Pour contribuer à Wikibéral, la page Ouvrir un compte est à votre disposition.


Étalon-or

De Wikiberal

L’étalon-or (Gold Standard) est un système monétaire dans lequel l'étalon monétaire correspond à un poids fixe d'or, fixé ordinairement par une banque centrale.

Dans ce système, toute émission de monnaie se fait avec une contrepartie et une garantie d'échange en or. Les parités de deux monnaies différentes sont donc fixées par rapport à l'or, et les taux de change sont stables entre pays participants. L'or constitue une monnaie internationale, qui sert au règlement des échanges et comme instrument de réserve pour les banques centrales des pays ayant adopté le système.

Gold-coins.jpg

Sommaire

Pourquoi l'étalon-or ?

Illustrant le théorème de régression de Mises, l'or a servi de monnaie pendant des millénaires, et l'étalon-or a été en vigueur dans tous les pays développés jusqu'en 1914, date à laquelle il est abandonné en faveur d'un système plus souple (le change-or) jusqu'en 1971 et son abandon total (changes flottants) : comme l'explique Antal E. Fekete, on a remplacé une "valeur positive" (les métaux) par une "valeur négative" (la dette).

Le système de l'étalon-or permet de mieux résister à l'expansion du crédit et de la dette publique. Au contraire d'une monnaie fiduciaire, une monnaie à contrepartie en or ne peut pas être émise arbitrairement par un État : elle empêche l'inflation par dévaluation et lève en théorie toute incertitude sur la pérennité de la monnaie, ce qui permet à l'autorité monétaire d'avoir un crédit sain, et de prêter plus facilement :

« Les promoteurs du retour à l'étalon-or ont le mérite de nous sensibiliser sur un point : les monnaies actuellement en circulation n'ayant pas de valeur intrinsèque, quelle garantie y a-t-il que les titres de dette libellés dans ces monnaies puissent être remboursés en quelque chose qui ait de la valeur ? Aucune. Dans le cas d'une monnaie fiduciaire, le gouvernement a simplement décrété que "cet argent est un moyen d'échange légal, qui a la valeur que nous affirmons qu'il a". La valeur des monnaies fiduciaires ne repose que sur la confiance »
    — Myret Zaki, La fin du dollar (Favre, 2011)

L'école autrichienne d'économie est favorable à l'étalon-or. Elle met en garde quant aux conséquences dramatiques de son abandon au XXe siècle :

« Maintenant que cette discipline a été brisée, je ne vois aucun espoir de la restaurer. Pour cette raison, à moins de changements radicaux, la perspective qui est devant nous est celle d'une inflation indéfiniment accélérée, aggravée par le contrôle des prix, suivie d'un effondrement rapide du marché, des institutions démocratiques, et finalement de la civilisation telle que nous la connaissons. »
    — Friedrich Hayek, Toward Free Money Market, WSJ, 19 août 1977

Cette constatation conduit cependant Hayek à préconiser des monnaies privées comme un moindre mal.

L'économiste français Jacques Rueff lance le même type d'avertissement après l'abandon de l'étalon-or :

« On croirait, en observant l'évolution du système monétaire international, que l'Occident s'applique à mettre en œuvre le conseil de Lénine, suivant lequel : « Pour détruire le régime bourgeois, il suffit de corrompre sa monnaie. » Comment admettre que pareille faute soit commise principalement par le pays qui a voué tant d'efforts et tant de soins à préserver, pour lui et pour les autres, le régime de la libre entreprise et qui a consacré tant de sang à sauvegarder dans le monde la liberté. Puissions-nous, avant qu'il soit trop tard, rendre aux mécanismes monétaires les tâches que les faibles mains et l'esprit vacillant des hommes ne sont pas, dans l'état actuel des choses, en mesure d'assumer. »
    — Le péché monétaire de l'Occident (1971)

Pourquoi l'abandon de l'étalon-or ?

Alors que l'étalon-or au XIXe siècle avait accompagné une prospérité croissante sans crise financière ni monétaire notable, au XXe siècle les États ont progressivement abandonné l’étalon-or, incapables de respecter une discipline monétaire incompatible avec la démagogie redistributrice de la social-démocratie ainsi que les "investissements dans la destruction" des deux guerres mondiales :

« Si les pays en guerre lors de la Première et Seconde Guerre mondiale n’avait pas abandonné l’étalon-or, la Première Guerre mondiale n’aurait pas duré plus de six mois, car les pays en guerre auraient épuisé tout leur or… Je soutiens que la Première Guerre mondiale a duré aussi longtemps parce l’étalon-or a été abandonné. Le financement du déficit a permis à la guerre de durer plus de quatre ans, de détruire l’économie, un patrimoine culturel riche et surtout de tuer des millions de jeunes soldats et de gens innocents. »
    — Ferdinand Lips

Après la première guerre mondiale, les États-Unis restent le seul pays dont la monnaie est convertible en or (conférence de Gênes de 1922). France et Grande-Bretagne rétablissent la convertibilité, mais la suspendent ensuite (1931 : la Grande-Bretagne ne conserve l'étalon-or que pour les échanges extérieurs ; 1937 : la France abandonne à son tour l'étalon-or).

