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Idéalisme

De Wikiberal

En philosophie, l'idéalisme est un courant de pensée qui affirme la prééminence des représentations mentales (ou le primat de la conscience) dans la connaissance que l'homme peut avoir de la réalité.

Du point de vue de la théorie de la connaissance, l'idéalisme est souvent opposé au réalisme, bien que cette opposition ne soit pas absolue (ainsi la philosophie kantienne est un idéalisme transcendantal associé à un réalisme empirique). Le seul réalisme que nient toutes les variantes de l'idéalisme est le "réalisme naïf"[1] qui affirme la réalité absolue de l'objet (niant le conditionnement réciproque sujet/objet).

Du point de vue de la philosophie de l'esprit, l'idéalisme est opposé au matérialisme, bien qu'il ne propose pas une solution unique au problème corps-esprit.

L'idéalisme est davantage une position épistémologique issue du primat de la conscience qu'une doctrine dogmatique figée. Il a conduit à des développements très riches dans des domaines très variés de la connaissance (philosophie allemande du XIXe siècle, existentialisme du XXe siècle, physique moderne, phénoménologie, psychologie, linguistique, etc.) ainsi qu'en métaphysique.

On doit prendre garde au fait que le terme d'idéalisme n'a pas le même sens d'un philosophe à l'autre. Par exemple, Kant, Schopenhauer et Nietzsche emploient tous trois ce terme dans des sens très différents : Kant l'emploie en pensant à Berkeley et à ceux qui nient l'existence des choses extérieures[2] ; Schopenhauer l'emploie généralement en référence à la philosophie kantienne (idéalisme transcendantal) ; Nietzsche l'emploie en référence à Platon et à tous ceux qui décrivent un monde idéal et dévaluent ainsi le "monde réel".

