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Chômage

De Wikiberal

Le chômage désigne la situation du chômeur, personne "active" (valide et en âge de travailler) recherchant un emploi sans succès.

Le chômage est un des modes de régulation du capitalisme, au même titre que la faillite. Dans un cadre libéral, les entreprises performantes embauchent, celles qui ont des difficultés débauchent. Et, globalement, l'économie s'adapte à la réalité sociale, régie par la demande. Dans une économie administrée, sans faillite et officiellement sans chômage, la même régulation s'opère par du travail inutile (au détriment des employés) et des gaspillages importants (au détriment du consommateur).

L'existence du chômage induit l'existence de la Politique de l'emploi.

Les causes du chômage sont nombreuses :

  • chômage naturel ou frictionnel (transition courte entre deux emplois),
  • chômage saisonnier (dû aux variations saisonnières d'activité),
  • chômage conjoncturel (faible offre d'emplois temporaire),
  • chômage structurel (inadéquation entre l'offre et la demande de travail, problème de qualification),
  • chômage technique (l'employeur ne peut provisoirement pas faire travailler ses employés pour des raisons imprévues (inondation, coupure d'électricité etc) ; le contrat n'est alors pas rompu).
  • chômage technologique[1] provoqué par le progrès technique, idée combattue par Alfred Sauvy dans sa théorie du déversement.
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L’État crée le chômage

Le chômage que les libéraux condamnent est le chômage institutionnel, qui a des causes politiques :

  • salaire minimum qui joue comme une barrière à l'emploi ;
  • cotisations de protection sociale trop élevées (dues aux monopoles sociaux imposés par l’État) qui renchérissent les coûts salariaux (voir par exemple l'article structure du salaire en France) ;
  • règlementation trop rigide (Code du travail) qui, en voulant prévenir les licenciements, freine en fait les embauches ;
  • mesures d'assistanat qui n'encouragent pas celui qui en bénéficie à occuper un emploi « mal payé » ;
  • impôt sur la fortune qui fait fuir les entrepreneurs.

En 2010, Christopher Pissarides, Peter Diamond et Dale Mortensen obtiennent le Prix Nobel d'économie, pour avoir démontré que « plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et la durée de recherche [d'emploi] est longue ». Le modèle permet par exemple de comprendre pourquoi un grand nombre de personnes se trouvent sans emploi alors qu'il existe dans le même temps un nombre important d'offres non satisfaites.

Erreur courante

  • « Ce sont les entreprises qui créent le chômage en licenciant. »

Une embauche est un échange qui profite aussi bien à l'entreprise qu'au salarié. De la même façon qu'un salarié n'est pas tenu de rester à vie dans la même entreprise, les entreprises n'ont aucune obligation d'embaucher ni de garder indéfiniment des salariés : le droit au travail cher aux socialistes du XIXe siècle est un faux droit. Un salarié reste dans une entreprise à deux conditions : il y trouve avantage, et l'entreprise y trouve avantage.

Le progrès technique et économique entraîne des destructions d'emplois et des créations de nouveaux emplois. Le problème (particulièrement en France) est que la création de nouveaux emplois est rendue difficile par l'interventionnisme étatique et les règlementations sur le travail.

L'exemple de la Suisse

La Suisse a toujours connu des taux de chômage très bas. Les causes qui expliquent cet état de fait sont les suivantes[2]:

  • importance de la formation professionnelle et de l'apprentissage, en comparaison avec les études dites "supérieures" ;
  • liberté d'embauche et de licenciement (pas de "Code du travail") ;
  • charges sociales modérées et absence de salaire minimum.

Recherche d'emploi et chômage volontaire

Dans l'analyse la plus récente du chômage, on s'aperçoit que certains chômeurs se sont mis volontairement dans cette situation, ou acceptent d'y rester pour une durée plus ou moins longue. Cette situation est liée à un désir de rechercher, dans les meilleures conditions, le plus d'informations possibles sur les emplois offerts. C'est ainsi que des travailleurs, estimant incomplète leur vision du marché du travail, vont refuser des emplois jugés inintéressants, voire abandonner leur emploi s'ils en ont un, préférant procéder librement à une recherche d'informations complémentaires. Dans ce cas, le travailleur préfère rechercher d'abord l'ensemble des opportunités, en effectuant un calcul de type coût/avantage, le coût (absence d'emploi) étant supposé inférieur à l'avantage (trouver un meilleur emploi). En ce sens, des indemnités élevées de chômage diminuent le coût pour le travailleur et donc augmentent cette forme volontaire de chômage.