Aux États-Unis, en 1933, Roosevelt interdit aux particuliers de détenir de l'or. L'étalon de change-or définit la convertibilité des monnaies en dollar (le dollar étant la seule monnaie convertible en or). La réunion de juillet 1944 à Bretton-Woods renforce les accords de Gênes de 1922 et l'étalon de change-or : le cartel de banques centrales crée une institution monétaire, le FMI, organisme chargé d'éviter les "dévaluations compétitives" en venant en aide aux États en difficulté (dont la balance des paiements est en déficit) à seule fin de maintenir le taux de change. Les États-Unis sont chargés de maintenir la parité décidée en 1934 (35 dollars l'once). A cette époque, Jacques Rueff critique l'étalon de change-or et préconise le retour à l'étalon-or.

Durant les années 1960, le déficit de la balance des paiements des États-Unis s'accélère. En 1968, il y a dédoublement du marché de l'or : un marché officiel réservé aux institutions internationales (où l'or vaut toujours 35 dollars l'once) et un marché libre pour le privé (où l'or vaut davantage). Cela contribue à créer de fortes distorsions sur le prix de l'or. La France demande aux États-Unis le remboursement de dollars en or, la Grande-Bretagne s'apprête à faire de même pour de grosses quantités en 1971.

Le 15 août 1971, les États-Unis étant incapables de tenir leurs engagements, Nixon suspend la convertibilité extérieure du dollar en or (la dernière fois où cela s'était produit fut pendant une courte période en 1933). Une taxe sur les importations de 15 % est instaurée. Les accords de Washington de 1971 élargissent les marges de fluctuation des monnaies à 2,2 %. En Europe, le serpent monétaire européen essaie de maintenir des parités fixes entre devises européennes avec des marges de fluctuation de 0,75 % ; un système compliqué de "montants compensatoires" compense ces fluctuations pour les prix des produits agricoles. En mars 1972, le dollar est de nouveau dévalué, le prix officiel de l'or passant à 42 dollars l'once, puis le dollar devient officiellement inconvertible. Le double marché de l'or est abandonné. L'étalon de change-or a disparu, et une période de forte inflation démarre.

Allemagne et Japon ont à cette époque, dans les années 1970, des monnaies échangeables en-dehors de leurs frontières, et qui rendent possibles des emprunts dans ces monnaies (marché libre des euro-monnaies). La communauté économique européenne s'élargit à de nouveaux membres. L'or passe de 42 dollars l'once à 800 dollars en 1980. Sous Ronald Reagan, les taux d'intérêt sont relevés, ce qui met un terme à l'inflation mondiale liée au dollar. La concurrence entre monnaies s'avère être un moyen efficace de réduire l'inflation, jusqu'à l'instauration de la "monnaie unique", l'euro, qui fige définitivement les taux de change, sans pour autant brider l'endettement continuel des états.

La cause profonde de l'abandon de l'étalon-or, pour les économistes autrichiens, est le monopole d'émission de la monnaie, générateur de crises de change, couplé à la dépense étatique débridée ; ces causes sont incompatibles avec la discipline qu'impose l'étalon-or. Les mêmes causes expliquent d'ailleurs les crises continuelles des monnaies étatiques, dollar ou euro.

Alan Greenspan reconnaît que l'étalon-or est incompatible avec l'endettement étatique et l'État-providence :

« J'ai toujours nourri de la nostalgie pour la stabilité des prix inhérente à l'étalon-or ; une monnaie stable en était le premier objectif. Mais j'ai depuis longtemps admis que l'étalon-or ne s'accommode pas aisément de l'idée courante sur la fonction d'un gouvernement, notamment le devoir d'assurer un système de sécurité sociale (social safety net). […] La plupart des Américains ont toléré l'inflation comme le prix à payer pour avoir un État-providence moderne. Il n'existe plus aujourd'hui de partisans de l'étalon-or, et je ne vois guère de possibilité qu'il revienne. »
    — Alan Greenspan, Le Temps des turbulences, J-C Lattès, 2007