Deutscher Idealismus.jpg

Principaux représentants

  • les philosophies orientales (notamment d'origine indienne) sont majoritairement idéalistes (védantisme : "le substrat de l'univers est conscience pure" ; bouddhisme : "le mental est l'avant-coureur des conditions")
  • Platon (réalisme des idées : seules les Idées ont une existence réelle[3]) ; son importance pour l'idéalisme fera dire à Whitehead que "toute la philosophie occidentale n'est rien de plus qu'une note de bas de page ajoutée aux écrits de Platon".
  • le nominalisme (Guillaume d'Occam) : seul le particulier existe, les catégories générales ne sont qu'invention de l'esprit humain (plusieurs types très différents de nominalisme existent, depuis la version forte "rien n'existe que des noms" jusqu'au conceptualisme : "les idées générales n'existent pas antérieurement aux choses") ; le nominalisme est combattu tant par certains réalistes que par les collectivistes qui donnent une existence indépendante à une classe sociale, à la nation, à la communauté, etc.[4]
  • Descartes (idéalisme problématique, ou empirique : la pensée est la réalité la plus évidente, la réalité du monde extérieur est problématique et n'est garantie que par l'existence de Dieu ; dualisme âme/corps)
  • George Berkeley (idéalisme empirique, ou subjectif  : seuls les objets de la perception ou les esprits qui les perçoivent sont réels, la matière n'est qu'une abstraction)
  • Baruch Spinoza ("idéalisme de la finalité", selon Kant) : inhérence de toutes les choses naturelles à une seule et unique substance, panthéisme
  • Leibniz (idéalisme spiritualiste monadique) : le monde n’existe qu’en tant que représentation, les "monades" sont les éléments simples, d'essence spirituelle, dont tout est composé et qui se développent selon une loi interne ; Dieu établit une harmonie entre elles de façon à ce qu'elles puissent interagir.
  • Emmanuel Kant (idéalisme transcendantal : la seule réalité connaissable est phénoménale, donnée dans le cadre transcendantal de l'espace et du temps, et seule l'expérience fournit un matériau valide pour la connaissance : réalisme empirique ; la réalité "en soi" est inconnaissable)
  • Arthur Schopenhauer approfondit l'idéalisme kantien dans un sens métaphysique (le monde est à la fois représentation, et un principe non rationnel dépourvu de connaissance, la Volonté, chose en soi)
  • Johann Gottlieb Fichte (idéalisme subjectif : la conscience ne s'appuie que sur elle-même, la réalité n'est que l'effort du Moi transcendantal pour prendre conscience de soi comme liberté ; le moi pose le non-moi à titre d'obstacle de façon à prendre conscience de lui-même)
  • Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling (idéalisme objectif : la nature et l'esprit émanent tous deux de la pensée absolue, identique avec l'être absolu)
  • Georg Wilhelm Friedrich Hegel (idéalisme absolu : la seule réalité est l'Esprit absolu, qui est aussi Raison universelle)
  • Friedrich Nietzsche développe un point de vue kantien "post-idéaliste" en ce qui concerne la "chose en soi"[5] ; sa prédilection pour les "interprétations" plutôt que pour l'ontologie le rattache (malgré lui) à l'idéalisme
  • la philosophie spiritualiste d'Henri Bergson (dualité corps-esprit) rattache ce philosophe partiellement à l'idéalisme
  • la phénoménologie de Husserl, par son caractère apriorique et son expérience de la conscience, se rattache à l'idéalisme
  • la philosophie de Karl Jaspers se rattache au kantisme, qu'il prolonge en une « méditation rationnelle aux limites de la condition humaine », aboutissant au « déploiement de l'échec d'une ontologie »[6]
  • l'idéalisme linguistique (Ludwig Wittgenstein, Willard Van Orman Quine, Gilbert Ryle), parfois vu comme une espèce de nominalisme : les objets auxquels nos déclarations se réfèrent et l'univers que notre discours décrit ne peuvent être compris qu'en référence aux outils linguistiques que nous employons en parlant de ceux-ci ; notre conceptualisation du monde est de nature exclusivement langagière
  • l'idéalisme influence également la science, dans le sens où cette dernière, dans sa recherche et son investigation d'une "réalité objective" au sens du réalisme naïf, bute sur des paradoxes qui ne sont compréhensibles qu'avec une perspective idéaliste[7]. La déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences naturelles (Eugene Wigner, 1960), donc de la pensée pure appliquée à la nature, s'explique assez naturellement dans un cadre idéaliste : tout phénomène est perçu par le sujet connaissant dans un "pré-formatage" spatio-temporel qui le rend immédiatement mathématisable. La science ne traite pas des "choses en soi", mais des phénomènes rapportés à notre faculté de connaître ; les "lois de la nature" ne sont pas des explications des phénomènes naturels (Wittgenstein, Tractatus, 6.371), mais des modèles logiques plus ou moins adéquats.

Rapports avec le libéralisme

De nombreuses positions libérales sont d'essence idéaliste, car elles donnent le primat à la conscience et au jugement de l'esprit sur un point de vue prétendument objectif (historiciste ou matérialiste) qui s'imposerait irréfutablement : la subjectivité de la valeur, l'apriorisme et le subjectivisme de l'École autrichienne d'économie (dont l'axiome de l'action rationnelle), l'éthique déontologique liée au droit naturel (qu'il s'agisse d'inaliénabilité de la volonté humaine, de principe de non-agression, de propriété de soi-même), l'ophélimité parétienne, etc.

En économie, l'apport le plus fondamental de l'idéalisme est la reconnaissance du fait que la valeur est un jugement de la conscience, un acte de la pensée, et non quelque chose qui existerait objectivement indépendamment du sujet. L'apriorisme autrichien découle également du fait que c'est la pensée de l'homme qui inspire son action, ce qui rend inapplicable la méthode expérimentale en économie.

L'axiome de l'action rationnelle ou l'inaliénabilité de la volonté humaine peuvent également trouver un fondement dans l'idéalisme[8].

