Solidarité

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Sommaire

Définition

La solidarité a un sens très large, qui dépasse la notion d'entraide et d'assistance qui, en tant que devoir moral, fait le principal objet de cet article. La solidarité peut être décrite comme une dépendance mutuelle entre les êtres humains, due au besoin qu'ils ont les uns des autres, et d'où peut découler une responsabilité mutuelle. Cette communauté d'intérêt, sans nécessairement idée d'altruisme, et qui existe aussi chez les animaux, (voir par exemple Lessons from Geese), peut s'exprimer aussi bien dans le domaine associatif, mutualiste, que dans l'entreprise, les échanges économiques, la division du travail... Cet article se limite à ce qu'on appelle "solidarité" en politique.

Dans une économie de marché, les richesses produites sont en un premier temps réparties entre les différents agents - on parle alors de répartition primaire - , sous forme, par exemple, de profits ou de salaires. Une logique de redistribution peut par la suite être mise en oeuvre afin de venir en aide aux individus exclus de cet effort productif.

Pour les libéraux, la solidarité, telle qu'elle est mise en oeuvre de nos jours, est une vaste supercherie politique.

Le système actuel de solidarité est instauré par la contrainte étatique, en d'autres termes, par la force (l'Etat ne connaît que la solidarité forcée, qui est à la vraie solidarité ce que le viol est à l'amour). Les individus sont obligés d'y souscrire, ce qui va à l'encontre des principes libéraux fondamentaux que sont la liberté, la propriété et la non-agression, définitivement établis par la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.

Discussions sur le forum
Libéralisme Et Solidarité, (for)

A qui profite la solidarité ?

La solidarité - qui prétend pourtant conduire à une redistribution des richesses - ne profite pas exclusivement aux pauvres, loin s'en faut. Les entreprises tentent, via les subventions versées par l'Etat, de récupérer ce qui leur est pris sous forme d'impôts ; les riches, majoritaires à fréquenter les lieux culturels - théâtres par exemple - ainsi que les universités, profitent eux aussi du système au moyen des aides et des diverses subventions versées par l'Etat aux organismes suscités. L'observation du monde politique et des résultats sur le terrain montre qu'en réalité, tout le monde tente de s'enrichir aux dépens de tout le monde ; l'ensemble sous l'égide des hommes politiques et de certains fonctionnaires - payés avec des impôts prélevés sur les citoyens -, les hommes politiques se chargeant de justifier ces activités par des prétextes tels que "la lutte contre la pauvreté" ou encore "la justice sociale" alors qu'en réalité le jeu qu'ils défendent est tout à fait différent de ce que proposent les associations constituées volontairement qui, elles, aident vraiment les plus démunis d'entre nous, sans fanfare ni trompette.

La solidarité comme prétexte à l'étatisme

La solidarité est pour les étatistes le prétexte idéal pour instaurer réglementations, impôts, cotisations sociales, lois liberticides, faux droits, etc, et augmenter tant que faire se peut l'emprise de l'Etat sur les "administrés" et les "assujettis". Celui qui proteste est alors montré du doigt comme un déviant : il est "contre la solidarité". Dans une société "normale", la solidarité ne concerne qu'une très petite partie de la population (personnes en difficulté temporaire, handicapés) et peut être prise en charge soit par des associations, soit par des mécanismes d'assurance classiques (assurance maladie, chômage, etc.), soit directement par les familles concernées. Dans une société fortement étatisée (socialiste ou social-démocrate), les besoins de solidarité, de par l'appauvrissement général causé par l'Etat, sont tellement immenses que la seule solution est de faire appel à nouveau à l'Etat, qui est pourtant la cause-même du problème. La solidarité privée disparaît pour laisser place à l'assistanat étatique.

Au delà du fait que la "solidarité" étatique soit moralement condamnable malgré les vertus dont elle se pare, elle est par ailleurs contre-productive et inefficace. La solidarité telle qu'elle est mise en oeuvre décourage les sources de richesse : le travail, en taxant les travailleurs et en subventionnant ceux qui ne travaillent pas, et l'épargne, puisque plus on est riche plus on est taxé. Les agents économiques - individus mais aussi entreprises - sont plus tentés par la possibilité de s'enrichir sur le dos des autres en captant telle ou telle subvention à leur profit plutôt que de s'associer entre individus et d'innover pour produire de nouvelles richesses. La solidarité étatique sonne donc la fin de la civilisation.