Les objections courantes à l'encontre de l'étalon-or

  • L'or est difficile à transporter, et l'on n’imagine pas des bateaux chargés d'or traversant les océans : c'est confondre un bien avec le titre de propriété qui le représente. Doit-on transporter les maisons lorsqu'on les achète ? Avec l'étalon-or, la monnaie-papier subsiste, mais elle est gagée sur le métal précieux.
  • On n'imagine pas de faire ses courses avec des pièces d'or : même réponse que ci-dessus. L'étalon-or n'implique pas forcément que toutes les pièces soient en or.
  • La quantité d'or existante n'est pas suffisante pour servir de monnaie : en fait, cette quantité est quelque chose de purement conventionnel, et n'importe quelle « quantité » de monnaie suffit toujours à tous les échanges possibles (Ludwig von Mises : « la quantité de monnaie disponible dans l'économie est toujours suffisante pour permettre à chacun tout ce que la monnaie fait et peut faire »). Il n'y a pas besoin d'une énorme quantité d'or pour établir un étalon-or, il suffit que le "prix" de l'or s'établisse en conséquence :
« L'étalon-or économise l'or. Dire qu'il n'y a pas assez d'or est une incompréhension complète. Ce n'est pas une question de quantité, mais de prix. »
    — Philippe Simonnot, le 25 octobre 2012, sur ReichmanTV
« Le meilleur des mondes, c'est celui où il y a une quantité de monnaie stable. Il n'est pas nécessaire dans une société quelconque de créer de la monnaie. À partir du moment où une certaine quantité de monnaie existe, il n'est pas nécessaire d'en créer. La quantité de monnaie existante peut satisfaire indéfiniment, pour l'éternité, les besoins monétaires : elle prend de la valeur, et le prix des biens diminue tandis que la valeur de la monnaie augmente. Tout le monde croit qu'il est nécessaire de créer de la monnaie et d'avoir une banque centrale. Pourquoi ? Parce que implicitement on fait le raisonnement que la création de la monnaie c'est la création de crédit, et la création d'investissements. »
    — Pascal Salin
De plus, d'autres monnaies peuvent très bien coexister avec l'or. Un fait souvent ignoré du profane est que la création monétaire n'est pas nécessaire, pas plus qu'est nécessaire une banque centrale (dont c'est en fait la mission principale).
  • La découverte de nouvelles mines d'or risque de générer de l'inflation : la monnaie papier étant extensible à volonté, c'est bien à son propos qu’on peut avoir de telles inquiétudes – et l'Histoire montre qu'on a bien raison d'être inquiet. La production mondiale annuelle d’or est connue (environ 2500 tonnes) et a peu de chances d'évoluer sensiblement (certains spécialistes affirment même que le "pic de l'or" a été atteint et dépassé). Le stock d'or existant serait d'environ 170.000 tonnes[1].
  • L’or est aussi une matière première utilisée dans l’industrie : ce n’est pas un inconvénient, mais un avantage, car c’est une assurance de plus contre la baisse de son pouvoir d'achat.
  • On ne sait pas comment fixer le prix de l'or en Euro ou en Dollar : l’or est coté en continu sur les marchés financiers.
  • L'or est stérile, c'est un placement qui ne rapporte rien : on ne s'intéresse pas à l'or comme placement spéculatif, mais comme réserve de valeur et moyen d'échange universel, ce qui est le rôle d'une monnaie ; dans ce rôle, en remontant sur des millénaires, l'or est historiquement imbattable (on peut montrer que la même quantité d'or qu'il y a 2000 ans suffit aujourd'hui à se nourrir quotidiennement ou à s'habiller).
  • L'étalon-or a un effet déflationniste à cause de la rigidité excessive de la masse monétaire : cet effet (qui résulte en réalité du monopole monétaire et de l'unicité du valorimètre) n'empêche pas la croissance, l'histoire du régime de l’étalon-or au XIXe siècle le montre amplement. La déflation accroît le pouvoir d'achat, ce qui est une bonne chose pour les individus. Elle n'est certes pas « politiquement intéressante » ni « politiquement vendable » car elle rend la dette publique plus lourde et empêche la spoliation des créanciers par l'inflation. Par ailleurs, dans un système de banque libre et de monnaie privée, il n'y a aucune raison que l'or soit le seul étalon : sa mise en concurrence avec d'autres étalons diminuerait l'effet déflationniste potentiel.
  • L'étalon-or n'empêche pas la dévaluation de la monnaie (ainsi le dollar valait 1/20 d'once d'or au XIXe siècle jusqu'au début du XXe siècle, puis 1/35 à partir de 1934) : une monnaie qui repose sur l'or peut en effet être dévaluée, mais l'or sous-jacent garde toute sa valeur (en fait augmentée par rapport à la monnaie dévaluée). La dévaluation est une tromperie qui découle de mauvaises politiques.
  • Pourquoi les banquiers, les gouvernements et les médias semblent-ils opposés à l'or ? : parce que le papier monnaie et le jeu des réserves fractionnaires permet à une petite élite de s’enrichir au détriment du reste de la population et de la classe moyenne.
  • D'après la loi de Gresham (« la mauvaise monnaie chasse la bonne »), on ne peut instaurer durablement de monnaie « or », car cette dernière serait vite appelée à disparaître en raison de la thésaurisation qui en serait faite : la loi de Gresham n'est vérifiée que lorsque l'État impose un cours forcé ("vous devez utiliser la mauvaise monnaie que nous fabriquons") ; dans un système de monnaies privées ou à cours libre, c'est au contraire la bonne monnaie qui chasse la mauvaise (davantage encore dans les situations de forte inflation), de même que sur n'importe quel marché libre un "mauvais produit" n'a en général aucun succès durable.
  • Imposer l'étalon-or revient à instaurer un monopole monétaire : certes ! La monnaie privée est la vraie solution libérale (avec cependant la possibilité de voir apparaître un monopole de fait parce qu'une des monnaies apparaît comme la meilleure). Cependant, dans la situation actuelle de monopoles monétaires, l'étalon-or est la moins mauvaise des solutions, puisqu'il empêche la création monétaire illimitée et encourage la concurrence des monnaies nationales entre elles, "ancrées" à une convertibilité fixe. De plus, même avec des monnaies privées en concurrence, l'expérience historique (et la loi de Gresham inversée) laisse suggérer qu'une convergence s'établirait rapidement vers des monnaies qui reposeraient toutes sur l'or.
  • L'étalon-or a été la cause de crises monétaires et économiques par le passé : cette assertion revient à affirmer que le thermomètre doit être supprimé parce qu'il est la cause du mauvais temps ! L'étalon-or peut être le révélateur d'une mauvaise gestion, d'un endettement excessif, ou d'une mauvaise politique économique ; le réflexe du politicien sera hélas davantage de « mettre à mort le messager » qu'est l'étalon-or plutôt que de rectifier le tir.

