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Murray Rothbard

De Wikiberal
(Redirigé depuis Rothbard)
Murray Rothbard
Économiste, philosophe

Dates 1926 - 1995
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Tendance École autrichienne, anarcho-capitaliste
Origine États-Unis États-Unis
Articles internes Liste de tous les articles

Citation « L’État est une institution fondamentalement illégitime qui se fonde sur l’agression systématisée, le crime organisé et banalisé contre la personne et la propriété de ses sujets. Loin d’être nécessaire à la société, c’est une institution profondément anti-sociale qui parasite les activités productives des citoyens honnêtes. »
inter lib.org sur Murray N. Rothbard
Catallaxia

Murray Newton Rothbard (2 mars 1926 - 7 janvier 1995), fut un économiste américain, théoricien de l'École autrichienne d'économie (élève de Ludwig von Mises), du libertarianisme et de l'anarcho-capitalisme. En 1942, il se rend à la High School, Birch Wathen School, à New York City. Il poursuit ses études à l'université de Columbia où il est d'abord diplômé en mathématique (B.A en 1945) puis en économie (M.A en 1946).

Sommaire

L'économiste du laissez-faire

En économie, Murray Rothbard a popularisé la pensée de Ludwig von Mises, dans un langage et avec des arguments plus propres à convaincre les économistes contemporains, formés à l'empirisme. Son premier essai économique fut un coup de maître : dans un recueil d'articles publiés en 1956, sous le nom de Towards Liberty il publiait un article intitulé "Toward a Reconstruction of Utility and Welfare Economics", il y réfutait dès l'origine ces rationalisations encore courantes de l'étatisme que sont les « externalités » et les « services collectifs » — aussi parfois appelés « biens publics », montrant que ces rationalisations refusent le seul critère objectivement observable de l'accroissement d'utilité — l'action volontaire — au profit de gloses arbitraires sur des préférences dont la prétendue mise en forme mathématique n'est là que pour faire oublier qu'en réalité on ne peut pas les connaître, ni les mesurer, ni les comparer : l'action, et seule l'action, permet de connaître les préférences, elle en est la preuve authentique et unique.

Le critère de la préférence démontrée comme seule preuve de l'action productive permettra à Rothbard de dépasser son maître Mises dans la compréhension du monopole. Mises admettait la possibilité d'un « monopole » sur un marché libre; dans le chapitre 10 de Man, Economy and State, intitulé "Monopole et concurrrence", Rothbard démontre que le concept est contradictoire — et il l'est depuis ses origines grecques : toute forme d'organisation contractuelle est a priori productive (et conforme à la justice naturelle), tout acte de violence agressive fausse la concurrence (et viole la justice naturelle) et de ce fait mérite qu'on l'appelle « privilège de monopole ».

C'est ainsi que Murray Rothbard établit le caractère productif de tout acte pacifique, et l'impossibilité de prétendre scientifiquement qu'un acte qui viole le consentement d'un propriétaire ajouterait à une quelconque « production totale ». Ce qui lui permet de conclure que le laissez-faire capitaliste réalise la production maximum, et que quiconque affirme que l'intervention de l'État pourrait accroître cette production est ipso facto un charlatan.

À l'imitation de L'Action humaine de Mises, Rothbard entendait mettre en avant un système complet d'économie politique. D'où les deux tomes de Man, Economy and State, complétés par Power and Market, développement des effets destructeurs de l'intervention étatique déjà évoqués à la fin du premier Traité. Rothbard y fait un large usage du raisonnement à l'équilibre, mais dans les conditions énoncées par Mises. Il y développe aussi la théorie autrichienne de la conjoncture, et le caractère nécessaire du revenu d'intérêt.

L'épistémologue réaliste

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Rothbard utilitariste ? (for)
Peut-on Tripoter Saint Rothbard ?, Oui, bien sûr, mais... (for)
Rothbard Est-il Un Gros Nullard En Philo ? (for)
2 arguments contre les theses de rothbard (for)
L'ethique De La Liberté De M. Rothbard, interrogations (for)

Si Rothbard a été capable de remettre en cause les plus anciens concepts, et de tirer les conséquences des faits généraux de l'action humaine qu'on ne peut pas imaginer autres qu'ils ne sont, c'est parce qu'il se moquait de toute prétendue « vérification expérimentale » des propositions de type 2 + 2 = 4. Il tenait pour définitivement établi et probant tout axiome, c'est-à-dire toute proposition dont on est obligé de se servir au cours de toute tentative pour la réfuter. C'est dire qu'il n'était ni empiriste, ni positiviste.

Ce parti pris permet aux économistes autrichiens de se libérer, dans les domaines qui relèvent de la seule logique (c'est-à-dire, pour eux, la quasi-totalité de la théorie, par opposition à l'histoire économique) des analyses et des concepts qui dépendent de la disponibilité des statistiques. Par exemple dans celui de l'incertitude, ou dans celui de l'information, tout comme celui du monopole. Pour illustrer les progrès possibles quand on applique cette méthode, appropriée à son objet, on peut rappeler que, s'il a fallu 70 ans à Hayek pour comprendre que la « justice sociale » n'a aucune définition identifiable comme concept normatif — elle n'est qu'une désignation du pillage des faibles par les puissants dans la pseudo-démocratie socialiste, c'est parce qu'il fallait d'abord se poser la question de son sens.

