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Ludwig Lachmann

De Wikiberal.

Ludwig Lachmann
Économiste, sociologue

Dates 1906-1990
200pw
Tendance école autrichienne, subjectivisme
Origine Allemagne Allemagne
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Citation
inter lib.org sur Ludwig Lachmann
Catallaxia

Ludwig Maurits Lachmann est né en Allemagne, à Berlin, le 1er février 1906 et il est décédé le 17 décembre 1990 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Il fut un intellectuel iconoclaste et vivifiant dans la famille des chercheurs de l'école autrichienne. Il a eu recours à des catégories extérieures au seul dogme misésien, par exemple, la connaissance comme catégorie a priori et par l'utilisation de la méthodologie interprétative de la sociologie économique de Max Weber.

Sommaire

Une influence intellectuelle paisible et un développement relativement tardif

La carrière universitaire de Ludwig Lachmann fut longue à se mettre en place. Son attrait pour la théorie autrichienne l'écarta des postes d'enseignement en Allemagne alors qu'il avait réussi avec brio son doctorat en 1930. Il dut patienter durant trois longues années. En 1933, la venue d'Hitler au pouvoir l'incite à la prudence en émigrant à Londres. Là, il ne trouva toujours pas de poste. Mais, pour se maintenir dans le giron intellectuel, il n'abandonna pas. Il s'inscrivit à la London School of Economics. Il devient alors un étudiant de Friedrich Hayek et son meilleur soutien.

Puis, vint la guerre en 1939, Ludwig Lachmann n'avait toujours pas de poste à l'université. Pire que le déni intellectuel, Ludwig Lachmann, en tant que ressortissant allemand, fut interné en Angleterre pendant cinq mois durant la guerre. En 1941, il fut tout de même nommé maître de conférences à l'Université de Londres, puis évacué à Aberystwyth au Pays de Galles. En 1943, il devient chef du Département d'économie, à l'University College, à Hull, poste qu'il occupa jusqu'en 1948, quand il accepta sa nomination à l'Université de Witwatersrand, en Afrique du Sud, à partir de 1949.

Ludwig Lachmann a écrit de nombreux articles sur le thème de l'école autrichienne, particulièrement sur la subjectivisme, la théorie du capital, la théorie des institutions et sur le processus marché. En désaccord avec pratiquement toute la profession des économistes, ainsi qu'avec la plupart des économistes autrichiens, son subjectivisme radical le plaçait comme un économiste non conventionnel parmi une école de pensée autrichienne, elle-même en décalage avec la pensée dominante d'alors. Son point de vue sceptique sur les pouvoirs prédictifs de la théorie économique l'ont encore plus marginalisé, au point de le considérer, à tort de nihiliste, ce qui a sans doute nuit à la propagation de ses idées.

Ludwig Lachmann prit sa retraite en 1972 et fut nommé "Senior Research Fellow" à l'Université de Witwatersrand durant deux années. Son influence s'exerça tardivement sur les jeunes auteurs autrichiens, participant à la conférence de South Royalton, en 1974, dont Don Lavoie, Walter Grinder et Karen Vaughn. Ses discussions avec Israel Kirzner ont fortement stimulé le chercheur américain dans sa théorie de l'entrepreneur. A partir de 1975, Ludwig Lachmann fut professeur invité à l'Université de New-York où il a passé une grande partie de l'année aux côtés d'Israel Kirzner. En 1987, sa santé s'est détériorée et il ne pouvait plus voyager d'Afrique du Sud vers les Etats-Unis comme il le faisait chaque printemps pour participer au Colloque autrichien et pour proposer un séminaire sur des sujets de la théorie économique avancée. Localement en Afrique du sud, et principalement à l'université de Witwatersrand, à Johannesburg, il stimula la production autrichienne dans les écrits de Duncan Reekie et de Peter Lewin. Son influence actuelle se manifeste dans le domaine de la recherche en management, dans la théorie de l'entrepreneur et en épistémologie, par l'intermédiaire des chercheurs comme Todd Chiles, Roger Koppl ou Paul Lewis.

Une formation de son esprit dans une enfance en maturation imbriquée dans les convulsions de l'histoire économique et politique de l'Allemagne

L'enfance de Ludwig Lachmann est tout à fait particulière et singulière. Il est né à l'époque de l'étincelante Allemagne impériale, menée par l'idéologie du leadership du grand homme, incarné par le Kaiser, poussant sa population à atteindre toujours des sommets. L'Allemagne, dans l'environnement international, incarne, alors, une société qui avait atteint son apogée et le pays était tenu en haute estime au niveau international. Puis vint la vilaine guerre mondiale désastreuse (1914-1918) où des millions de jeunes gens descendirent dans les tranchées boueuses en France et dans les Flandres, pour ne jamais revenir chez eux. Cela a été suivi par le cirque politique du Traité de Versailles et des exigences exorbitantes de réparation financière demandée à l'Allemagne. Ceci contribua à l'avalanche de la création monétaire par la Banque Centrale allemande, avec pour conséquence l'hyper-inflation du début des années 1920, ce qui marqua profondément l'esprit de Ludwig Lachmann[1].