Dans un sens plus vague, l'idéalisme est la doctrine qui affirme l'importance des idées dans le domaine politique :

Les idées sont capitales pour façonner la société. En fait, elles sont bien plus puissantes que les bombes, les armées ou les fusils, parce qu’elles peuvent se propager sans entrave. Elles sont derrière tous les choix que nous effectuons. Elles peuvent transformer le monde comme ne peuvent le faire les gouvernements et les armées. Lutter pour la liberté avec des idées a beaucoup plus de sens pour moi que de se battre avec des armes, ou de lutter par la politique ou par l’exercice du pouvoir. Grâce aux idées, nous pouvons opérer de réels changements, de façon durable. (Ron Paul, Liberty Defined)
Les idées, justes ou fausses, des philosophes de l’économie et de la politique ont plus d’importance qu’on ne le pense en général. À vrai dire le monde est presque exclusivement mené par elles. Les hommes d’action qui se croient parfaitement affranchis des influences doctrinales sont d’ordinaire les esclaves de quelque économiste passé. Les illuminés du pouvoir qui se prétendent inspirés par des voies célestes distillent en fait des utopies nées quelques années plus tôt dans le cerveau de quelque écrivailleur de faculté. (Keynes, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936)
Ce ne sont pas des « forces productives matérielles », mais la raison et les idées qui déterminent le cours des affaires de l'humanité. (Ludwig von Mises)

Erreurs communes à propos de l'idéalisme

Le terme d'idéalisme sert à désigner un grand nombre de positions philosophiques très différentes, depuis le solipsisme jusqu'à certaines formes d'empirisme. Il faut donc analyser précisément le contexte dans lequel on parle d'idéalisme sous peine de tomber dans la généralisation abusive.

  • Pour un idéaliste, la nature ultime de la réalité repose sur l'esprit : position spiritualiste, ou immatérialiste (Berkeley : la matière est une fiction ontologique) qui n'est pas soutenue par toutes les doctrines idéalistes (l'idéalisme ne propose pas nécessairement une ontologie et n'adhère pas forcément au dualisme esprit/matière : il offre un éventail de points de vue très larges, depuis le scepticisme ontologique jusqu'à l'idéalisme kantien qui reste avant tout épistémologique) ; on appelle souvent "idéalisme" l'affirmation de l'identité de l'Être et de l'Esprit : c'est un raccourci commode, mais qui ne correspond pas à tous les points de vue idéalistes.
  • L'idéalisme nie la réalité du monde extérieur : position solipsiste (souvent caricaturale de l'idéalisme), refusée par la majorité des doctrines idéalistes :
« L'idéalisme transcendantal ne conteste nullement la réalité empirique du monde présent devant nous. Au contraire, il dit simplement qu'il n'est pas inconditionné, puisqu'il a pour condition nos fonctions cérébrales, d'où naissent les formes de la perception intuitive, à savoir temps, espace et causalité ; en conséquence, cette réalité empirique elle-même n'est que la réalité d'une apparence phénoménale. » (Schopenhauer, Parerga et Paralipomena, Fragments sur l'histoire de la philosophie)
« J'accorde sans contredit qu'il y a en dehors de nous des corps, c'est-à-dire des choses dont, tout en ne connaissant absolument pas ce qu'elles peuvent être en elles-mêmes, nous prenons connaissance grâce aux représentations que nous procure leur influence sur notre sensibilité ; et c'est à ces choses que nous donnons le nom de "corps", mot qui signifie par conséquent simplement l'apparition de cet objet qui nous est inconnu, mais qui pour autant n'en est pas moins réel. » (Kant, Prolégomènes à toute métaphysique future)
« Ce que j’ai appelé idéalisme ne concernait pas l’existence des choses (or l’idéalisme proprement dit, au sens communément reçu, consiste à la mettre en doute), car il ne m’est jamais venu à l’esprit d’en douter. » (Kant, ibid.)
  • Pour l'idéalisme, il existe un autre monde, plus réel que (ou supérieur à) celui que nous connaissons empiriquement : il serait erroné d'affirmer que l'idéalisme en général (excepté le platonicisme) affirmerait l'existence d'un "arrière-monde" (pour reprendre le terme bien connu de Nietzsche) qui serait "plus réel" que ce monde-ci. Du point de vue idéaliste le plus courant, un tel dualisme n'est pas justifié : l'ensemble des représentations mentales constitue le monde. Parler d'un monde qui serait inaccessible à notre connaissance n'a pas de sens.

