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Bitur-camember

De Wikiberal.

La loi de Bitur-Camember, énoncée par François-René Rideau, François Guillaumat et Georges Lane, est une loi logique qui établit que la redistribution politique détruit en tendance une richesse équivalente à celle qu'elle confisque. C'est une illustration de ce que la sagesse populaire admet depuis bien longtemps : "bien mal acquis ne profite jamais". Une formulation plus longue est la suivante :

Pour toute richesse volée et redistribuée par les hommes de l’État, une richesse équivalente devra être détournée de la production réelle pour être pseudo-investie dans la lutte pour ce butin, c'est-à-dire dans les démarches, l'intrigue, la propagande, la corruption et la violence nécessaires pour affronter la rivalité des autres prétendants : de sorte que la quasi-totalité des avantages de l'action politique doivent être dissipés en coûts subis pour les obtenir.

Sommaire

Origine de l'expression

Le sergent Bitur au sapeur Camember : « M'ferez quatre jours pour n'avoir pas creusé le deuxième trou assez grand pour pouvoir y mettre sa terre avec celle du premier trou. »

Elle met à contribution la bande dessinée créée par Christophe (de son vrai nom Georges Colomb, 1856-1945). Dans un épisode (On ne pense pas à tout), le sergent Bitur demande au sapeur Camember de boucher un trou à partir de la terre qu'il aura obtenue en creusant un premier trou qu'il devra boucher avec la terre d'un deuxième trou. Camember est puni pour "n'avoir pas creusé le deuxième trou assez grand pour pouvoir y mettre sa terre avec celle du premier trou". L'épisode illustre l'absurdité de l'autoritarisme qui édicte des tâches improductives. Il existe un conte de Nasr Eddin Hodja qui est similaire, mais qui se termine différemment :

- Très ingénieux, Nasr Eddin ! Mais dis-moi, la terre que tu auras retirée du deuxième trou, qu'en feras-tu ? La mettras-tu dans un troisième ?

- Allons, laisse-moi tranquille maintenant. Je n'ai pas le temps de t'expliquer mon plan dans tous les détails.

Tout comme creuser un trou, spolier quelqu'un par l'impôt ou les charges "sociales" coûte des efforts (ne serait-ce que parce que le spolié aura tendance à résister) ; à mesure que les spoliateurs et les profiteurs de la spoliation entrent en concurrence entre eux, cet "effort" devient de moins en moins payant pour chacun, et la somme des efforts consentis s'approchera progressivement de la valeur du butin extorqué. Le trou qui ne peut jamais être comblé symbolise l'injustice initiale de la spoliation, qui ne peut être effacée par aucune manipulation qui vise à la cacher.

Il y a donc, comme le disait Bastiat, "un profit contre deux pertes" : voler la richesse d'autrui et la redistribuer entraîne une perte en efforts pour l'obtenir ajoutée à la perte pour celui qui en a été spolié.

Vanité de la redistribution

Le montant d'argent à prendre aux riches serait insuffisant pour enrichir les pauvres. L'État prend donc d'une main au peuple et il redonne un peu moins à ce même peuple de l'autre main. Mais il y a pire. A cause des lois de l'incidence, les véritables bénéficiaires de la redistribution ne sont jamais ceux que l'État visait.

Pseudo-investissement

On parle de "pseudo-investissement" parce que la richesse convoitée n'est en réalité pas produite par l'effort politique et fiscal qui vise à s'en emparer (le "pseudo-investissement"), mais par un autre investissement, l'investissement véritable, celui de la victime de la spoliation, qui voit le fruit de son travail ou de son épargne ainsi perdu.

Les pseudo-investissements destinés à la distribution ont tendance à augmenter tant qu'ils sont rentables. L'État pseudo-investit dans la récupération d'impôts jusqu'au moment où le coût de son pseudo-investissement serait supérieur au montant des impôts perçus. Ces impôts perçus sont ensuite un butin que convoitent de nombreux bénéficiaires.

