est de considérer que, pour produire un bien d’un ordre donné, il faut disposer au préalable d’un ensemble de biens d’ordres supérieurs (biens d’investissement) par rapport à celui du bien considéré, mais la valeur de ces biens vient elle-même de ce que sont demandés, en aval, des biens de premier ordre (biens de consommation). Cette conception est liée à la théorie subjective de la valeur (troisième chapitre) que propose Menger, en complète opposition avec la théorie classique de la valeur. Pour Menger, la valeur d’un bien est le dernier besoin qu’un individu a de vouloir le consommer et n’est donc pas nécessairement identique pour deux individus différents. Même si le terme d’utilité marginale n’est pas présent dans le texte de Menger (il sera inventé par Friedrich von Wieser, un de ses disciples), cela fait de Menger l’un des fondateurs de l’analyse marginaliste.

Menger propose ensuite une analyse de l’échange (quatrième chapitre). Il explique pourquoi l’échange, fondé sur la connaissance de la possibilité de l’échange et le pouvoir (la disponibilité des biens), n’est pas nécessairement total et qu’il est susceptible d’être coûteux. Il élabore ensuite (cinquième chapitre) une théorie des prix différente de celle de Léon Walras, puisque, pour Menger, les prix se déterminent, non de façon centralisée, mais par un processus de négociation (c’est pourquoi il part de l’échange simple, pour étudier la situation de monopole, puis de duopole, avant d’analyser l’échange dans un contexte de concurrence). Après avoir distingué valeur d’usage et valeur d’échange (sixième chapitre), il propose une théorie de la marchandise (septième chapitre) fondée sur la notion d’échangeabilité (marketability), c’est-à-dire la plus ou moins grande capacité pour un bien d’être échangé sur le marché. Cette approche en termes d’échangeabilité lui permet d’expliquer l’émergence de la monnaie (huitième chapitre) par un processus de sélection progressive du bien le plus échangeable.

Les fondements de l’approche autrichienne

L’ouvrage de Menger a ouvert la voie à l’analyse autrichienne de la production et du capital. Il est, en effet, impossible de bien comprendre les travaux d’Eugen von Böhm-Bawerk sur la théorie du capital et de l’intérêt ou ceux de Friedrich von Hayek sur les fluctuations économiques sans faire référence à l’analyse de la production proposée par Menger, dont la caractéristique tient à l’introduction du caractère ordonné dans le temps de la production des biens. Un bien est, pour Menger, caractérisé par sa place dans l’organisation temporelle et spatiale de l’ensemble de la production. Cette idée dépassera le seul cadre de l’école autrichienne. Les travaux de John R. Hicks (Capital and Time, 1973) seront également fortement marqués par l’introduction du temps dans l’analyse économique. John Hicks reconnaît d’ailleurs sa dette vis-à-vis de l’école autrichienne, en particulier vis-à-vis d’Eugen von Böhm-Bawerk, et consacrera un article à Carl Menger en 1951 dans l’Economic Journal.

On doit aussi à Menger l’introduction de l’approche subjectiviste en économie. Cette approche est fondée sur l’affirmation que les individus ont une connaissance spécifique de la relation qui existe entre leurs besoins et l’ensemble ordonné des biens. Ainsi, plutôt que d’étudier les comportements d’individus représentatifs, certains prolongements des thèses mengeriennes mettront l’accent sur le problème posé par la coordination des plans d’action d’individus hétérogènes. Les travaux de Friedrich von Hayek sur l’ordre spontané ou ceux d’Israel Kirzner (1992) sur les processus de marché sont directement inspirés de ce type d’approche.

Un autre apport de Menger, repris celui-là de façon beaucoup plus approfondie dans son ouvrage de 1883, porte sur l’émergence de la monnaie, conçue comme une institution organique, engendrée par les comportements des agents économiques, sans que ces derniers aient eu la volonté de la créer. Un individu, plus avisé que les autres, constate qu’il obtient une satisfaction plus grande en échangeant les biens qu’il possède contre des biens « plus échangeables » plutôt qu’en les échangeant contre des biens qui satisferaient immédiatement ses besoins (en raison notamment du temps nécessaire à la recherche des candidats à l’échange). Constatant ce supplément de satisfaction, les autres individus vont suivre et préféreront eux aussi échanger des biens plus échangeables plutôt que de réaliser des trocs bilatéraux. Un processus auto-renforçant s’enclenche : les biens plus échangeables sont plus échangés, jusqu’à faire émerger un bien échangeable contre tous les autres, c’est-à-dire un équivalent général, la monnaie. L’analyse schumpeterienne de l’existence de vagues d’entrepreneurs-innovateurs suivis par des imitateurs en est imprégnée. Un entrepreneur plus « malin » que les autres innove (nouveaux produits, nouveaux marchés, nouveaux procédés, etc.). Constatant son plus grand profit, les autres l’imitent. Cela enclenche un processus auto-renforçant identique au précédent, jusqu’à ce que tous les entrepreneurs utilisent le même produit, saturent le même marché, etc.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

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