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Paul Samuelson

De Wikiberal
Paul Samuelson
Économiste

Dates 1915 - 2009
Paul Samuelson.jpg
Tendance Keynésien, constructiviste
Origine États-Unis États-Unis
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Paul Samuelson

Paul A. Samuelson, né le 15 mai 1915 et mort le 13 décembre 2009 est un économiste américain. Prix Nobel d'économie en 1970, il est souvent présenté comme l'un des fondateurs de la microéconomie moderne et chef de file de la « synthèse néo-classique », le compromis entre école néo-classique et keynésianisme qui domine la pensée économique actuelle.

Présentation

Il étudie à l'université de Chicago, notamment auprès de Aaron Director. Il y obtient sa maitrise, avant d'intégrer Harvard. Il y étudie auprès de Joseph Schumpeter ou de Wassily Leontief, qui développe son intérêt pour la mathématisation de l'économie. Il y rencontre aussi, voire surtout, Alvin Hansen, qui fit connaitre Keynes aux États-Unis. Ces deux auteurs exercèrent une influence permanente sur Samuelson. Il obtient son Ph.D. au MIT, avec ces deux économistes dans son jury de thèse.

En 1940, il rejoint Harvard comme enseignant en économie. En 1947, il publie ses Fondements de l'analyse économique, où il se livre à un plaidoyer pour la mathématisation de l'économie, position aujourd'hui encore très polémique en particulier chez les libéraux.

En 1948, il publie Economics (L'Economique), un manuel promis à un grand succès (avec 20 rééditions, c'est l'ouvrage en économie le plus vendu). Ce livre à l'influence sans équivalent dans l'enseignement de l'économie forma des générations d'étudiants.

L'année précédente, dans le contexte du keynésianisme triomphant, il avait reçu la médaille John Bates Clark. Il se rapproche par ailleurs de plus en plus des démocrates, conseillant par exemple Kennedy dans les années 1960. Il se revendiquait liberal, dans le sens américain du terme, à savoir social-démocrate voire gauchiste. Il garda jusqu'à la fin de sa vie un engagement politique pour le camp démocrate.

Il obtient le Prix Nobel d'économie en 1970 « pour le développement de la théorie économique en statique et en dynamique et pour avoir élevé le niveau d'analyse en science économique »[1].

Il a publié plusieurs centaines d'articles scientifiques et deux livres.

Une pensée très interventionniste et constructiviste

Sa méthode accorde une place majeure aux mathématiques, position dans laquelle il fut un pionnier, en s'inspirant en particulier de la physique. Dans une perspective typiquement constructiviste, il estime que l'on peut modéliser le fonctionnement de l'économie avec des simulations mathématiques complexes. Ce fut l'une des raisons pour lesquelles il reçut le Nobel en 1970, à une époque où l'on croyait avoir trouvé dans les recettes keynésiennes (Courbe de Phillips, multiplicateur keynésien, etc.) les clefs d'une croissance continue. La grave crise des années 1970 avec la stagflation (combinaison du chômage et de l'inflation que la doctrine keynésienne proclamait impossible) montra la vacuité d'une telle ambition. Les années 1960, dans lesquelles triomphent ses idées, préparent en fait la crise avec une politique économique expansionniste (voir taux de chômage naturel).

Sa confiance dans la mathématisation de l'économie alla jusqu'à lui faire prendre des positions de défense de la planification et à écrire en 1989, alors que l'URSS était sur le point de s'effondrer[2] :

L'économie soviétique est une preuve que, contrairement à ce que beaucoup de sceptiques pensent, une économie socialiste peut fonctionner et même prospérer. C'est-à-dire qu'une société dans laquelle la majorité des décisions économiques sont adoptées de manière administrative, où les bénéfices ne sont pas le motif principal de la production, peut croître durant de longues périodes de temps.

Cette prise de position est loin d'être isolée puisque il soutenait en 1962 déjà que l'URSS aurait rattrapé le niveau de production des États-Unis avant la fin du XXe siècle[3].