Retour à l'étalon-or au XXIe siècle ?

  • Plusieurs hommes politiques américains (Herman Cain, Newt Gingrich, et surtout Ron Paul) sont favorables au retour à l'étalon-or aux États-Unis ; le Gata (Gold Anti-Trust Action Committee), groupe de pression qui milite pour la fin de la manipulation des cours de l'or, va également dans ce sens ;
  • L'état de l'Utah a légalisé en 2011 l'emploi de l'or et de l'argent pour les transactions financières courantes[2] ; plusieurs autres états (Michigan, Minnesota, Caroline du Nord, Idaho) ont des lois similaires en préparation[3] ;
  • La pièce d’or « Khalifa » est depuis le 15 août 2011 une nouvelle monnaie courante et légale à Dubaï ;
  • Certaines personnalités politiques, en France, évoquent occasionnellement un retour possible à l'étalon-or (Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan)
  • En 2001, le Premier ministre de Malaisie, Mahathir bin Mohamad, a proposé une nouvelle monnaie pour le commerce international entre nations musulmanes : le dinar-or islamique (دينار إسلامي ذهبي), défini comme 4,25 grammes d'or pur (cette monnaie n'a pas réussi à s'imposer) ; cependant, le Kelantan, état de Malaisie, a lancé une monnaie-or en 2010[4][5] ;
  • En Suisse, une association franc-or, soutenue par plusieurs économistes (comme Peter Bernholz), milite pour l'instauration d'un franc-or officiel sur la base de 1 franc-or = 0,1 g d'or, ce qui implique la modification de l'article 99 de la Constitution de la Suisse. Il ne s'agit pas exactement d'un retour à un étalon-or, mais de donner le choix aux gens entre deux types de monnaie aux caractéristiques bien différentes, la monnaie-or étant une meilleure protection contre l'inflation (inversion de la loi de Gresham). Ce franc-or serait frappé par des banques privées, et non la banque centrale. Une initiative populaire fédérale (demande écrite réunissant 100 000 citoyens) est prévue à ce sujet : Initiative parlementaire 11.407 "Institution d'un franc-or".
  • En 2012, la Chine et d'autres pays Asiatiques et du Moyen-Orient ont décidé d'utiliser l'or pour le règlement de leurs achats massifs à l’international (pétrole), plutôt que le système de virement SWIFT[6][7].
  • Certains analystes, comme Simone Wapler, évoquent la possibilité pour la Chine d'arrimer sa monnaie à l'or une fois qu'elle aurait amassée un stock suffisant de métal. Une telle éventualité aurait évidemment d'immenses répercussions dans le système monétaire mondial.

D'après Philippe Simonnot[8], n'importe quel pays peut très facilement revenir à l'étalon-or : il suffit de supprimer le cours légal de la monnaie fiduciaire (cours légal qui est toujours lié à l'existence d'une mauvaise monnaie, dont il faut forcer l'usage) et de lever la taxation relative à l'or ; la banque centrale devrait également vendre son stock d'or. Il n'y a pas besoin de supprimer autoritairement la monnaie en cours, car une monnaie-or peut très bien coexister avec une monnaie fiat dans le même pays[9].

Dans The Case for a 100 Percent Gold Dollar, Murray Rothbard propose de revenir à une monnaie basée à 100 % sur l'or. Les monnaies redeviendraient des mesures de quantité d'or, et non de simples dénominations ne recouvrant aucune réalité.

Pascal Salin rappelle que dans le passé l'étalon-or reposait sur un engagement contractuel des banques, engagement qui a disparu quand la garantie de convertibilité est passée à la banque centrale monopolistique. Le point crucial n'est pas le retour à l'étalon-or, c'est de savoir qui donne la garantie et qui émet la monnaie, et dans ce cadre seule la concurrence et la liberté monétaire donnent la réponse.

Ron Paul, dans son projet de loi Free Competition in Currency Act of 2011 (HR098), propose d’abroger les lois Legal Tender (imposant l’utilisation des dollars dans les transactions) et de permettre aux citoyens de choisir la monnaie privée qu'ils souhaitent sur le marché libre, en concurrence avec les billets de la FED :

« Ce projet de loi élimine trois des principaux obstacles à la circulation d’une monnaie saine : les lois fédérales qui forcent l’acceptation de la monnaie de la réserve fédérale, les lois contre la contrefaçon qui n’ont pas d’autre but que d’empêcher la création de monnaie privée, et l’impôt qui pénalise l’utilisation de l’or et de l’argent comme monnaie. »

Antal E. Fekete prédit un retour à l'étalon-or, une fois que seront oubliées les « foutaises de Keynes et de Friedman ». Historiquement, on connaît le cas de la Grande-Bretagne au début du XIXe siècle[10], qui revint à l'étalon-or après une politique "keynésienne avant l'heure" particulièrement désastreuse.

Steve Hanke indique comment pourrait être créée une caisse d'émission, publique ou privée, indépendante et basée sur l'or, qui siègerait en Suisse et fournirait une monnaie convertible en or et indépendante du gouvernement concerné (États-Unis dans le cas qui l'intéresse)[11].

En revanche, Nigel Farage[12] considère que le retour à l'étalon-or n'aurait pas que des avantages, puisqu'il implique le retour à une parité fixe, exactement comme avec l'euro.