Sa formation universitaire et sa curiosité épistémique intellectuelle

Ces éléments de l'environnement de son enfance pousse Ludwig Lachmann à étudier l'économie à l'Université de Berlin en 1924. où ses intérêts se sont porté naturellement sur l'analyse de l'origine monétaire du cycle économique (Albert L. Hahn, Hawtrey, Knut Wicksell et Ludwig von Mises). Malgré l'hostilité que rencontrait l'enseignement de l'école autrichienne dans les universités allemandes, notamment par le sociologue Werner Sombart, Ludwig Lachmann eut la chance d'avoir Emil Kauder, comme tuteur, qui lui a souligné l'importance du subjectivisme en économie et lui présenta les travaux de Friedrich Hayek. Durant ce temps, Ludwig Lachmann commença également à s'intéresser à l'approche de la "causalité-génétique" en économie, préconisée par Hans Mayer et par la méthode "compréhensive" de Max Weber. Il passa l'été 1926 à étudier à l'Université de Zurich. Là, il prit le temps de lire les travaux de Joseph Schumpeter, de Vilfredo Pareto et des auteurs de l'école autrichienne : Friedrich von Wieser, Ludwig von Mises et Friedrich Hayek. Ainsi, Lachmann finît ses études en Allemagne en étant un adhérent à la fois de la méthode de la compréhension (Verstehen) pratiquée par la sociologie interprétative allemande et de la théorie autrichienne de l'utilité marginale.

En 1933, la même année où Hitler prend le pouvoir en Allemagne, Ludwig Lachmann est allé en Angleterre pour enseigner. Faute de poste, et malgré un doctorat en poche, il étudia à la London School of Economics. Là, sa pensée mûrit dans une direction nettement autrichienne. Il est devenu, avec George Shackle, un étudiant de Friedrich Hayek et il a continué ses recherches sur les cycles économiques et sur la théorie du capital. A Londres, il fait la rencontre d'un autre chercheur autrichien réfugié, Paul Rosenstein-Rodan qui était un ancien assistant de Hans Mayer. Ensemble, ils échangent leurs idées sur l'importance des anticipations dans la théorie des fluctuations économiques. C'est Paul Rosenstein-Rodan qui la convaincu que le subjectivisme des anticipations est le critère déterminant dans la compréhension du cycle économique.

A la même époque et au même endroit, Ludwig Lachmann a suivi l'influence de la tradition du coût subjectif qui émergea à la London School of Economics, tout comme Ronald Coase, Jack Wiseman ou George F. Thirlby. Grâce à ses recherches sur les "dépressions secondaires", Il a obtenu une bourse (Leon Fellow) en 1938, qui lui permet de visiter plusieurs universités (Columbia, Harvard et Chicago) aux Etats-Unis. A l'Université de Chicago, il participa aux séminaires de Frank Knight. Contrairement à la plupart des autres "autrichiens", cependant, Ludwig Lachman trouva quelques mérites intellectuels à John Maynard Keynes, ou tout au moins il nota son insistance sur l'importance des anticipations subjectives en économie.

L'apparition au grand jour lors de la conférence de South Royalton en 1974

Alors que la présence des auteurs autrichiens aux Etats-Unis avait déplacé le centre de polarité de cette école de l'Europe aux Etats-Unis, Ludwig Lachmann apparut comme un personnage étrange à la conférence de South Royalton, en 1974. Son âge, dépassant l'âge de la retraite, le présentait plus comme un homme du passé plutôt qu'un représentant de l'avenir de l'école autrichienne. Il fut invité à cette conférence par Israel Kirzner, un ancien étudiant et enseignant comme lui en Afrique du Sud. Bien que les deux hommes avaient des positions diamétralement opposées sur de nombreux points, principalement sur la notion d'équilibre en économie, ceci n'empêcha pas les deux hommes de se lier d'amitié et de partager un respect réciproque et une dignité des relations intellectuelles digne d'un leadership appréciatif, ce qui peut servir comme exemple, à de nombreux chercheurs, encore aujourd'hui, en quête d'un comportement intellectuel et social respectueux et irréprochable.

Ludwig Lachmann n'enseignait pas aux Etats-Unis, il n'a pas étudié directement sous le mentorat du leader de l'école autrichienne, Ludwig von Mises, lequel était le seul leader autrichien reconnu aux Etats-Unis. Ludwig Lachmann a certes étudié à la London School of Economics, sous l'influence de Friedrich Hayek, en formation post-doctorale. Mais, Friedrich Hayek n'était pas reconnu comme un éminent économiste aux Etats-Unis mais comme un philosophe du Droit.

La théorie du capital hétérogène

A la fin des années 1930, alors que la plupart des économistes se rangeaient du côté de John Maynard Keynes (John R. Hicks, Nicholas Kaldor et même Lionel Robbins), Ludwig Lachmann pris la défense de son ancien professeur, Friedrich Hayek. Il lui reprocha cependant trois éléments ayant traits à la théorie du capital.

Premièrement, Lorsque Piero Sraffa attaqua Hayek sur sa théorie de l'effet Ricardo, Friedrich Hayek ne fut pas très décisif dans ses réponses. Heureusement Ludwig Lachmann monta aux créneaux pour expliquer la présence des taux d'intérêts non uniformes dans une économie. Car, Ludwig Lachmann s'est fortement intéressé à la théorie du capital hétérogène. Il existe autant de taux d'intérêt qu'il n'existe de formes de capital. C'est la raison pour laquelle, Ludwig lachmann reprocha à Friedrich Hayek une vision mécaniste et formaliste du capital, y compris pour les biens d'équipement. Friedrich Hayek est très abstrait et abscons sur ce sujet, en particulier lorsque Hayek expose sa théorie dans un livre publié en 1941.