La théorie keynésienne, qui prétend que le laissez-faire ne permet pas d'éliminer le chômage involontaire, est donc fausse :

« Keynes n'a consacré que quelques pages à cette proposition. Ses arguments achoppent tant au plan empirique qu'au plan théorique. Sans intervention du gouvernement, les salaires s'adaptent de façon à fluidifier le marché de l'emploi. Dans le monde réel, le « chômage involontaire » existe bien, mais la cause en est les distorsions dues au gouvernement, aux syndicats et aux banques centrales. »
    — Robert P. Murphy, The Critical Flaw in Keynes's System [lire en ligne] (en)

Citations

  • « Si vous payez les gens quand ils ne travaillent pas et que vous les forcez à payer des impôts quand ils travaillent, ne vous étonnez pas d'avoir des chômeurs ! »
        — Milton Friedman
  • « La meilleure des protections sociales, c'est d'avoir un emploi. »
        — Margaret Thatcher
  • « Le chômage contemporain est un chômage de file d'attente résultat d'une intervention ou d'un ensemble d'interventions publiques antérieures cherchant à protéger un secteur de la compétition sur le marché du travail. Ce secteur protégé engendre un effet pervers : un chômage qui entraîne la montée de l'exclusion et de la pauvreté. Pour corriger cet effet pervers, des règlementations spécifiques destinées à réduire la pauvreté sont prises. Ces règlementations spécifiques non seulement sont souvent inefficaces mais dans certains cas, contribuent à accentuer le phénomène combattu. À nouveau pour corriger cet effet pervers non anticipé, de nouvelles mesures d'aides et de règlementations sont introduites qui elles mêmes engendrent des effets pervers ainsi de suite. »
        — Bertrand Lemennicier
  • « Croyez-vous vraiment que l'on peut créer des emplois en punissant systématiquement tous ceux qui sont susceptibles d'en créer ? Croyez-vous vraiment qu'on peut retrouver une croissance forte et durable en empêchant l'accumulation de capital, en incitant les meilleurs à partir à l'étranger, en détruisant les incitations productives et en récompensant la paresse, les combines et les menaces ? »
        — Pascal Salin
  • « Dans un marché du travail libre, les salaires tendent à s'élever à un niveau à partir duquel tous les employeurs prêts à payer à ce tarif pourront trouver tous les travailleurs dont ils ont besoin, et tous les travailleurs prêts à travailler à ce niveau de salaire pourront trouver un emploi. La tendance qui prévaut sur un tel marché est celle du plein emploi. »
        — Ludwig von Mises
  • « Le gouvernement ne peut créer des emplois par la dépense. En utilisant des fonds qui proviennent de la taxation ou de l'emprunt public, il supprime d'un côté autant d'emplois qu'il en crée de l'autre. »
        — Ludwig von Mises, Planned Chaos
  • « La demande de travail (l’offre d’emploi) émane de l’entreprise. Elle est la seule à créer des emplois marchands, rémunérés par des ventes. Le reste (à commencer par l’administration) fonctionne par transferts et la création d’emplois publics (ce que l’on voit) est compensée par la perte d’emplois privés à cause des impôts (ce que l’on ne voit pas). Seules les entreprises libres suscitent une création nette d’emplois. Par conséquent, il faut les libérer des carcans fiscaux, sociaux, administratifs, réglementaires qui les paralysent. Chômage ? Non, on n’a pas tout essayé : on a « oublié » d’essayer la liberté. »
        — Jean-Yves Naudet

Notes et références

  1. Concept développé par John Maynard Keynes. Il évoque, en 1930, que les travailleurs souffrent d'un chômage technologique en raison de découvertes de nouveaux moyens d'économiser le travail (l'emploi) à un rythme qui dépasse celui qui nous permet de trouver de nouvelles utilisations du travail en correspondance avec ces nouvelles technologies. Mais ceci est une grossière erreur économique. Tant que nous n'aurons pas atteint la fin de la pénurie de nos désirs, qui, par essence sont infinis, et tant que les gens veulent plus qu'ils n'ont déjà, il y aura des possibilités d'emploi pour tous ceux dont le revenu d'une seule action leur rapporte plus que zéro. Autrement dit, en termes économiques, si la productivité marginale des revenus est supérieure à zéro, c'est-à-dire que cette possibilité existe à peu près pour tout le monde, à part ceux qui sont gravement handicapés, les enfants et les personnes très âgées.
  2. Voir Comment fait la Suisse pour faire fondre son chômage ?, Pierre Chappaz, La Tribune, 22/07/2013 ; Comment faire passer le chômage sous les 3% sur Contrepoints

Voir aussi

Bibliographie

  • 2012. Pascal Salin. « Chômage ». In Dictionnaire du libéralisme, dir. Mathieu Laine, p. 128-133. Paris : Larousse. (ISBN 978-2-03-584185-8)
  • 2013.
    • Bertrand Martinot. Chômage : inverser la courbe. Paris : Les Belles Lettres. (ISBN 978-2-251-44907-4) [prés. en ligne]
    • Philippe Simonnot. Chômeurs ou esclaves : Le dilemme français. Paris : Pierre-Guillaume de Roux. (ISBN 978-2-36371-059-8) [prés. en ligne]

Liens externes

Articles connexes

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