Solution libérale

La solution libérale est l'abolition des systèmes de "solidarité" étatique. Seuls les actes de charité volontaire peuvent être considérés comme étant solidaires. De manière générale, si aujourd'hui les citoyens sont honnêtement attachés à la lutte contre la pauvreté, la situation n'a pas raison de changer dans une société libérale ; les hommes, responsabilisés, ont la possibilité et la capacité de s'organiser volontairement sous forme de mutuelles - comme c'est d'ores et déjà le cas - ainsi que sous forme d'associations d'aides aux plus démunis, dont la plupart sont d'essence privée. Les problèmes liés à la nature d'un système public sont alors éliminés ; le système étant privé, il est impossible de tenter de s'enrichir aux dépens des autres individus ; par ailleurs, l'organisation est alors beaucoup plus flexible et efficace à la différence d'un système étatisé - puisque responsabilisé. Se reposer sur l'Etat pour combattre la pauvreté est une façon d'évacuer le sujet en le confiant à l'organisation qui a le moins intérêt à cela. La pratique montre que les pays les moins étatisés sont aussi ceux où les fondations et les associations d'assistance sont les plus développées.

Objections courantes

La solidarité est impossible sans l'État

Une objection courante (que font fréquemment les collectivistes) est que l'État est nécessaire pour pourvoir à la solidarité : la solidarité non obligatoire se traduirait toujours par une non responsabilité des uns envers les autres.

Les libéraux expliquent que la solidarité ne se décrète pas, elle ne peut être que volontaire, sinon toujours spontanée. Tant que l'État ne s'est pas mêlé de décréter la solidarité, celle-ci ne s'est absolument pas traduite par une "non responsabilité". Pendant des millénaires, les solidarités familiales, paroissiales, locales, les aumônes, les dons, les fondations des riches (comme des pauvres d'ailleurs) ont permis d'assurer, dans les meilleures conditions possibles compte tenu de l'état des connaissances et des techniques, le soin des malades, la vieillesse de ceux qui y parvenaient, l'éducation des enfants. En France, la Révolution française n'a pas nationalisé tout cela, elle l'a purement et simplement détruit en confisquant les biens dont les revenus permettaient de l'assurer ; d'où un siècle de grande misère des pauvres, d'autant que cent quinze ans plus tard, l'État a de nouveau confisqué les biens d'un grand nombre d'oeuvres caritatives, sous prétexte de laïcité. Puis ce fut l'apparition et la croissance continue de l'État-providence". Mais "l'État-providence", ce n'est pas la solidarité : c'est l'impôt, sous un nom ou un autre. Et cela décourage la solidarité : à quoi bon donner, puisque d'une part l'État y pourvoit (par l'impôt) et que d'autre part, quand l'État constate que la solidarité a fourni de l'argent pour une bonne cause, il diminue d'autant sa contribution ?

L'État n'est pas une condition nécessaire (ni suffisante) à l'exercice de la solidarité, celle-ci existerait même en l'absence de l'Etat, qui ne fait que la confisquer à son profit.

La solidarité doit être rendue obligatoire, pour des raisons morales

Cet argument, qui appelle l'éthique à la rescousse, est sans valeur : il n'est pas moral de forcer les personnes à être "solidaires", pas plus qu'il n'est moral de donner à un pauvre le produit d'un vol. La solidarité forcée, résultant d'un acte de coercition, ne peut se prévaloir d'une quelconque vertu. Elle est hypocrite, car elle prétend être généreuse en distribuant le bien d'autrui, en considérant comme égoïste celui qui refuse de se faire prendre ce qu'il a produit. Celui qui est contraint de contribuer le fait sans conviction, celui qui en bénéficie reçoit ce "don" sans reconnaissance, comme un dû. La solidarité étatique, loin de toute prétention éthique, dépouille les uns du fruit de leur travail et installe les autres dans l'assistanat. Elle a aussi pour résultat d'instaurer deux classes distinctes : celle des contributeurs nets, et celle des bénéficiaires nets, d'où une nouvelle forme de lutte des classes qu'elle entretient.