Ses travaux couvrirent par ailleurs de nombreux pans de l'économie, dont essentiellement :

  • la politique économique, domaine dans lequel, il défend les politiques keynésiennes évoquées ci-dessus et qui amenèrent à la crise des années 1970. Par ailleurs il est à l'origine de théories comme celle de l'effet Balassa-Samuelson ou de l'oscillateur de Hansen-Samuelson, qui développe la théorie du multiplicateur keynésien.
  • le commerce extérieur, champ dans lequel il participa à l'élaboration du modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson, qui est une confirmation formalisée de la démonstration déjà faite par David Ricardo de la loi des avantages comparatifs. Il est cependant devenu moins tenant du libre-échange à la fin de sa vie.

Jugements critiques

Des auteurs comme Mario Rizzo, professeur d'économie à la New York University, le rendent responsable de la mathématisation à outrance de la science économique; Rizzo pointe ainsi dans un article très critique sur Samuelson ces économistes, dont Samuelson, qui croient avoir inventé quelque chose quand ils ont réussi, en la simplifiant à l'extrême, à mathématiser une théorie qui était présente depuis longtemps chez les économistes « littéraires » de l'école classique (Adam Smith, Jean-Baptiste Say, David Ricardo, etc.). Ce raisonnement s'applique par exemple au modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson, « modèle de référence » du commerce international, qui n'est rien qu'un raffinement de la loi des avantages comparatifs de David Ricardo[4].

Plus tôt, Murray Rothbard avait critiqué vertement cette mathématisation à l'excès, qui est à l'opposé de la démarche de l'école autrichienne. Dans une critique de L'Économique en 1973, il écrivait ainsi : « L'Économique de Samuelson diffère de ses rivaux essentiellement en étant plus long, plus indigeste et rempli de la chiquenaude et des attaques non fondées avec lesquelles Samuelson a coutume d'écarter les vues économiques déviantes »[5].

L'économiste américain Peter Boettke insiste pour sa part sur la présomption de Samuelson et de ceux qui, comme lui, en dépit des échecs répétés des économistes, pensent que l'on peut prévoir l'évolution économique et « organiser » ou « planifier » les politiques économiques. Il est temps pour Boettke de s'éloigner de la prétention scientifique affichée par l'économie de Samuelson et de ses pairs, dans la lignée de la macro-économie keynésienne, et de revenir à la modestie promue par Mises ou Hayek, qui pointent les limites de notre capacité à appréhender le fonctionnement de l'économie[6].

Notes et références

  1. (en)Présentation sur le site du Nobel
  2. Paul Samuelson, préface à Economics, 13e édition, 1989
  3. Paul Samuelson, « meilleur économiste de l'histoire », Jacques Garello
  4. (en)The Death of Paul Samuelson and Selection Bias, Mario Rizzo, 13 décembre 2009
  5. (en)Sizing up Samuelson, Murray Rothbard
  6. (en)Paul Samuelson, Peter Boettke sur Austrian Economists, 14 décembre 2009

Principales publications

  • 1939 : Interaction Between the Multiplier Analysis and the Principle of Acceleration, RES
  • 1966 : The Pasinetti Paradox in Neoclassical and More General Models (avec Franco Modigliani), RES
  • 1955 : Readings in Economics
  • 1953 : Balanced Growth Under Constant Returns to Scale (avec R.M. Solow), Econometrica
  • 1948 : Economics: an Introductory Analysis, (nombreuses rééditions), traduction française sous le titre L'économique, Paris, A. Colin, 1983, puis, en collaboration avec W. Nordhaus sous le titre Économie, Paris, Economica, 2000
  • 1947, "Foundations of Economics Analysis",
    • Traduction française en 1971, "Les fondements de l'analyse économique", Paris, Dunod et Gauthier-Villars
  • 1990, "Gottfried Haberler as economic sage and trade theory innovator: on the occasion of the economist’s 90th birthday", Austria Today, n°3, pp21–25
  • 1991, "Jacob Viner", In: Edward Shils, dir., "Remembering the University of Chicago: Teachers, Scientists, and Scholars, Chicago: University of Chicago Press, pp533-547
  • 1995, "Gottfried Haberler (1900–95)", J Int Trade Econ Dev, Vol 4, pp409–415
  • 1997, "Credo of a lucky textbook author", Journal of Economic Perspectives, 11 (2), pp153-169
  • 2009, "A few remembrances of Friedrich von Hayek (1899–1992)", Journal of Economic Behavior & Organization, Vol 69, pp1–4

Littérature secondaire

  • 1971, Kenneth E. Boulding, "After Samuelson, who needs Adam Smith?", History of Political Economy, 3, Fall, pp225-237

Lien externe

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