Références

  1. D'après How Much Gold Stock is There Really?. Le chiffre de 170.000 tonnes peut paraître impressionnant, mais cela correspond à un cube d'or massif d'environ 20 m de côté seulement…
  2. Utah to make gold legal currency
  3. Utah is first state to legalize gold and silver coins
  4. «La Suisse doit lancer l’après-dollar en créant un franc or»
  5. Kelantan ‘gold dinar’ turns currency in Malaysia
  6. Le retour de l’or comme monnaie
  7. Les Iraniens vendraient-ils leur gaz contre un actif en pleine bulle ?
  8. L’euro est une fausse monnaie, c’est pour cela qu’elle est en crise
  9. The Coexistence of Commodity Money and Fiat Money (Olivier Ledoit and Sébastien Lotz)
  10. La leçon britannique de 1815
  11. Monnaie : une caisse d’émission en or
  12. Interview de janvier 2013 (Avant-Garde économique)

Le plaidoyer d'Alan Greenspan pour l'étalon-or

Cet article est paru à l’origine en 1966 dans le journal The Objectivist. Il a été repris dans le livre Capitalisme, l’idéal inconnu d’Ayn Rand avec d’autres articles d’Alan Greenspan et de Robert Hessen (Signet Books 1967, ISBN 0451147952). Traduction Dilbert.

L’Or et la liberté économique (Alan Greenspan)

Une hostilité presque hystérique à l’égard de l’étalon-or est un trait commun aux « étatistes » de toutes tendances. Apparemment ils comprennent (peut-être plus clairement et plus subtilement que beaucoup de défenseurs du libre-échange) que l’or et la liberté économique sont inséparables, que l’étalon-or est un instrument de la liberté économique et que l’un ne va pas sans l'autre.

Pour comprendre la source de leur hostilité, il est nécessaire d’abord de rappeler le rôle spécifique de l'or dans une société libre.

L'argent est le dénominateur commun de toutes les transactions économiques. C'est cet instrument qui sert de moyen d'échange, qui est universellement accepté dans une économie d'échange pour le paiement de marchandises ou de services, et peut, par conséquent, être utilisé pour mesurer la valeur et pour stocker de la valeur, c’est-à-dire, pour épargner.

L'existence d'un tel produit est une condition nécessaire pour une division économique du travail. Sans un produit ayant une valeur objective qui puisse être accepté comme monnaie, les hommes devraient avoir recours au troc ou vivre en autarcie agricole et renoncer aux avantages inestimables de la spécialisation. Si les hommes n'avaient aucun moyen d'entreposer de la valeur, c’est à dire d’épargner, ni l’échange ni la planification à long terme ne seraient possibles.

Un instrument d'échange acceptable pour tous les acteurs économiques ne se détermine pas arbitrairement. En premier lieu, le moyen d'échange doit être durable. Dans une société primitive pourvue de peu de richesses, le blé peut durer assez longtemps pour servir de monnaie, dès lors que tous les échanges se produisent pendant et immédiatement après la récolte, sans qu’un surplus soit conservé. Mais quand le besoin de stocker est important, comme c’est le cas dans les sociétés plus riches et plus civilisées, la monnaie d'échange doit être un produit solide, habituellement un métal. Un métal est choisi en général parce qu’il est homogène et divisible : chaque unité est semblable à une autre et le métal peut être fondu en quantité variable. A l’inverse, les bijoux précieux ne sont ni homogènes ni divisibles.

Bien plus important est le fait que le produit choisi comme monnaie soit un produit de luxe. Les désirs de luxe sont illimités, par conséquent les produits de luxe sont toujours demandés et seront toujours acceptés. Le blé est un luxe chez les peuples sous-alimentés, mais pas dans une société prospère. Ordinairement les cigarettes ne serviraient pas comme monnaie, cependant ce fut le cas en Europe après la Deuxième Guerre où on les considérait comme un luxe. Le terme « produit de luxe » équivaut à pénurie et à haute valeur unitaire. Avec une haute valeur unitaire, un tel produit est facilement portable, à titre d’exemple une once d'or vaut une demi-tonne de fonte brute.

Dans les étapes initiales d'une économie en voie de développement, plusieurs monnaies d'échange pourraient être utilisées, car une grande variété de produits rempliraient les conditions précédentes. Cependant progressivement un des produits prévaut sur tous les autres, étant davantage accepté. Le choix d’une monnaie de réserve se portera sur le produit le plus accepté, ce qui en retour le rendra encore plus acceptable. Le changement est progressif jusqu'à ce que ce produit devienne le seul moyen d'échange. L'usage d'un seul moyen est très avantageux pour les mêmes raisons qu'une économie dotée d’une monnaie est supérieure à une économie de troc : cela rend les échanges possibles sur une échelle incomparablement plus large.

Que cette monnaie soit de l'or, de l’argent, des coquillages, du bétail ou du tabac dépend du contexte et du développement d'une économie donnée. En fait, tous ces moyens ont été employés, à différentes époques, comme monnaie d'échange. Et même dans notre siècle, deux produits majeurs, l’or et l’argent, ont été utilisés comme monnaie internationale d'échange, l’or devenant prédominant. L'or, ayant un usage artistique et utilitaire, et restant relativement rare, a toujours été considéré comme un produit de luxe. Il est durable, portable, homogène, divisible, et par conséquent a des avantages considérables sur toute autre monnaie d'échange. Depuis le commencement de la Première Guerre Mondiale, il a été virtuellement la seule monnaie internationale d'échange.

