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Totalitarisme
De Wikiberal.
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| Le libéralisme est il viable face au totalitarisme ? (for) | |
En tout premier lieu, le totalitarisme repose essentiellement sur les deux principes suivants :
Le totalitarisme désigne un système politique dans lesquel l'Etat et la société sont considérés comme un tout indissociable. Le concept d'Etat totalitaire a été forgé par le théoricien du fascisme italien, Giovanni Gentile, qui écrivait les textes de Mussolini ayant un contenu théorique. L'Etat totalitaire doit prendre le contrôle de la société toute entière et de tous ses secteurs, jusqu'à faire disparaître celle-ci, englobée dans l'Etat, devenu "total".
Le gouvernement a donc toute légitimité pour faire tout ce qui concerne les relations sociales, c'est-à-dire en pratique contrôler la vie des individus, ne leur laissant aucune liberté individuelle et surtout aucune liberté d'expression, ni par conséquent de pensée.
Les régimes totalitaires apparaissent muni d'un « parti unique » qui contrôle l'Etat, qui lui-même contrôlerait la société et plus généralement tous les individus. D'un point de vue totalitaire, cette vision est erronée : il n'y a qu'un parti parce qu'il n'y a qu'un tout, qu'un seul pays, vouloir un autre parti c'est déjà de la trahison ou de la maladie mentale (schizophrénie : se croire plusieurs alors qu'on est un). Le totalitarisme tel qu'il est ainsi décrit par Hannah Arendt n'est pas tant un régime politique qu'une dynamique autodestructive reposant sur une dissolution des structures sociales et une terreur permanente. Edgar H. Schein montre comment le totalitarisme moderne utilise les techniques de brainwashing [lavage de cerveau].
L'identité sociale des individus laisse place au sentiment d'appartenance à une masse informe, sans valeur aux yeux du pouvoir, ni même à ses propres yeux. La dévotion au chef et à la nation devient le seul moyen d'exister d'une existence qui déborde au-delà de la forme individuelle pour un résultat allant du fanatisme psychotique à la neurasthénie.
Les sociétés totalitaires se distinguent par la promesse d'un « paradis », la "fin de l'histoire" ou la "pureté de la race" par exemple, et fédèrent la masse contre un "ennemi objectif". Celui-ci est autant extérieur qu'intérieur et sera susceptible de changer. Les sociétés totalitaires créent un mouvement perpétuel et paranoïaque de surveillance, de délation et de retournement. Les polices et les unités spéciales se multiplient et se concurrencent dans la plus grande confusion. Des purges régulières ordonnées par le chef de l'État, seul point fixe, donnent le tempo d'une société qui élimine par millions sa propre population, se nourrissant en quelque sorte de sa propre chair. Ce programme est appliqué jusqu'à l'absurde, les trains de déportés vers les camps de l'Allemagne Nazie restèrent toujours prioritaires sur les trains de ravitaillement du front alors même que l'armée Allemande perdait la guerre.
Le terme est souvent utilisé à tort pour désigner des régimes autoritaires de droite ou de gauche, ce qui est en toute rigueur impropre. Par exemple, on considère généralement que l'URSS déstalinisée ou les dictatures militaires d'Amérique du Sud n'étaient pas totalitaires car, bien que généralement impitoyables, en pratique elles ne cherchaient pas à contrôler toutes les facettes de l'activité humaine et n'entretenait pas cette dynamique de pouvoir autodestructive. Elles pouvaient s'accommoder d'une dissidence intellectuelle tant que leur pouvoir restait solide. Le régime totalitaire se caractérise par des moyens de terreur violents ou sophistiqués, un système de contrôle de la pensée et de flicage des citoyens, une société civile interdite et l'isolement de chaque individu.
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Voir aussi
Points de vue libéraux
Pour Hayek, le totalitarisme n'est pas un accident historique qui proviendrait uniquement de mauvais choix politiques. C'est la conséquence logique de l’ordre institutionnel imposé par la planification socialiste.
Pour Philippe Nemo, la Première République française (proclamée par la Convention nationale en 1792) est le premier régime totalitaire connu (entretien du 6/4/2007).
Bibliographie
- P.P. Portinaro, 2002, Il totalitarismo rivisitato, “Teoria politica”, XVIII, 2002, 1, pp. 107-122
Citations
- A propos de l'ouvrage " La 25ème heure " de Constantin Virgil Gheorghiu :
" Pourquoi la Vingt-cinquième heure, demandera-t-on ?
C'est celle qui vient après la dernière heure, celle - je cite textuellement - où même la venue d'un Messie ne résoudrait rien "parce qu'une société technocratisée ne peut créer de l'esprit et est par conséquent livrée aux monstres " .
- À la base de toutes les doctrines totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d'un esprit plus élevé que leurs sujets, qu'ils savent donc mieux qu'eux ce qui leur est profitable. Ludwig von Mises
- Il n'y a fondamentalement que deux manières de coordonner les activités économiques de millions de personnes. La première est la direction centralisée, qui implique l'usage de la coercition : c'est la technique de l'armée et de l'Etat totalitaire moderne. La seconde est la coopération volontaire des individus : c'est la technique du marché. Milton Friedman
- Le totalitarisme est bien autre chose que la simple bureaucratie. C'est la soumission totale de l'individu, dans le travail et dans le loisir, aux ordres des dirigeants et des fonctionnaires. Il réduit l'homme à n'être qu'un rouage dans un mécanisme de contrainte et de coercition qui embrasse tous les aspects de la vie individuelle. Il oblige l'individu à renoncer à toute activité que l'État n'approuve pas. Il transforme la société en une armée du travail admirablement disciplinée, disent les défenseurs du socialisme, en un bagne, répliquent ses adversaires. En tout cas, il rompt de façon radicale avec le mode de vie auquel les nations civilisées étaient traditionnellement attachées. Ludwig von Mises
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