L'État pseudo-investit tant qu'un gain est possible. De même, les bénéficiaires pseudo-investissent tant que leur gain est possible. Tant que le coût du pseudo-investissement est inférieur au gain, le pseudo-investisseur pseudo-investira. Il s'ensuit que les pseudo-investissements sont proches du montant total des impôts.

Dispositifs de prédation

Les dispositifs de prélèvement étatique sont entretenus par une propagande financée par des subventions publiques. Ce sont les spectacles médiatiques qui entourent les actions de l'État. D'une manière plus générale, c'est la fabrication d'une illusion fiscale pour chacune des actions de prédation de l'État. Cette illusion fiscale passe souvent par des distributions économiquement nuisibles, mais qui donnent de l'État une image avantageuse.

Les dispositifs de prédation sont aussi des dispositifs légaux. Ce sont aussi des pressions diplomatiques sur des pays ayant une fiscalité différente. Ce sont les fonctionnaires qui gèrent les dispositifs, qui les adaptent.

Pseudo-investissement des receleurs

Le partage d'un butin entre les voleurs est une source d'incertitude et de coût. Le coût de distribution du butin est important. Plus le montant est grand, plus nombreux seront les prétendants à recevoir cet argent. Plus la compétition sera rude entre les bénéficiaires. Plus l'État devra consacrer des soins à consulter et à évaluer les choix qui lui sembleront les meilleurs. Plus chacun consacrera du temps pour influer sur des décisions de redistributions. Le personnel politique consacre tout son temps à tenter d'influencer la redistribution étatique.

Lobbies subventionnés

Les lobbies susceptibles d'influencer les décisions de l'État sont nombreux. Ils sont financés par l'État. Ils se répandent dans les journaux et animent les spectacles médiatiques pour donner l'illusion que le corps social tout entier, par le biais de ses prétendus "représentants", exprimerait un "débat démocratique". Ces lobbies sont les syndicats, les nombreuses associations diverses que l'État choisit d'écouter. L'État fabrique l'illusion d'être à l'écoute des citoyens en feignant d'écouter les divers lobbies. Le combat subventionné des lobbies est le plus souvent vain. Chaque prétendu débat "démocratique" se résume à une agitation dans un verre d'eau.

Pseudo-investissement des fonctionnaires

Le fonctionnaire s'engage dans une carrière dans laquelle il imagine servir le bien commun. La réalité est que son action est vouée à être, par nature, destructrice nette de valeur. le fonctionnaire vit d'argent volé, mais l'illusion fiscale est telle que la plupart jugent que l'argent venant de l'État serait propre, neutre, dépourvu d'envie lucrative.

Et, selon cette croyance étatique, l'argent provenant des agents économiques privés proviendraient d'une envie de lucre et donc dépourvu d'honnêteté intellectuelle. Bien sûr, ces préjugés sont faux : l'argent de l'État est de l'argent volé, et l'argent provenant de celui qui l'a honnêtement gagné est respectable. Cette interversion du Bien et du Mal est un succès populaire de la puissance de l'illusion fiscale.

Monopole, source d'illusion fiscale

L'État interdit la concurrence des activités de l'État. Cette interdiction est parfois, mais rarement, formelle. L'État surtaxe toute éventuelle concurrence. Ou bien l'État tue la concurrence en vendant des services à moindre coût.

Le but de ce monopole étatique est de donner l'illusion que l'État est généreux. C'est une des formes de l'illusion fiscale. L'État est ainsi le seul à fournir tant de services indispensables aux populations. Nombreux sont ceux qui se sentent redevables de l'apparente générosité de l'État envers eux. Ils cultivent alors un sentiment de gratitude envers leur prétendu bienfaiteur.