Si tous les biens et services étaient payés en or, les paiements de grands montants seraient difficiles à exécuter, et cela aurait tendance à limiter la division du travail et la spécialisation. Une conséquence logique de la création d'une monnaie d'échange est le développement d'un système bancaire et d’instruments de crédit (billets de banque et dépôts) qui viennent remplacer l’or, tout en étant convertibles en or.

Un système bancaire libre basé sur l'or est capable de développer le crédit et donc de créer des billets de banque (de la monnaie) et des dépôts, selon les besoins de production de l'économie. Les individus propriétaires d'or sont incités, par le versement d’intérêts, à déposer leur or dans une banque (sur laquelle ils peuvent tirer des chèques). Mais comme il est rare que tous les déposants viennent retirer leur or en même temps, le banquier garde seulement en réserve une fraction des dépôts d’or. Cela permet au banquier de prêter plus que le montant de l’or déposé (ce qui signifie qu'il détient des à-valoir sur l’or plutôt que de l'or comme sécurité pour ses dépôts). Mais le montant des prêts qu'il peut faire n'est pas arbitraire : il doit l’évaluer par rapport à ses réserves et à l’état de ses investissements.

Quand les banques financent des efforts productifs et rentables, les prêts sont remboursés rapidement et le crédit bancaire continue à être disponible. Mais quand les projets financés par le crédit sont moins avantageux et rapportent moins vite, les banquiers découvrent bientôt que leurs engagements sont excessifs par rapport à leurs réserves d’or, et ils commencent à restreindre les prêts, habituellement en exigeant des taux d'intérêt plus hauts. Cela a tendance à limiter le financement de nouveaux projets et oblige les emprunteurs actuels à améliorer leur rentabilité s’ils veulent obtenir de nouveaux crédits pour leur expansion. Donc, sous le régime de l’étalon-or, un système bancaire libre apparaît comme un dispositif qui protège la stabilité d'une économie et permet une croissance équilibrée.

Quand l'or est accepté comme un moyen d'échange par une partie ou la totalité des nations, cette liberté sans entraves permet une division mondiale du travail et favorise un commerce international à grande échelle. Bien que les unités d'échange (dollar, livre, franc, etc.) soient différentes d’un pays à l’autre, dès lors que toutes sont rattachées à l’or, les économies des différents pays marchent de concert — à condition que le commerce et les mouvements de capitaux soient libres. Le crédit, les taux d'intérêt et les prix deviennent comparables dans tous les pays. Par exemple, si les banques d’un pays accordent des crédits trop libéralement, les taux d'intérêt dans ce pays auront tendance à baisser, ce qui induira les déposants à envoyer leur or dans les banques d’autres pays pour obtenir de meilleurs rendements. Cela provoquera immédiatement une pénurie de réserves bancaires dans le pays « laxiste », rendra le crédit plus difficile et entraînera un retour à des taux d’intérêt plus élevés.

Un système bancaire complètement libre et un régime d’étalon-or à part entière restent encore à construire. Mais avant la première guerre mondiale, le système bancaire aux États-Unis (et dans la plupart des pays) était basé sur l'or et, bien que les gouvernements interviennent parfois, le système bancaire était plus libre et moins contrôlé. Périodiquement, par suite d’une expansion trop rapide du crédit, les banques ont prêté jusqu'à la limite de leurs réserves en or ; alors les taux d'intérêt ont augmenté très vite, le crédit a été restreint, et l'économie est tombée dans une récession aiguë, mais éphémère (en comparaison avec les dépressions de 1920 et 1932, les récessions d’avant la première guerre étaient vraiment bénignes). Ce sont les réserves d'or qui ont stoppé des expansions économiques en plein déséquilibre, avant que celles-ci ne tombent dans le désastre qui suivit la première guerre mondiale. Les périodes de rajustement étaient courtes et les économies sont reparties sur une base saine pour renouer rapidement avec l'expansion.

Mais on a confondu le remède et le mal : si une pénurie de réserves bancaires cause un déclin économique — argumentaient les interventionnistes — pourquoi ne trouverait-on pas un moyen de fournir plus de réserves aux banques pour qu’elles n’en manquent jamais ! Si les banques pouvaient continuer à prêter de l'argent indéfiniment — prétendait-on — il n’y aurait jamais de crise économique. C’est ainsi que la Réserve Fédérale a été bâtie en 1913. Elle consistait en douze Banques régionales de Réserve Fédérale détenues en nom propre par des banquiers privés, mais en fait parrainées, contrôlées et supportées par le gouvernement. Le crédit développé par ces banques est en pratique (bien que non légalement) adossé par le pouvoir fiscal du gouvernement fédéral. Techniquement, nous restions dans le régime de l’étalon-or ; les individus étaient encore libres de posséder de l'or, et l'or servait toujours de réserve bancaire. Mais outre l'or, le crédit détenu par les banques de la Réserve Fédérale (les réserves « papier ») pouvait servir à payer les déposants.