Idéalisme politique

L'idéalisme politique a peu de choses à voir avec l'idéalisme philosophique. Il s'agit d'une conception interventionniste du pouvoir qui cherche à établir une société fondée sur un idéal ou une utopie donnée : la cité idéale de Platon, la cité de Dieu de Saint Augustin, et toutes les utopies issues de l'imagination fertile des hommes, jusqu'au néoconservatisme américain qui veut instaurer la démocratie par la force. Son opposé serait le réalisme politique, par exemple la conception de Machiavel, dont le but est simplement la conservation et le renforcement du pouvoir (voir aussi réalisme (relations internationales)).

Notes et références

  1. On peut définir le "réalisme naïf" comme « la doctrine naïve d'un monde extérieur réel causant les mêmes apparences chez tous les observateurs » (Michel Bitbol, L’Élision, 1990). Pour le "réaliste naïf" on a un accès direct à la réalité, qui existe objectivement (certains sortent en cas de besoin l'argument "Dieu ne saurait vouloir nous tromper"). Pour les idéalistes (et notamment Kant, qui est un idéaliste transcendantal), on n'a accès qu'aux phénomènes, représentations que l'esprit se fait de la réalité (qui, elle, est un "x" indéterminé).
  2. « La thèse de tous les vrais idéalistes, depuis l’école d’Élée jusqu’à l’évêque Berkeley, est contenue dans la formule suivante : Toute connaissance acquise par les sens et l’expérience n’est qu’une pure apparence, et la vérité n’existe que dans les idées fournies par l’entendement pur et la raison. Le principe, qui régit et détermine tout mon idéalisme, est au contraire : Toute connaissance des choses, provenant de l’entendement pur ou de la raison pure, n’est qu’une simple apparence, et la vérité ne se trouve que dans l’expérience. » (Kant , Prolégomènes)
  3. Bien loin d'être devenu désuet, le platonicisme est devenu un point de vue fréquent chez beaucoup de scientifiques, mathématiciens ou physiciens. Pour eux, les découvertes mathématiques ou les lois de la physique pré-existeraient dans un "monde des Idées" éternel et intemporel que le scientifique ne ferait que découvrir. Ainsi, pour le logicien Kurt Gödel, la réalité mathématique est indépendante de l'esprit humain. La position inverse est celle du constructivisme, qui affirme que les lois n'existent que dans l'esprit humain, position opposée au "réalisme des idées" et plus proche en réalité de l'idéalisme dans ses variantes courantes.
  4. Le philosophe antilibéral Alain de Benoist définit ainsi le nominalisme comme "ancêtre du libéralisme, selon lequel il n'y a rien d'ontologiquement réel au-delà de l'individu singulier" (Etude sur Johannes Althusius)
  5. Voir notamment Humain, trop humain, chapitre 1 (Des choses premières et dernières).
  6. Selon Jeanne Hersch, L'étonnement philosophique, 1981.
  7. La physique, à partir du XXe siècle, illustre ce fait :
    • Henri Poincaré : les théories scientifiques ne disent pas la vérité du monde, mais n'en offrent que des représentations ;
    • relativité de l'espace et du temps : il n'y a pas de "temps objectif", le temps est relatif à chaque observateur ;
    • Ernst Mach : les sensations, qui constituent le fondement de la science, sont des phénomènes mentaux subjectifs, individuels et incommunicables, qui s'opposent au monde physique objectif ; les événements de la nature sont uniques, la détection d'événements semblables est une production de notre schéma mental ;
    • Niels Bohr : les objets quantiques ne possèdent aucun attribut qui leur soit propre, et ils constituent des entités inséparables de leurs conditions d'observations ;
    • "idéalisme moniste" de Schrödinger : "le sujet et l'objet ne font qu'un" puisque "ce sont les mêmes éléments qui composent l'esprit et le monde" (L'esprit et la matière, 1956) ;
    • interprétation "de Copenhague" de la mécanique quantique : "les propriétés d'un objet quantique n'existent pas avant d'être observées par un appareil de mesure", "les phénomènes ne sont pas réels avant d'être observés" ;
    • le "principe de sélection" formulé par Stephen Hawking : l'univers n'a pas une histoire objective, indépendante de l'observateur, c'est l'observateur qui crée l'histoire ; etc.
  8. Par exemple dans l’œuvre d'Arthur Schopenhauer : identité volonté-action (la volonté n'apparaît que dans les actes ; l'acte n'est pas une conséquence de la volonté, car il lui est identique) ; monisme de la volonté (l'inaliénabilité de la volonté résulte de l'unité transcendantale de l'être par delà l'individuation).

