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Comptabilité

De Wikiberal

En économie, la comptabilité est une discipline pratique consistant à gérer des données chiffrées permettant de refléter et de qualifier, pour un agent ou une entité, aussi bien l'ampleur de son activité économique que ses conséquences sur l'inventaire de son patrimoine :

  • la comptabilité d'entreprise recense des informations sur l'activité économique d'une entreprise ainsi que sur les éléments de son patrimoine ;
  • la comptabilité nationale est une représentation schématique et quantifiée de l'activité économique d'un pays ;
  • la comptabilité publique est le nom de la comptabilité que tiennent les administrations et les collectivités publiques d'un pays pour enregistrer leurs recettes et leurs dépenses.

L'importance de la pratique comptable dans le développement du capitalisme

L'importance de la comptabilité pour le capitalisme a été soulignée par des auteurs comme Werner Sombart, Max Weber et Ludwig von Mises. Son histoire fait l'objet de nombreuses recherches approfondies et de débats animés. L'émergence de la comptabilité à double entrée, sa persévérance dans le temps et ses évolutions raffinées, indiquent que cette pratique est devenue une institution.

Sophismes comptables

Une série de sophismes impliquant plus ou moins directement la comptabilité permettent de justifier les actions de l’État.

L'illusion comptable (liée au "sophisme comptable", expression créée par François-René Rideau) consiste à confondre valeur et dépense : "si cette dépense a été faite par l'État, c'est qu'elle en valait la peine" ; on affirme que la dépense est égale à la valeur de ce qu'elle a payé (cette illusion est un refus de tout raisonnement économique). Le sophisme comptable consiste ainsi à évaluer l'utilité de l'État et l'importance du "service public" et des biens publics qu'il produit uniquement à partir du montant d'impôts prélevés, un peu comme si l'impôt perçu par l’État équivalait au chiffre d'affaires d'une entreprise (alors qu'il en est radicalement différent, puisque obtenu sous la contrainte). Le sophisme comptable est une forme de sophisme matérialiste puisqu'il se limite à mesurer des montants sans évaluer le service rendu ni l'opinion que les personnes s'en font.

Au sophisme comptable, Georges Lane et François Guillaumat ajoutent également :

  • le sophisme anti-comptable, qui consiste à violer les règles de la comptabilité, soit en ne tenant pas compte de ce qu’on aurait pu faire d’autre avec la richesse volée (la vitre cassée de Frédéric Bastiat[1]), soit en violant les lois de l’arithmétique (Keynes et le multiplicateur keynésien, les plans de relance par la dépense ; "le meilleur moyen de s'enrichir est de s'endetter", la comptabilité de la SNCF française, qui comptabilise les subventions étatiques dans son chiffre d'affaires, et prétend ainsi dégager des bénéfices) ; voir aussi la loi de Bitur-Camember ;
  • le sophisme pseudo-comptable, qui consiste à appliquer les règles de la comptabilité (et donc à pratiquer le calcul économique) là où elles n'ont pas de sens : quand les prix ne sont pas établis par un libre marché[2], voire quand il n'y a pas de prix du tout (illusion de la gratuité).

Notes et références

  1. Par exemple, on comparera les frais des organismes de sécurité sociale avec ceux des assurances privées, pour en conclure que les uns sont inférieurs aux autres et affirmer ainsi la supériorité du "service public" (sans remarquer que le coût final pour l'usager est bien moindre avec une assurance privée, ni que la sécurité sociale étatique ne survit que grâce à la dette publique). De même, le calcul du PIB compte les dépenses de l’État comme une création de richesse !
  2. Par exemple, on comparera les prix administrés, imposés sous la contrainte, avec les prix du marché, pour affirmer la supériorité du "service public" qui peut pratiquer des prix plus bas que ceux du marché.

Bibliographie

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  • 1978, Basil Yamey, dir., "Essays on the history of accounting", New York: Arno Press, ISBN 0-405-10933-4
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  • 2006, Basil Yamey, "Duplicate Accounting Records: Historical Notes, Accounting", Business & Financial History, Vol 16, n°3, pp447-455

Voir aussi

Citations

  • « Quand on cesse de compter, c'est la peine des hommes que l'on cesse de compter. » (Charles Bettelheim, économiste marxiste)
  • « La comptabilité donne de l’information sur ce qui s’est passé, mais ne peut en aucune façon prédire ce qui arrivera. Quand une personne fait un choix, [elle] a toujours, et à jamais à choisir entre de multiples futurs. C’est pourquoi la morale et l’économie (et en fait, l’économie est la même chose que la moralité) n’est jamais concernée par les coûts comptables, mais plutôt, elle est toujours concernée par les coûts d’opportunité, c’est-à-dire, la différence attendue de résultat entre les diverses opportunités. Les coûts comptables sont non pertinents ; les seules personnes qui se soucient jamais des coûts comptables sont les fonctionnaires du fisc — autrement dit, les voleurs. » (Faré)

Liens externes

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