Valeur des services étatiques

La valeur d'un service ne peut être évaluée que par le jugement monétaire des usagers. Un usager d'un service mesure la valeur d'un service par l'argent qu'il est disposé à le payer. Il n'existe donc pas de preuve formelle qu'un service vendu gratuitement par l'État aurait une valeur non nulle. L'utilisation par un individu d'un tel service monopolistique ne prouve pas qu'il en obtient une satisfaction. Elle prouve seulement que son insatisfaction est moindre qu'en s'abstenant de l'utiliser.

Le service étatique interdit que des concurrents proposent des services mieux adaptés. Ces services étatiques monopolistiques détruisent une valeur égale aux services non rendus par l'inexistence d'entreprises concurrentes. Le monopole crée une destruction de richesse égale à la production qu'auraient eue des entreprises concurrentes.

Sous cet angle, tout monopole étatique est une source de destruction nette de richesses.

Destinataire de redistribution

Toute dépense de l'État est une redistribution. Le bénéficiaire d'une redistribution n'est pas celui que l'État avait souhaité qu'il soit. En effet, les lois de l'incidence montrent que toute subvention durable induit une modification des prix du marché. Celui qui reçoit la redistribution la repayera sous une autre forme à un autre agent économique. Un autre agent économique non prévu sera le véritable bénéficiaire de cette subvention.

Contre-investissement des victimes

L'État prélève aux victimes de la moitié de leur production. La plupart des victimes se comportent comme si ce prélèvement étatique était une spoliation, ou comme si elles ne consentaient pas à l’impôt qui les frappe. Elles réagissent à cette apparente spoliation qui les frappe. Elles travaillent alors moins et produisent donc moins. Elles réduisent ainsi les prélèvements de l'État. Cette réduction de travail est une perte sèche de création de richesse.

La victime investit alors son temps et son argent en tenant compte du prélèvement de l'Etat. Cette différence d'investissement traduit une perte de valeur pour la victime. Chaque échange enrichit le vendeur et l'acheteur. Certains agents économiques auraient gagné aux échanges avec une telle victime. Ils perdent ainsi une occasion de profit, de création de richesse.

Le gain d'un contre-investissement se mesure par la réduction des prélèvements dont l'investisseur aurait été victime. La victime investira dans des contre-investissements jusqu'à ce que son gain net soit optimal. Elle aurait investi autrement sans cette prédation. Le coût subit par la victime est ainsi le coût d'opportunité dont elle est privée par le prélèvement étatique.

Solde de la redistribution

L'État pseudo-investit pour obtenir le montant des impôts. Les bénéficiaires du butin pseudo-investissent pour en obtenir une partie. Les victimes subissent un coût du fait du prélèvement qu'elles subissent. Elles subissent un coût d’opportunité en tentant de réduire le montant de ce prélèvement. La somme de ces dépenses est égale, en tendance, au montant des impôts. Cette présentation de la loi de Bitur-Camember est différente de celle de l'auteur, François Guillaumat.

Voir aussi

Citations

  • Au fur et à mesure que le domaine de l’État s'étend, il devient plus profitable pour les entrepreneurs d'« acheter » le personnel politique plutôt que d'« acheter » leurs clients en leur offrant ce qu'ils demandent. (...) en intervenant dans la vie économique, de façon toujours de plus en plus étendue, l’État crée lui-même les conditions nécessaires à une manipulation croissante des lois du marché au profit de groupes d'intérêts particuliers. (Henri Lepage, Demain le capitalisme, 1978)
  • Une fois qu'une richesse peut être volée elle est soumise à toutes les lois de la spoliation légale : notamment, les ressources, une fois livrées à la décision politique, sont désormais l'objet de la rivalité des puissants, et ces puissants-là doivent se battre pour en obtenir leur part : en effet, il n'y a jamais de profit garanti, pas plus dans le domaine du vol que dans celui de la production. (Georges Lane et François Guillaumat, 2002)
  • Ce qui limite la spoliation, c'est rarement la résistance des spoliés ; c'est plutôt les pertes qu'elle inflige à tout le pays et qui retombent en partie sur les spoliateurs. (Vilfredo Pareto)

Liens externes

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