Alors que Hayek avait promis d'écrire un second volume avec une perspective dynamique, il abandonna son projet. Indirectement et silencieusement Ludwig Lachmann digéra seul sa déception et il dut continuer le travail de façon solitaire, en 1956. Il sera rejoint bénéfiquement plus tard par Israel Kirzner, qui exposa une brillante analyse de la théorie du capital en 1966. ce renouveau de la macro-économie autrichienne fut relancée à partir des années 1990 et 2000 par Roger Garrison, Steven Horwitz et Antony Mueller.

L'approfondissement de l'apport du subjectivisme dans les sciences sociales et économiques

Ludwig Lachmann a l’ambition d’élaborer une science générale en sciences sociales. Il se singularise en utilisant le subjectivisme comme élément d'une relecture critique de l'approche autrichienne. Le subjectivisme n'apparaît pas comme un fondement établi une fois pour toutes mais comme une caractéristique qui doit être approfondie. En 1978, il écrit un article dans la revue "Atlantic Economic Journal" ("Carl Menger et la révolution subjectiviste") qui permet de montrer l'apport fondamental de Carl Menger au sujet du subjectivisme méthodologique. Ceci permit de distinguer nettement Carl Menger des autres fondateurs de l'école néo-classique (Léon Walras et Stanley Jevons). Pour Ludwig Lachmann, Carl Menger a initié le mouvement du subjectivisme méthodologique, mais le travail devait être complété. Le fait de considérer que l’homme recherche les moyens de survivre avant le loisir ou le plaisir relève d’une approche qui n’est pas authentiquement subjectiviste, et il se peut que cet ordre-là soit plus culturel que naturel.

Généralement, dans la littérature sur le subjectivisme, celui-ci concerne la spécification des préférences des agents en tant que partie des données qui valorisent les prix des produits et des services distribués dans une économie de marché. Au-delà de ce niveau de subjectivisme, habituellement reconnu par l'école autrichienne, qui concerne la préférence des choix, Ludwig Lachmann définit le subjectivisme radical avec trois niveaux supplémentaires :

  • Tout d'abord, différentes personnes ont des goûts différents et poursuivent des buts différents.
  • Deuxièmement, les gens peuvent poursuivre des buts similaires en utilisant une relation entre les moyens et les fins de manières différentes. Les gens croient quelquefois qu'ils ont la meilleure idée sur l'utilisation des moyens pour atteindre un objectif. Mais, ils peuvent aussi agir de façon erronée.
  • Enfin, le subjectivisme des esprits actifs reconnaît que dans tous les aspects de l'action, l'activité mentale des individus peut produire des interprétations et des possibilités que l'observateur extérieur ne peut pas imaginer à l'avance. C'est l'esprit humain, propre par définition à chaque individu, qui hiérarchise et classe par priorité les objectifs (besoins). C'est l'esprit mental qui alloue des moyens pour atteindre ces objectifs. C'est toujours lui qui décide des plans ainsi que de leurs révisions. Enfin, c'est l'activité mentale d'un individu qui détermine quand l'action est un succès ou un échec. Toutes ces formes d'expression de l'activité mentale sont internes à un individu et ne peuvent être imposées de l'extérieur contre le gré de l'individu agissant.

Par conséquent, le subjectivisme radical découle du fait que les agents doivent faire des plans sur la base de leur interprétation des événements qui se déroulent dans un monde en mutation dont ils n'ont qu'une connaissance incomplète. Les actes mentaux qui précèdent l'action sont donc des réponses produites par l'ingéniosité et l'imagination humaine face à l'incertitude de l'existence sociale.

Ces actes mentaux sont basés à un niveau significatif sur les anticipations des agents concernant des situations futures. En 1943, Ludwig Lachmann, cite favorablement l'économiste suédois, Lundberg qu'il est judicieux de lier les actions humaines avec les anticipations. Pour l'économiste suédois, l'enjeu de la science économique repose sur l'existence d'une corrélation entre des événements économiques passés et présents. En l'absence de la recherche de cette corrélation, la science économique sort du champs scientifique. A la même période que Ludwig Lachmann, un autre économiste; Arthur W. Marget, assez proche des idées de l'école autrichienne puisait dans les mêmes références que l'ancien berlinois. Pourtant, en 1976, Lachmann initie une différence épistémologique de taille puisqu'il affirme que les anticipations sont une interprétation subjective des événements économiques du passé et du présent sans qu'il soit certain que ces interprétations soient liées entre elles. Selon Ludwig Lachmann (1976, p. 59) :

"Le futur est inconnaissable, mais pas inimaginable. La connaissance du futur ne peut pas être comme s'il elle l'était maintenant, mais elle peut porter son ombre dans l'avenir. Dans chaque esprit, cependant, l'ombre prend une forme différente, d'où la divergence des anticipations. La formation des anticipations est un acte de nos esprits au moyen duquel nous essayons d'attraper un aperçu de l'inconnu".

Le fait de considérer les anticipations comme autonomes écartent cependant les chercheurs de la sphère scientifique mais Ludwig Lachmann propose une méthodologie herméneutique. L'économiste est alors un chercheur en sciences sociales dont le métier ne vise plus à prédire l'avenir mais de comprendre les phénomènes économiques et sociaux passés, présents et futurs.

Les anticipations des individus concernant leur futur sont différentes parce que chaque personne interprète ce à quoi le futur ressemblera sur la base des informations d'aujourd'hui. Il est donc tout à fait probable de penser que les gens vont se tromper plutôt que d'avoir raison. En conséquence, les actions et les réactions des gens aux conditions changeantes du marché sont susceptibles d'entraîner des échecs des plans individuels empêchant la coordination de tous les plans, c'est la conclusion que présente aussi la théorie du déséquilibre économique des auteurs post-keynesiens.