Quand l’économie des États-Unis a subi une légère contraction en 1927, la Réserve Fédérale a créé plus de réserves papier dans l'espoir de prévenir toute pénurie possible de réserves bancaires. Plus désastreuse encore fut la tentative de la Réserve Fédérale d’aider la Grande-Bretagne qui perdait de l'or par rapport à nous parce que la Banque d'Angleterre s’était opposée à une augmentation des taux d'intérêt sous la pression du marché (c'était désagréable politiquement). Le raisonnement des autorités concernées était le suivant : si la Réserve Fédérale alimentait les banques Américaines de réserves papier, les taux d'intérêt aux États-Unis tomberaient à un niveau comparable avec ceux de la Grande-Bretagne ; cela stopperait l’hémorragie en Grande-Bretagne et éviterait les problèmes politiques d’une hausse des taux d'intérêt.

La Fed a réussi : l’hémorragie en or a été arrêtée, mais, dans ce processus, on a presque détruit les économies de la planète. L'excès de crédit que la Federal Reserve a injecté dans l'économie s’est répandu sur le marché boursier et a déclenché un fantastique boom spéculatif. Tardivement, les dirigeants de la Fed tentèrent d’éponger les réserves et réussirent finalement à freiner le boom. Mais c'était trop tard : en 1929, les déséquilibres spéculatifs étaient tels qu’on aboutit à des restrictions économiques et à une perte de confiance du monde des affaires. Il en résulta un écroulement de l'économie américaine. En Grande-Bretagne ce fut encore pire : plutôt que d’affronter toutes les conséquences de ses erreurs antérieures, le pays abandonna complètement l’étalon-or en 1931, rompit ce qui restait du tissu de la confiance et provoqua une série de banqueroutes dans le monde. Les économies mondiales plongèrent dans la Grande Dépression des années 30.

Avec une logique qui remontait à une génération précédente, les étatistes ont prétendu que l’étalon-or était pour une grande part la cause de la débâcle qui a mené à la Grande Dépression. Si l’étalon-or n'avait pas existé, arguaient-ils, l'abandon par la Grande-Bretagne en 1931 des paiements en or n'aurait pas causé des faillites bancaires dans le monde entier (l'ironie était que depuis 1913, nous étions, non pas dans un régime d’étalon-or, mais dans ce que l’on pourrait appeler un « étalon-or mixte » ; cependant c'est l'or qui a été mis en cause).

Mais l'opposition à l’étalon-or sous toutes ses formes, visible dans un nombre croissant d’États-Providences, provient d’une prise de conscience plus subtile : la constatation que l’étalon-or est incompatible avec le déficit budgétaire chronique (signe caractéristique de l'état-providence). Si l'on laisse de côté le langage officiel, l'État-Providence n’est rien de plus qu'un mécanisme par lequel les gouvernements confisquent la richesse des membres productifs d'une société pour engager toutes sortes de programmes d’assistanat. La confiscation s’opère en grande partie à travers la fiscalité. Mais les partisans de l’État-Providence furent prompts à reconnaître que, s’ils voulaient garder le pouvoir politique, la ponction fiscale devait rester raisonnable ; aussi durent-ils avoir recours à des programmes de déficit budgétaire massif, c’est-à-dire à l’emprunt, en émettant des obligations d’État, pour financer à grande échelle les dépenses de l’État-Providence.

Sous le régime de l’étalon-or, le niveau de crédit qu'une économie peut supporter est déterminé par ses actifs tangibles, puisque chaque instrument de crédit est en dernier lieu une option sur un actif tangible. Mais les obligations émises par un gouvernement ne sont pas adossées à des richesses tangibles, elles ne tiennent que par la promesse du gouvernement de rembourser en prélevant sur les impôts futurs ; et ces obligations ne peuvent pas être absorbées facilement par les marchés financiers. Un grand volume d’obligations d’État ne peut être vendu au public qu’à des taux d'intérêt de plus en plus hauts. Donc, le déficit budgétaire de l’État sous un régime d’étalon-or est rigoureusement limité.

L'abandon de l’étalon-or a permis aux partisans de l’État-Providence d’utiliser le système bancaire pour parvenir à une expansion illimitée du crédit. Ils ont créé des réserves papier sous la forme d’obligations d’État que les banques, à travers une suite complexe d’étapes, acceptèrent en lieu et place d'actifs tangibles et traitèrent comme si cela constituait un dépôt réel, c’est-à-dire comme l'équivalent de ce qui était autrefois un dépôt d'or. Le détenteur d'une obligation ou d'un dépôt bancaire résultant de réserves papier croit qu'il a une option valable sur un actif réel. Mais en réalité il y a maintenant plus d’options en circulation que d’actifs réels.

On ne peut pas contourner la loi de l’offre et de la demande. Comme l’offre d'argent (options) augmente par rapport à l’offre d’actifs économiques réels, les prix finissent nécessairement par augmenter. Donc l’épargne des membres productifs de la société perd de sa valeur en termes de pouvoir d’achat. Quand on finit par tirer le bilan, on trouve que cette perte de valeur équivaut aux dépenses de l’État-Providence permises par l’émission d’obligations financées par l’expansion du crédit bancaire.

En l'absence d’étalon-or, il n'y a aucun moyen de protéger l’épargne de la confiscation à travers l’inflation. Il n'y a aucune réserve de valeur sûre. S'il y en avait, le gouvernement devrait rendre illégale sa détention, comme cela fut le cas pour l'or. Par exemple, si tout le monde décidait de convertir ses dépôts en argent ou en cuivre ou en n’importe quel autre bien, et par la suite refusait les paiements par chèque, les dépôts bancaires perdraient leur pouvoir d’achat et le crédit bancaire créé par le gouvernement serait sans valeur. La politique financière de l'État-Providence exige que les détenteurs de richesse n’aient aucun moyen de se protéger.