Citations

  • Il m'est tout à fait impossible de séparer le mot fraternité du mot volontaire. Il m'est tout à fait impossible de concevoir la Fraternité légalement forcée, sans que la Liberté soit légalement détruite, et la Justice légalement foulée aux pieds.
(Frédéric Bastiat)
  • La solidarité obligatoire, par mesure coercitive, est une régression morale (...) elle aboutit à remplacer le sentiment de la solidarité par deux autres sentiments : celui de la spoliation pour ceux qui veulent profiter du bien des autres; celui de la révolte et de la dissimulation pour ceux qui sont menacés d'être dépouillés.
(Yves Guyot)
  • A notre époque, il faut être "solidaire". Il y a une rage vraiment comique d'user de ce terme (...) En France, tout discours officiel doit renfermer une ou plusieurs fois le terme de "solidarité"".
(Vilfredo Pareto, Les systèmes socialistes, 1903)
  • Etant donné l'état actuel des choses, je ne crois pas que les progrès du socialisme d'État puissent s'arrêter. Si vous relisez Taine, vous serez frappé de l'analogie entre l'état d'esprit des classes dirigeantes, à la fin du XVIIIè siècle, et leur état d'esprit présent. Ces classes sont en train de se suicider maintenant comme elles se suicidèrent alors. C'est une immense veulerie de gens qui savent, à n'en point douter, qu'on veut les dépouiller et qui, au lieu de résister, chantent les louanges de la "solidarité", de la "morale sociale", qui est à proprement parler l'injustice et l'iniquité. Tous ces beaux discours ne les empêchent pas, d'ailleurs, de donner le mauvais exemple et de tâcher de spolier ceux qui, un jour, les spolieront à leur tour.
(Vilfredo Pareto)
  • De même qu'on ne saurait parler de morale devant les pièces solidaires d'une mécani­que, il n'y a pas de place pour la morale dans la solidarité forcée sociale-démocrate. La morale se situe dans l'engagement personnel, et la solidarité s'y appelle alors amour et charité.
(Christian Michel)
  • L’homme de gauche n’annonce la société solidaire que comme la prostituée promet l’amour. L’un et l’autre ne peuvent offrir que des simulacres (ivresse passagère et frustration). Ils instaurent le règne du faire-semblant, de la pornographie généralisée.
(Christian Michel, Le Socialisme, pornographie de la Solidarité)
  • La solidarité des démocrates-sociaux, c’est le vol. Il n’y a aucune solidarité entre le voleur et le volé, ne serait-ce que parce que si le voleur a besoin du volé, le volé, lui, n’a pas besoin de son voleur.
(François Guillaumat)
  • Les hommes de l'Etat, pour dépouiller les autres avec des airs arrogants de vertu outragée, ont perverti la charité et la générosité en altruisme collectiviste. Leurs vols, ils les appellent « humanisme », « solidarité » ou « justice sociale ».
(François Guillaumat)
  • La solidarité est une belle idée lorsqu'elle relève de l'initiative d'individus libres, elle engendre ce que Mises appelait le destructionisme lorsqu'elle devient obligatoire. Pauvreté, pénurie et effondrement moral, voilà la "solidarité".
(Marc Grunert)
  • Seul celui qui est responsable de soi est vraiment solidaire des autres.
(Alain Laurent)
  • La solidarité, c’est tout mettre en oeuvre pour ne pas être à la charge des autres.
(Jean-Louis Caccomo)
  • SOLIDARITE : se dit du processus par lequel un groupe de pression contrôlant tout ou partie de l'appareil d'Etat parvient à extorquer des ressources du reste de la société, pour son propre profit.
(Dictionnaire de Novlangue de Zek)
  • Celui qui est contraint de se montrer solidaire en devant constamment s'acquitter d'impôts, de redevances et de taxes croissants, ne deviendra sans doute pas plus social, mais de plus en plus rebelle et égoïste. Ce n'est pas par hasard que dans les pays de l'Est communistes avec leur prétendue «justice sociale», on trouvait un égoïsme individuel difficilement égalable. Ce n'est pas non plus par hasard si, dans les sociétés plus ou moins libérales, les dons récoltés pour des œuvres de charité sont les plus abondants.
(Christoph Blocher)
  • On ne peut qu’être frappé par l’importance de la générosité privée dans des pays libéraux comme les Etats-Unis. On l’a un peu oublié en Europe, à cause de l’Etat providence. On y devient égoïste, parce que c’est à l’Etat de s’en occuper et qu’on paie suffisamment d’impôts pour cela... L’Etat détruit tout, même les sentiments altruistes.
(Pascal Salin)

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