A la différence des post-keynesiens qui laissent la place à une intervention exogène, par l'intermédiaire de l'Etat, dans des objectifs de correction de la position de l'équilibre économique, Ludwig Lachmann est plus prudent. Il pousse la logique du subjectivisme à la conclusion que toute tentative de prévision économique est vaine. Dans un commentaire sur le livre de George Shackle, Kenneth Boulding a dénommé ce principe, "la Loi de Lachmann"[2]. Ludwig Lachmann a établi un lien entre la pensée de George Shackle et celle de Ludwig von Mises qui a vivifié le renouveau intellectuel de l'école autrichienne. Pour George Shackle, la notion du temps présent n'existe pas. Le temps est expérimenté au travers de la mémoire du passé et par l'imagination de l'avenir. Ludwig von Mises et Georges Shackle partageaient la même préoccupation pour les mêmes problèmes associés à la condition naturelle de l'être humain : le passage inéluctable et irréversible du temps, l'inconnaissance du futur et l'expérience subjective du temps. L'impossibilité de la prédiction en économie découle du fait que le changement économique repose sur la connaissance, et connaître l'avenir ne peut pas être une chose acquise avant son temps. Par conséquent, l'économiste doit être plutôt prudent du rôle qu'il joue lorsqu'il s'allie au pouvoir politique. Ce dernier ne peut pas s'appuyer sur l'expertise de l'économiste pour argumenter l'extension de son pouvoir coercitif même s'il avance des propositions censées bénéficier pour le bien de tous lorsqu'il tente de trouver le chemin du retour à l'équilibre.

Ludwig Lachmann accentue la prise en compte des concepts de temps, d'ignorance et d'anticipation, qui sont contradictoires avec la notion d'équilibre statique conventionnelle. Il propose donc d'élaborer une théorie autrichienne liée au processus du marché sans se centrer sur le concept d'équilibre et de l'idée de but final. Il s'écarte donc d'une vision téléologique de l'économie.

Un théoricien du processus épistémique du marché

Lors de sa première conférence à South Royalton, en 1974, Ludwig Lachmann a immédiatement présenté ce qui allait devenir la marque de fabrique de l'école autrichienne, à savoir, sa distinction théorique sur la théorie du processus épistémique du marché. Les bases de l'analyse de Ludwig Lachmann remonte à l'article de Friedrich Hayek, écrit en 1937, "Economics and Knowledge". Il indique que pour théoriser le processus du marché, il est important de se concentrer d'abord sur la question de l'intervention des acteurs économiques sur le marché qui possèdent des connaissances. Quelles sont ces connaissances individuelles et comment les changements de la connaissance se produisent-ils dans la société, sont les questions que doivent se poser les chercheurs en sciences sociales et économiques.

Avec le problème de la connaissance clairement en vue, Ludwig Lachmann précise que le processus du marché est un processus épistémique évolutif et involontaire c'est à dire qu'il doit être compris comme une manifestation de l'extériorisation d'un flot incessant de connaissances, comme d'un effet de déversement hors du sujet agissant. Cette connaissance est en constante évolution dans la société, même s'il s'agit d'un processus difficile à décrire. Là, où Ludwig Lachmann marque son empreinte intellectuelle, c'est qu'il nie la possibilité d'une connaissance objective car le processus épistémique du marché défie toutes les tentatives de traiter la connaissance comme d'une "donnée". Comme le présentait Friedrich Hayek, rien n'est donné à un individu; la connaissance s'acquiert par une anticipation. L'anticipation, c'est la pensée imaginée d'un individu sur les évènements futurs.

Ludwig Lachmann ajoute un élément supplémentaire d'intangibilité de la connaissance car il ne s'agit pas d'un objet identifiable dans le temps et dans l'espace. S'appuyant sur Ludwig von Mises, Ludwig Lachmann souligne que toute action se déroule dans le temps, mais "dès que nous permettons au temps de s'écouler, nous devons aussi admettre le changement des connaissances". Ludwig lachmann place la connaissance comme une catégorie a priori car la connaissance ne peut pas être considérée comme une fonction de quelque chose. Si toute action se déroule dans le temps, alors l'écoulement du temps signifie toujours un changement dans les connaissances. En fait, Ludwig Lachmann reconnait au processus épistémique du marché une permanence du changement du contenu informationnel.

Le marché est un processus sans condition initiale, autre que l'action humaine. Et, par conséquent, le processus démarre à partir des points de vue subjectifs et personnels des participants au marché. Mais, le "subjectivisme" ne signifie pas seulement que les goûts et les préférences sont différents dans le présent, mais que dans une économie complexe, les connaissances que les gens possèdent seront anticipées aussi de façon différentes. Et de là, il s'ensuit nécessairement que les anticipations des individus concernant l'avenir seront toujours différentes parce que les gens interprètent de diverses manières les différentes connaissances qui s'offrent à eux.

