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Euro

De Wikiberal.

L'euro est la monnaie unique européenne, introduite en 1999. Elle est actuellement partagée par 17 pays de l'Union Européenne : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Grèce, Slovénie, Chypre, Malte, Slovaquie, Estonie, ainsi que par le Kosovo, le Monténégro et les micro-états de Saint-Marin, Vatican, Monaco, Andorre.

Sommaire

Les vices de construction de l'euro

Comparé à l'étalon-or, l'euro partage tous les défauts des monnaies-fiat. En outre, la façon dont l'euro a été mis en place est une bonne illustration de la "tragédie des communs" résultant d'un constructivisme politique qui ignore complètement les lois de l'économie et prétend utiliser la monnaie pour réaliser une intégration politique :

Le projet d'une monnaie unique, décrétée par des technocrates, est en lui-même une idée française. Delors en était l'ingénieur. Comme disait de Gaulle, à l'époque, la politique d'abord, l'intendance suivra. Mais l'économie est une intendance très résistante au volontarisme politique. Au lieu de faire une monnaie commune (qui aurait laissé intactes les monnaies nationales), on a voulu éviter toute concurrence monétaire. Le résultat est là. (Markus Kerber[1])

Le problème principal que pose l'euro n'est pas seulement l'emploi d'une monnaie unique par des économies très différentes entre elles (le dollar aux États-Unis est utilisé aussi par des états dont les économies sont très différentes entre elles, de même pour les pays africains de la "zone franc"), c'est surtout le fait que l'euro encourage l'irresponsabilité des pays les moins bien gérés :

  • ils bénéficient de taux d'intérêt plus bas, ce qui pousse les politiciens à augmenter l'endettement du pays pour en tirer des bénéfices politiques conséquents ;
  • un pays membre peut longtemps accumuler les déficits sans que rien, hormis la réaction politique de ses partenaires, ne l'en empêche ; en pratique, la "socialisation" de la dette à l'échelle européenne n'a rencontré aucun opposant tant que ses conséquences ne se faisaient pas sentir dans les taux d'intérêt ;
  • la dévaluation monétaire étant impossible au niveau national, la monétisation de la dette accroît le niveau de l'inflation sur toute la zone ;
  • il n'y a pas de clause de sortie de l'euro[2], il est implicite que tout pays défaillant sera secouru par les autres ;
  • les règles du "Pacte de stabilité et de croissance" limitant les déficits ont été assouplies en 2005 et ne sont pas respectées, dans une totale impunité pour les pays concernés ;
  • les banques centrales nationales ont été conservées, ce qui crée un déséquilibre entre banques centrales des pays exportateurs et banques centrales des pays importateurs[3].

Le problème est donc bien à la source davantage politique qu'économique, l'excès de dette publique ne pouvant être résolu que politiquement.

Pour Charles Gave[4], les vices de l'euro, "monstruosité économique", sont les suivants :

  • les différences de taux de croissance et de productivité entre pays et les taux d'intérêt artificiellement bas encouragent la spéculation et les malinvestissements (immobilier en Espagne) : l'augmentation de la dette privée et des déficits budgétaires conduit certains pays (Espagne, France) au bord de la faillite ;
  • le différentiel taux de croissance (faible) / taux d'intérêt (plus élevé que le taux de croissance) fait croître la dette de façon exponentielle ;
  • les états européens (à la différence des États-Unis) ne peuvent imprimer à volonté de la monnaie pour éviter la faillite ;
  • l'Allemagne, seul pays européen en équilibre budgétaire, mettra les autres pays sous contrôle budgétaire et sous tutelle financière, ce qui aura des conséquences politiques et sociales dramatiques dans ces pays.

Citations

  • L'euro n'est rien d'autre qu'une pure et terrifiante construction technocratique mise en œuvre par la contrainte publique sans aucune considération pour les besoins concrets des citoyens. (Pascal Salin)
  • L'euro apparaitra rétrospectivement comme une tentative pathétique pour essayer de reconstituer les modes de fonctionnement de l'Union soviétique à l'époque d'Internet. (Pascal Salin)
  • Le Pacte de croissance et de stabilité est totalement absurde. C'est un non-sens. Il ne repose sur aucun fondement logique. Lorsqu'on adopte un taux de change fixe, on devrait laisser chacun libre de suivre la politique budgétaire de son choix. (Milton Friedman)
  • La zone euro, c'est comme quand on va au restaurant entre amis, on essaie de prendre les mêmes menus. Là, c'est comme si les Grecs prenaient du caviar, les Français de la langouste et qu'ils laissaient l’addition aux Allemands. Comment voulez-vous que le dîner se termine bien ! (Alain Madelin)
  • A mon avis l’idée d’une monnaie européenne unique était une grave erreur. Elle créerait d’énormes problèmes économiques et sociaux, et conduirait inéluctablement à une centralisation anti-démocratique de l’Europe. A mon grand regret, c’est exactement ce qui s’est produit. La Zone Euro qui regroupe 17 pays n’est pas une zone homogène, au sens de la théorie économique. Au cours des dernières années, les effets négatifs d’une monnaie unique imposant des taux de change fixes et intangibles entre des pays aux évolutions économiques différentes, ont été de plus en plus évidents. (Vaclav Klaus)
  • Il était possible - mais pas certain - que l’union monétaire parvînt à surmonter l’erreur initiale de sa conception à condition de respecter la règle du jeu commune. L’erreur historique fut de créer une monnaie sans Etat : elle avait peu de chances de survivre aux différences de développement de ses parties constitutives. L’erreur politique fut que la discipline commune représentée par le Pacte de stabilité et de croissance n’a pas été respectée, à commencer par les deux principales puissances économiques de la zone, l’Allemagne et la France. (Claude Reichman)
  • On m'a expliqué depuis le départ que l'Euro n’était pas un projet économique mais un projet politique, ce à quoi j'ai chaque fois répondu que l'URSS aussi était un projet politique, et qu'elle n'a pas marché non plus. (Charles Gave)
  • La crise européenne est une crise de l'Etat-providence financé à crédit. Il faut tout simplement diminuer de moitié les dépenses publiques et les réglementations pour relancer la croissance en Europe. Une chose dont ne veulent pas entendre parler les Français, qui pensent que l’origine de la crise provient d’une dérive de la finance. Tant que le diagnostic ne sera pas établi, il n’y aura pas de cure possible et les Français éliront toujours des présidents socialistes : qu’ils s’appellent Nicolas, Marine, François et consorts ne changera absolument rien à notre avenir glauque. (Bernard Martoïa)
  • La crise de la dette publique qui frappe actuellement la zone euro est la conséquence inévitable de ce système fondé sur le triple principe d'une seule monnaie, d'un seul taux de change et d'un seul taux d'intérêt pour un ensemble de pays dont les paramètres économiques diffèrent largement. Ce système a été le produit d'une décision politique où l'on n'a pas suffisamment prêté attention aux fondamentaux économiques en place. (Vaclav Klaus)

Notes et références

  1. Crise de l'euro : la France cancre de l'Europe, le Point du 11/04/2012.
  2. Sortir de l'euro, pour un pays, implique juridiquement de quitter l'Union européenne (article 50 du Traité sur l'Union européenne), puisque l'euro est la monnaie officielle de l’Union.
  3. Le risque caché : si la Grèce sort de l’euro, c’est l’Allemagne qui explose en premier ! sur Atlantico
  4. Charles Gave - Euro/Ligne Maginot, même logique

Bibliographie

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