Mutualisme

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Le mouvement mutualiste est un mouvement assez hétéroclite mais dont un courant (Kevin A. Carson, Gary W. Chartier) est inspiré par les individualistes anarchistes du XIXe siècle[1] et notamment des penseurs associés au journal Liberty. Ce courant cherche à combiner une théorie politique basée sur une souveraineté individuelle et la propriété sur soi-même avec une théorie économique fondée sur la théorie objective de la valeur travail. Comme les marxistes, ils ont tendance à condamner le système des salaires jugé oppressif, et ils interprètent les profits, les loyers et les taux d'intérêt comme des formes d'exploitation. Ils jugent la séparation des travailleurs de la propriété des moyens de production comme injuste. À la différence des marxistes, cependant, ils considèrent cette exploitation comme le résultat de l'intervention des pouvoirs publics et non pas le produit du marché libre. Ils recommandent donc de supprimer l'État.

Tout en préconisant la concurrence et (une forme de) propriété privée, ces penseurs se dénomment souvent "socialistes", c'est-à-dire des adversaires du capitalisme parce que le "capitalisme" signifie pour eux l'intervention de l'État sur le marché (en particulier, l'interdiction d'émettre de la monnaie privée, l'exécution des titres de propriété ne reposant pas sur l'occupation personnelle, le protectionnisme, la propriété intellectuelle[2], les subventions...).

Point de vue libéral

Le mutualisme est du ressort de la liberté d'association et a donc toute sa place dans une société libérale. Il se traduit en pratique par la création de "sociétés mutuelles" qui sont des entités de droit privé à but non lucratif, qui ont des points communs avec les coopératives[3] et les associations (les clients sont en fait des associés) et se différencient des services publics et des sociétés commerciales (la société mutuelle n'apporte de service, d'assistance ou de secours qu'à ses propres membres et cela dans la limite de leur participation).

On peut présenter le mutualisme comme la seule forme de socialisme qui fonctionne, la raison étant qu'il repose uniquement sur le consentement des membres de la société mutuelle, contrairement aux autres formes de socialisme, qui reposent sur la coercition et la violence.

Le risque est que cette organisation libre selon le principe d'association volontaire soit dévoyée par l'étatisme et transformée peu ou prou en service public coercitif (c'est le cas en France avec les mutuelles santé à cotisation forcée dans le cadre de la Sécurité sociale, ainsi qu'avec les mutuelles d'entreprise à adhésion obligatoire).

Voir aussi

Notes et références

  1. Benjamin Tucker, Lysander Spooner
  2. Intellectual property : A libertarian Critique par Kevin A. Carson
  3. Dans une société coopérative, le capital est détenu par les "sociétaires" : salariés ou clients, qui élisent le dirigeant, selon le principe « un homme, une voix » et non « une action, une voix » ; dans une mutuelle, ce sont les adhérents (usagers) qui ont ce rôle.

Bibliographie

Liens externes

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