Le processus du marché ne connait pas de point final ou ou n'a pas en vue un repos final. Au contraire, le marché est une séquence d'interactions individuelles, de rencontres, de juxtaposition, et quelquefois de collision et de conflits d'un certain nombre de plans. Tous les plans, pris individuellement, peuvent sembler cohérents. Ils reflètent l'équilibre individuel de chaque acteur. Mais, pris collectivement, ils peuvent devenir incohérents dans leur ensemble. Le marché est un processus continu dans lequel les individus satisfont leurs besoins grâce à l'échange. Mais, dans une économie complexe, les ressources passent entre plusieurs "mains" dans différentes étapes du processus de production avant que ces ressources soient transformées en biens utilisables. Les plans de production qui commencent aujourd'hui sont donc basés sur des projections sur ce que les consommateurs de biens et les autres producteurs voudront dans un avenir incertain, et ceci en anticipant à quel prix les différents biens peuvent se vendre et s'acheter.

Le marché est un processus qui ne connait pas de direction à l'avance. Le concept de l'équilibre général, explique Ludwig Lachmann, est une fiction inutile et déterministe. Il estimait que la plupart des économistes avaient suivi une fausse piste dans la construction de leurs modèles de l'économie de marché. Ils ont réduit le processus du changement du marché à de purs rapports mathématiques. Ce faisant, ils ont créé des images élégantes des états hypothétiques de l'équilibre du marché. Mais ces analyses ne sont pas perspicaces pour comprendre la façon dont les marchés réels fonctionnent dans un environnement en constante évolution économique et sociale, dans un avenir incertain.

La théorie interprétative des institutions

Opposé à la méthode empirique utilisée en sciences sociales car "une situation humaine ne peut jamais être définie exclusivement en termes observables, et que toute action humaine est également préoccupée par un futur inconnu et inconnaissable"[3], Ludwig Lachmann étudie notamment le rôle et le devenir des institutions par la méthode de l'herméneutique. Si la problématique de Hayek est liée aux concepts d'ordre spontané et d'évolution, celle de Ludwig Lachmann adopte un autre fondement.

Bien qu'influencé par la sociologie compréhensive de Max Weber, il s'écarte de ses outils méthodologiques. En dépit d'être un moyen efficace de comprendre l'action, l'idéal type de Max Weber ne fait aucune référence spécifique à l'action humaine, et donc cette méthodologie manque dramatiquement de contenu épistémique. "Lorsque les hommes agissent, ils portent en leur esprit une image de ce qu'ils veulent réaliser" insiste Ludwig Lachmann [4]. Il refond donc la méthodologie des idéaux-types dans une approche subjectiviste. Il va s'interroger sur les institutions à partir d'une réflexion sur les plans qui sont subjectivement formés par les individus.

Dans la tradition wébérienne, les institutions permettent, pour chacun de nous, de nous appuyer sur les actions de milliers d'autres personnes anonymes dont nous ne pouvons rien connaître à l'avance ni des buts, ni des plans. Ludwig Lachmann reprend cette base pour indiquer que les institutions sont des points nodaux de la société, car elles permettent de coordonner les actions de millions d'individus. Les institutions apportent de la sûreté car elles soulagent du besoin d'acquérir et d'assimiler des connaissances détaillées sur les autres. Les institutions permettent de former des anticipations précises sur des actions futures et individuelles, c'est à dire des anticipations subjectives. Ludwig Lachmann suggère que la théorie de Max Weber sur les institutions représente toutes les institutions économiques et sociales possibles en tant que processus de communication sociale incarnant notre diversité et nous ouvrant l'accès à une connaissance souvent tacite.

Ludwig Lachmann explique que le succès des plans (stratégies individuelles) se cristallise ainsi progressivement en institutions. Lorsqu'un grand nombre d'adeptes utilisent la règle, cela permet d'attirer de nouveaux arrivants potentiels. L'imitation de la réussite est, ici comme ailleurs, la forme la plus importante par laquelle les moyens de leaders deviennent la propriété des masses. Car plus il y a d'utilisateurs et plus il y a des occasions d'utiliser la règle comme un indicateur du comportement. Les institutions permettent de construire des plans, c'est à dire des anticipations subjectives à partir du passé. Car, exprime Ludwig Lachmann "Les institutions sont les reliques des efforts pionniers des générations précédentes à partir desquelles nous pouvons encore tirer des bénéfices"[5]. Les institutions sont des socles pour l'amélioration de la probabilité des résultats de nos anticipations subjectives. Aussi, lorsque le comportement en question est si répandu qu'il est considéré comme "généralement accepté", la règle devient alors une institution sociale.

La justification du marché boursier par les anticipations subjectives

La présence d'un marché boursier dans un pays est la caractéristique distinctive de l'économie de marché. C'est l'endroit où des spéculateurs à la hausse (optimistes) se lient avec les spéculateurs à la baisse (les pessimistes), c'est la seule condition de faire co-exister des anticipations qui sont divergentes et qui sont naturelles dans une population de grande taille. Pour Ludwig Lachmann, les marchés d'actifs financiers permettent dans une économie "capitaliste", c'est à dire où on prend en compte des capitaux hétérogènes, de pouvoir échanger et d'apposer des prix sur les actions et les obligations de façon quasi quotidienne. Ces marchés sont donc partie intégrante du bon fonctionnement d'une société fondée sur la propriété privée des moyens de production. Cependant, parce que les actionnaires et les détenteurs d'obligations ont des attentes différentes quant aux perspectives de bénéfices futurs, Ludwig Lachmann prévient ses lecteurs qu'il est faux de parler de mesure du stock de capital. Premièrement, toute évaluation repose sur des anticipations non observables. Deuxièmement, l'évaluation ne porte pas sur le stock de capital lui-même mais sur l'anticipation de la valeur future de l'entreprise incarnée par son stock d'actifs financiers (actions, obligations). S'il est vrai qu'un individu peut examiner les pages financières d'un journal ou d'un site internet, où les diverses anticipations sont converties en prix quotidiens et agrégés en indices, ceci n'est que le reflet des anticipations subjectives des acteurs sur le marché boursier.