Citations

  • Toute figuration du monde par chacun des hommes est et restera toujours une construction de son esprit et la preuve de son existence ne peut être faite. (Erwin Schrödinger)
  • Si une quelconque métaphysique était caractéristique du libéralisme, elle constituerait probablement une forme ou une autre d’idéalisme, et non de matérialisme. (Ralph Raico)
  • Connaître quelque chose en soi et dans son intégralité est à jamais impossible : parce que cela se contredit. Car, dès que je connais, j'ai une représentation ; mais celle-ci est nécessairement, du fait même qu'elle est ma représentation, différente de la chose connue et ne peut donc être identique avec elle. (Arthur Schopenhauer, Handschriftliche Nachlass III)
  • La réalité qui nous est donnée comme première et que nous oublions comme nous oublions les lunettes que nous avons sur le nez, selon une expression de Wittgenstein, c’est celle de notre conscience. Son rapport avec le monde physique reste totalement mystérieux. (Dominique Laplane)
  • L'expérience ne nous enseigne pas les essences des choses. (Spinoza, lettre à De Vries, 1663)
  • Il n'y a pas d'événement en soi. Ce qui arrive est un ensemble de phénomènes, choisis et rassemblés par un être interprétant. (Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes, 112)
  • Non seulement nous ne connaissons pas la vraie essence des choses, la chose en soi, mais encore l’idée même de cette chose en soi n’est rien de plus et rien de moins que la dernière conséquence d’une antithèse relative à notre organisation, et dont nous ne savons pas si elle a un sens quelconque en dehors de notre expérience. (Friedrich Nietzsche, lettre au baron de Gersdorff, septembre 1866)
  • Beaucoup de personnes reconnaîtraient volontiers que nous n'avons pas vraiment de connaissance du monde ; nous avons seulement une connaissance de nos représentations du monde. Pourtant, nous semblons condamnés par notre constitution à traiter ces représentations comme si elles étaient le monde, car notre expérience quotidienne nous laisse l'impression d'un monde donné et immédiat. (Francisco J. Varela, The Embodied Mind, 1991)
  • L'idéal (das Ideal) dans nos pensées est fixe et inébranlable. Tu ne peux y échapper. Il te faut toujours revenir à lui. Il n'y a pas de dehors. Dehors, il n'y a pas d'air pour respirer. — A quoi cela tient-il ? L'idée est en quelque sorte posée sur notre nez comme des lunettes à travers lesquelles nous verrions ce que nous regardons. Il ne nous vient même pas à l'esprit de les enlever. (Ludwig Wittgenstein, Investigations philosophiques, 103)

Voir aussi

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