Voilà le secret éculé des partisans de l’État-Providence contre l’étalon-or. Dépenser par la voie du déficit est simplement un stratagème pour confisquer la richesse de façon cachée. L'or se dresse contre ce processus insidieux. Il apparaît comme un dispositif de protection des droits de la propriété. Ayant saisi cela, on n'a aucune difficulté à comprendre l’opposition des étatistes à l’égard de l’étalon-or.

Publications

  • 1999, Michael Bordo, "The Gold Standard and Related Regimes", Cambridge: Cambridge University Press

Citations

  • « Le rôle joué par les lingots dans les réserves d'or des banques est une preuve que l'étalon monétaire consiste bien dans le précieux métal, et non dans la proclamation des autorités. »
        — Ludwig von Mises
  • « L'ordre ne sera rétabli dans la vie économique que lorsque le désordre monétaire aura pris fin, grâce au retour à l'étalon-or. Rien ne serait plus simple. Pour que l'étalon-or fonctionne à nouveau sans accrocs, il suffit que les gouvernements s’abstiennent à l'avenir de toute tentative de couvrir une partie du déficit par de nouvelles émissions de monnaie-papier, ou de stimuler artificiellement l’activité économique par un élargissement du crédit. »
        — Ludwig von Mises
  • « Il est insensé d'appliquer aux fluctuations monétaires les termes empruntés au vocabulaire militaire. Il n'y a pas de bataille du franc, ni d'attaque du franc, ni de défense du franc. Il n'y a que deux politiques monétaires: celle qui ne veut pas avilir la monnaie, et celle qui entraîne l'abaissement du pouvoir d'achat de l'unité monétaire. La faillite de l'étalon-or est la conséquence d'une certaine politique monétaire et non l'oeuvre des spéculateurs, ni la conséquence d'une fatalité à laquelle on ne peut se dérober ; elle n'est pas non plus assimilable à une bataille perdue. »
        — Ludwig Mises, Or et Inflation
  • « Dans un monde qui n'est plus celui de la libre entreprise, l'étalon-or — l'enfant terrible qui ne peut s'empêcher de crier sur les toits les vérités déplaisantes — refuse de fonctionner. »
        — Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942
  • « Le grand avantage [de l'étalon-or] est lié au fait que l'or n'est une dette pour personne. »
        — Robert Mundell
  • « Le débat devrait servir à trouver le meilleur système basé sur l'or, et non à nous demander si nous devons ou non retourner vers l'or. »
        — Steve Forbes
  • « Pour ceux qui veulent donner au monde prospérité et bien-être, l'alternative est simple : ou l'aventure par la mise en oeuvre d'un système d'or papier qui connaîtra le sort de toutes les monnaies inconvertibles, ou l'expansion dans la stabilité par le retour, consciemment organisé, à un régime de convertibilité métallique, épuré de toutes les déviations qui en ont compromis la durée. »
        — Jacques Rueff
  • « Ils ne voient pas, et ils ne veulent pas voir que la crise est d'abord d'origine monétaire, qu'elle est l'ultime accès d'une fièvre qui s'est emparée du système capitaliste depuis qu'a été fermée la fenêtre d'or le 15 août 1971 par Richard Nixon, alors président des États-Unis. »
        — Philippe Simonnot
  • « La connaissance de ces quelques personnes qui ont pris le temps et l'effort d'étudier l’histoire de la monnaie sera nécessaire un jour. Lorsque le temps sera venu, cela servira à mettre fin aux souffrances de l'humanité et à relancer l'économie mondiale en remettant le système financier mondial sur une base monétaire stable : l'or. »
        — Ferdinand Lips
  • « Nous tenons pour nécessaire que les échanges internationaux s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier. Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu’à cet égard il puisse y avoir d’autre critère qu’un étalon autre que l’or. Eh ! oui, l’or, qui ne change pas de nature, qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n’a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence. »
        — Charles de Gaulle
  • « Aucune organisation monétaire, si judicieuse soit elle, ne réussira si elle n’est pas dotée d’un étalon de référence immuable, indépendant du temps et du lieu. Autrefois, le billet mentionnait de quoi il était une créance : d’un poids d’or. Cela signifiait quelque chose. Mais, aujourd’hui, le billet n’est plus qu’une créance que… d’autres billets. La définition monétaire n’est plus que du vide reposant sur du néant. Un des derniers points d’ancrage, qui était la parité de change, a disparu au profit des taux flexibles. Le résultat est d’ajouter l’une à l’autre deux incertitudes : celle d’un taux de conversion qu’on sait être précaire et celle de la valeur vraie de la monnaie de référence qu’on sait être aléatoire… La disparition de tout repère qui donne une mesure de valeur à la monnaie de compte inscrite sur le billet ne peut qu’ouvrir la porte au laxisme. »
        — Jacques Riboud

Voir aussi

Liens externes

Money-128x128.png Accédez d'un seul coup d’œil au portail économie.

6784-Tatice-Chronometre.png Accédez d'un seul coup d’œil au portail sur l'histoire du libéralisme et de la liberté.
Outils personnels
Partager