Les limites et la compréhension de l'insistance sur le subjectivisme radical

La déductibilité logique d'un phénomène ou la déductibilité d'une décision pertinente n'est plus possible avec le modèle du subjectivisme radical. Ceci ne signifie pas que l'explication n'est plus possible, mais simplement que la forme d'explication par le déterminisme logique est exclue. Cependant, l'intelligibilité constitue la caractéristique fondamentale de la logique d'explication. Le contenu explicatif de la théorie du subjectivisme radical rend la plausibilité de l'explication d'un phénomène plus acceptable, en probabilité, en comparaison avec une situation d'explication sans aucun support de modèle théorique. Cette relation d'intelligibilité, c'est à dire dire ce choix d'un schéma explicatif n'implique pas une prévisibilité totale, ou même une forte probabilité (au sens mathématique), mais simplement la probabilité pertinente accrue de l'occurrence. Le subjectivisme radical n'implique pas que l'individu soit soumis, fataliste et inactif face au chaos de l'avenir incertain. Même si l'avenir n'est pas connaissable, les individus peuvent investir pour réduire les effets de cette incertitude. Par exemple, un responsable marketing peut demander à une société spécialisée de mener une enquête sur le lancement d'un nouveau produit, un homme politique peut solliciter une agence de sondage pour connaître son futur succès à une élection politique, etc. Certes les résultats obtenus reflètent l'anticipation des sondés par rapport à une situation présente, rien ne permet d'établir qu'il s'agit là, de la découverte de l'avenir. Kenneth Boulding préconisait aux comptables et aux économistes de faire ressortir, dans leur analyse comptables, les investissements exprimant l'incertitude de l'entreprise face à l'avenir, les enquêtes marketing en font certainement partie qu'elles soient internalisées dans un service spécial de l'entreprise (actif de l'entreprise du haut du bilan) ou externalisées (flux transitant par le bas du bilan).

L’œuvre complète de Ludwig Lachmann fut plus compatible avec la théorie du followership que de celle du leadership. A savoir que Ludwig Lachmann n'a jamais recherché à établir une nouvelle "école" au sein de la théorie autrichienne. Il n'y a jamais eu de colloque ou de conférence sur le subjectivisme radical au cours de son existence. Comme le conçoit la théorie du followership, Ludwig Lachmann a tenté de faire comprendre les erreurs de logique interne, liées au concept d'équilibre économique auprès des leaders intellectuels autrichiens. Il le fit avec une certaine modestie et un respect pour ses aînés ainsi que pour ses pairs. Bien souvent, on attribue à Ludwig Lachmann l'étiquette d'un économiste du déséquilibre. Il n'en est rien. Si Ludwig Lachmann avait accepté l'idée de déséquilibre devant sa "porte", il aurait du admettre que la notion d'équilibre existe au "fond du jardin". Ceci le distingue des économistes post-keynesiens qui font de la notion de déséquilibre un prétexte à l'interventionnisme. Ludwig Lachmann fait prendre conscience aux auteurs autrichiens que la notion de subjectivisme existe même chez John Maynard Keynes lorsqu'il traite des anticipations subjectives. Et, il trouvait dommage que les auteurs autrichiens ne se soient pas davantage appuyés sur ces analyses et de laisser le champ libre aux post-keynesiens.

S'il n'est pas un théoricien du déséquilibre, Ludwig Lachmann est encore moins un "nihiliste", c'est à dire un intellectuel qui ne croit pas que la science puisse dire quelque chose d'intéressant à ses semblables. Il avait une position méthodologique interprétative qu'il a adoptée de Max Weber, c'est à dire de donner des clefs de compréhension des phénomènes économiques et sociaux à ses contemporains. Il ne refusait pas la notion d'équilibre mais il ne souhaitait pas que ce concept soit à la base du raisonnement économique et social. Le leadership discursif et rhétorique, dans sa position intellectuelle marginale, comme cela arrive à tout innovateur intellectuel, a nécessité de sa part plus d'efforts pour faire comprendre la présence et l'implication du subjectivisme, d'où son insistance dans ses différents écrits. Le qualificatif de "radical" ne signifie pas que le subjectivisme soit total mais qu'il devait être pris en compte de façon plus prononcée par les théoriciens de l'équilibre général. Car, Ludwig Lachmann s'adresse au courant dominant de la science économique, dite "école néo-classique", guidée par les travaux antérieurs de Léon Walras sur l'équilibre général ou par Alfred Marshall sur l'équilibre partiel. Dans le premier cas, les individus représentés sont absents, les deux yeux du subjectivisme sont crevés et dans l'autre cas, l'individu est borne. En effet, Alfred Marshall admettait la partie subjective de la demande avec sa métaphore des ciseaux mais des coûts objectifs pour l'offre. Ce sont sans doute les mêmes ciseaux qui percent les deux yeux du subjectivisme de l'équilibre général.

Plus proche de lui, Ludwig Lachmann dut convaincre son ami autrichien (Israel Kirzner) et son mentor intellectuel (Friedrich Hayek) qu'il est illusoire et vain de penser à une tendance à l'équilibre. Par le subjectivisme radical, Ludwig Lachmann désirait souligner la perte de temps et d'énergie des auteurs autrichiens à se focaliser sur l'équilibre général alors que leur apport intellectuel pouvait être plus bénéfique dans une théorie herméneutique adaptée aux outils de l'école autrichienne.

Annexes

Notes et références

  1. Ces faits économiques et sociaux ont eu pour conséquences successives de l'apparition du gouvernement de la République de Weimar, se terminant par la prise de pouvoir d'Adolf Hitler en 1933 qui menèrent au déclenchement quelques années plus tard à la seconde guerre mondiale (1939-1945).
  2. Kenneth Boulding, 1973, commentaire du livre de George Shackle, "Epistemics and Economics", Journal of Economic Literature, 11, December, pp1373–1374
  3. Ludwig Lachmann, 1970, p8
  4. Ludwig Lachmann, 1970, p18
  5. Ludwig Lachmann, 1970, p68

Publications

  • 1930, Faschistischer Staat und Korporative Wirtschaft (L'Etat fasciste et l'Économie corporative), Thesis for the degree of Doctor rerum politicarum, Berlin
  • 1933, "Probleme des Korporativen Staates", Zeitschrift für die gesamte Staatswissenschaft / Journal of Institutional and Theoretical Economics, Vol 94, n°2, pp193-212

  • 1949, Investment repercussions : reply, QJE, vol 63, n°3, august, pp432-434

  • 1950,
    • a. Economics as a social science, Conférence d'introduction, Johannesburg : University of the Witwatersrand
      • Repris en 1950, South African Journal of Economics, vol 18, septembre, pp223-241
      • Repris en 1977, In: Capital, Expectations and the market process. Essays on the theory of the market Economy, Walter E. Grinder, dir., Kansas City: Sheed, Andrews and McMeel, pp166-180
    • b. "Joseph A. Schumpeter, 1883-1950", South African Journal of Economics, vol 18, june, pp215-218
  • 1959,
    • a. "Böhm-Bawerk und die Kapitalstruktur", Zeitschrift fr Nationalkonomie, vol 19, n°3, pp235-245
    • b. Professor Shackle on the Economic Significance of Time, Metroeconomica, Vol 11, April / August, pp64-73
      • Repris en 1977, In: Capital, Expectations and the Market Process. Essays in the theory of Market Economy, Walter E. Grinder, dir., Kansas City : Sheed Andrews & McMeel Inc, pp81-93

  • 1962, "Cost inflation and economic institutions", South African Journal of Economics, vol 30, septembre, pp177-189, Conférence, Economic Society of South Africa
  • 1963,
    • a. Cultivated growth and the market economy, South African Journal of Economics, vol 31, septembre, pp165-174, Conférence donnée à l'occasion du 36ème meeting de l'Economic Society of South Africa tenu à Prétoria le 16 août 1963
      • Repris en 1977, In: Capital, Expectations and the market process. Essays on the theory of the market Economy, Walter E. Grinder, dir., Kansas City: Sheed, Andrews and McMeel, pp323-337
    • b. "Wirtschaftsordnung und Wirtschaftliche Institutionen" (L'ordre économique et les institutions économiques), ORDO, vol 14, pp63-77

  • 1970, The Legacy of Max Weber, London: Heinemann
    • Nouvelle édition en 1971, Berkley, CA: Glendessary Press
    • Traduit en allemand en 1973 par Dr L. Walentik, Drei Essays über Max Weber's geistiger Vermachtnis, Tübingen, J. C. B Mohr
  • 1974, commentaire du livre de John Hicks, "Capital and Time. A Neo-Austrian Theory", Weltwirtschaftliches Archiv, Vol 110, pp49-51
  • 1977,
    • a. Austrians Economics in the present crisis of thought, Walter E. Grinder, dir., In: "Capital, Expectations and the Market Process. Essays in the theory of Market Economy", Kansas City : Sheed Andrews & McMeel Inc, pp25-41
    • b. The Flow of Legislation and the Permanence of the Legal Order, Zur Verfassung der Freiheit. Festgabe für Friedrich August von Hayek zur Vollendung seines 80, Lebensjahres, ORDO, 30, S. pp69-78
      • Repris en 1994, In: Don Lavoie, ir., Expectations and the Meaning of Institutions: Essays by Ludwig Lachmann, New York, US and London, UK: Routledge, pp249-260
    • c. Commentaire du livre de Spiro J. Latsis, Method and Appraisal in Economics, Journal of Economic Literature, Vol 15, n°3, Sep., pp934-936

  • 1980, Commentaire sur le livre de Friedrich Hayek, "Law, Legislation and Liberty", Vol III, Journal of Economic litteraure, Vol 18, n°3, sept, pp1079-1080
  • 1984,
    • a. Der Markt ist Kein Uhrwerk, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 24 Novembre, p25
      • Traduit en anglais en 1986 par Cornelia Dorfschmid, "The Market is not a Clockwork", In: "The Market as an economic Process", Oxford: Basil Blackwell, Appendix
    • b. Marktprozeß und Erwartungen. Studien zur Theorie der Marktwirtschaft, Munich/Vienna
  • 1992, "Socialism and the Market: A Theme of Economic Sociology Viewed from a Weberian Perspective", South African Journal of Economics, Vol 60, n°1, pp13–23

Littérature secondaire

Pages correspondant à ce thème sur les projets liberaux.org :

  • 1958, William P. Yohe, commentaire du livre de Ludwig M. Lachmann, "Capital and Its Structure", Econometrica, Vol 26, n°1, Jan., pp186-188
  • 1959, John Vibe-Pedersen, commentaire du livre de Ludwig M. Lachmann: Capital and its Structure, Nationaløkonomisk Tidsskrift, Vol 97 (en danois)
  • 1978,
    • Karl Borch, commentaire du livre de Walter E. Grinder, dir., "Ludwig M. Lachmann, Capital, Expectations, and the Market Process: Essays on the Theory of the Market Economic", Journal of Economic Literature, Vol 16, n°4, Dec., pp1444-1445
    • Terence W. Hutchison, commentaire des livres de Ludwig M. Lachmann, Capital, Expectations, and the Market Process. Essays on the Theory of the Market Economy, de Gerald P. O'Driscoll, Jr., Economics as a Coordination Problem. The Contributions of Friedrich A. Hayek, de Murray Rothbard, Power and Market. Government and the Economy et de John Jewkes, A Return to Free Market Economics?, The Economic Journal, Vol 88, n°352, Dec., pp840-843
  • 1979, Ulrich Fehl, commentaire du livre édité par Walter Grinder, "Capital, Expectations, and the Market Process. Essays on the Theory of the Market Economy by Ludwig M. Lachmann", Weltwirtschaftliches Archiv, Vol 115, n°3, pp582-586
  • 1986,
    • Ulrich Fehl, "Spontaneous Order and the Subjectivity of Expectations: A Contribution to the Lachmann-O'Driscoll Problem", In: Israel Kirzner, dir., ubjectivism, Intelligibility, and Economic Understanding. Essays in Honor of Ludwig M. Lachmann on his Eightieth Birthday. London, pp72-86
    • Roger Garrison, From Lachmann to Lucas: On Institutions, Expectations, and Equilibrating Tendencies, In: Subjectivism, Intelligibility and Economic Understanding: Essays in Honor of Ludwig M. Lachmann on his Eightieth Birthday, Israel Kirzner, Dir., New York: NYU Press, pp87-101
    • Israel Kirzner, Dir., Subjectivism, Intelligibility and Economic Understanding: Essays in Honor of Ludwig M. Lachmann on His Eightieth Birthday (New York: New York University Press)
  • 1987,
    • Humberto Barreto, commentaire du livre de Ludwig M. Lachmann, The Market as an Economic Process, Southern Economic Journal, Vol 54, n°2, Oct., pp488-489
    • Richard M. Ebeling, commentaire du livre de Ludwig Lachmann, "The Market as an Economic Process", The Freeman, August, Vol 37, n°8
    • Terence W. Hutchison, commentaire du livre de Ludwig M. Lachmann, The Market as an Economic Process, The Economic Journal, Vol 97, n°385, Mar., pp231-232
    • David Prychitko, “Ludwig Lachmann and the farther reaches of Austrian Economics”, Critical Review, Summer, pp. 63-76
  • 1988, J. A. Kregel, commentaire du livre de Ludwig M. Lachmann, The Market as an Economic Process, Journal of Economic Literature, Vol 26, n°1, Mar., pp96-97
  • 1992,
    • Bruce Caldwell, Ludwig M. Lachmann: A Reminiscence, Critical Review 5 (1), pp139–144
    • K. H. M. Mittermaier, Ludwig Lachmann (1906-1990): A biographical sketch, South African Journal of Economics, Vol 60, March, pp7-23
    • Christopher Sidney Willoughby Torr, Lachmann and Hodgson on institutions, South African Journal of Economics, vol 60, March, pp131-36
    • Rudy Van Zijp, "Lachmann and the wilderness: on Lachmann's radical subjectivism", European Journal of the History of Economic Thought, 2, pp412-433
  • 1998,
    • Pierluigi Barrotta, 1998, Su un dilemma della scuola austriaca: il soggettivismo radicale di Ludwig Lachmann, Nuova civiltà delle macchine, vol XVI, n°3-4, juillet-décembre, pp139-149
    • Peter J. Boettke et S. T. Sullivan, "Lachmann’s policy activism: an Austrian critique of Keynesian proclivities", In: Roger Koppl et Gary Mongiovi, dir., "Subjectivism and Economic Analysis: Essays in Memory of Ludwig M. Lachmann", London and New York: Routledge
    • Roger Koppl and Gary Mongiovi, dir., Subjectivism and Economic Analysis: Essays in Memory of Ludwig M. Lachmann, London/New York: Routledge)
    • Roger Koppl, "Lachmann on the subjectivism of active minds", In: ’, Roger Koppl and Gary Mongiovi, dir., Subjectivism and Economic Analysis: Essays in Memory of Ludwig M. Lachmann, London/New York: Routledge
    • Brian Loasby, "Ludwig M Lachmann: Subjectivism in economics and the economy", In: Roger Koppl et Gary Mangiovi, dir. "Subjectivism in economic analysis: essays in memory of Ludwig Lachmann", London: Routledge, pp12-30
  • 2001, Michel Bellet, "Lundberg, Lachmann and the Theory of Capital". 5th Annual Conference of the European Society of History of Economic Thought (ESHET). Darmstadt (Allemagne). February
  • 2002,
    • Paul Lewis, commentaire du livre de Sandye Gloria-Palermo, "The Evolution of Austrian Economics: From Menger to Lachmann", Journal of Economic Issues, Vol 36, n°4, Dec., pp1131-1133
    • The South African Journal of Economics, L. M. Lachmann (1962 - 63) Professor. Economic Theorist, The South African Journal of Economics, numéro spécial sur les anciens prsidents de 1925 à 1963 de "The Economic Society of South Africa", septembre, pp112-121

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