Cependant, à la différence de Mises, Rothbard fondait le raisonnement logique non sur une conception kantienne de l'a priori mais sur une théorie aristotélicienne des concepts, qu'on pourrait rattacher à l'objectivisme de Ayn Rand, Nathaniel Branden et Leonard Peikoff. Avec sa tentative d'aller "au-delà de Ludwig von Mises", d'un point de vue épistémologique, avec une solution « aristotélicienne » et « néo-thomiste », La tentative de Murray Rothbard est de renouer avec la tradition de l'apriorisme de Nassau Senior et J. E. Cairnes[1], lorsque ce dernier avait tenté de trouver des lois économiques irréfutables comme une déduction logique de « faits indiscutables de la nature humaine et du monde » [2].

Ainsi, c'est dans la tradition même d'Aristote qu'il a écarté la définition catastrophique du monopole que celui-ci avait avancée, comme Böhm-Bawerk l'avait également réfuté en 1881 à propos de l'intérêt sur l'argent, en démontrant que celui-ci n'est pas « contre nature », mais traduit bien au contraire un aspect nécessaire de l'action humaine.

Le philosophe politique

Il restait à démontrer que le laissez-faire capitaliste est conforme à la justice : c'est ce qu'il fait dans L'Éthique de la liberté. Il y montre que la seule définition cohérente de la justice est la propriété naturelle, la libre disposition reconnue comme juste de toute possession qu'on n'a pas volée, c'est-à-dire prise à un autre sans son consentement. L'Éthique de la liberté décline les conséquences de cette définition, reprenant de nombreuses solutions de la tradition juridique et en contestant d'autres.

Le Credo libertarien repose sur un axiome central :
Aucun individu ni groupe d’individus n’a le droit d’agresser quelqu’un en portant atteinte à sa personne ou à sa propriété.
On peut appeler cela « axiome de non-agression », « agression » étant défini comme prendre l’initiative d’utiliser la violence physique (ou de menacer de l’utiliser) à l’encontre d’une autre personne ou de sa propriété. Agression est donc synonyme d’invasion, d’intrusion.
Si personne n’a le droit d’agresser quelqu’un d’autre, en bref, si chacun a le droit absolu d’être « libre » de toute agression, il s’ensuit immédiatement que le libertarien approuve pleinement ce qu’on appelle généralement les « libertés civiles » : liberté d’expression, de publication, d’association, liberté de « commettre » des délits sans victimes tels que la pornographie, les « déviations » sexuelles, la prostitution, la drogue, toutes choses que le libertarien ne considère pas du tout comme des délits, puisqu’il ne s’agit pas d’agression à l’encontre d’une autre personne ou de sa propriété. En outre, il considère la conscription comme un esclavage à grande échelle. Et puisque la guerre, et plus particulièrement la guerre moderne, entraîne l’exécution massive de civils, le libertarien considère de tels conflits comme du meurtre de masse, et donc comme quelque chose d’absolument illégitime.
Tous ces points de vue sont considérés comme « de gauche » sur l’échelle idéologique contemporaine. D’autre part, le libertarien s’opposant à l’agression contre le droit de propriété privée, il s’oppose tout aussi vigoureusement à l’intrusion du gouvernement dans les droits de propriété et dans l’économie de marché au travers de contrôles, règlementations, subventions ou interdictions. Car si chaque individu a le droit de posséder et de ne pas être agressé et volé, alors il a aussi le droit de se défaire de sa propriété (par la transmission ou l’héritage) et de l’échanger contre la propriété d’autres personnes (liberté de contrat et économie de marché libre) sans subir d’intrusion. Le libertarien est donc en faveur d’un droit de propriété sans restriction et du libre-échange, c’est-à-dire d’un système capitaliste de laissez-faire.
Le libertarien ne voit aucune incohérence à être « de gauche » dans certains domaines et « de droite » dans d’autres. Au contraire, il considère que sa position est quasiment la seule qui soit cohérente du point de vue de la liberté individuelle.
S’opposant à toute agression individuelle ou en groupe contre les droits de la personne et les droits de propriété, le libertarien constate que, tout au long de l’histoire et aujourd’hui encore, il y a un agresseur central, dominant et prépondérant qui bafoue tous ces droits : l’État. Contrairement aux autres penseurs de gauche, de droite ou du centre, le libertarien refuse d’accorder à l’État le droit moral de commettre des actions que quiconque jugerait immorales, illégitimes et criminelles si elles étaient commises par une seule personne ou un groupe de personnes. Il insiste pour appliquer la règle morale générale à tous, et à ne faire aucune exception.
Si nous regardons l’État « tout nu », nous nous apercevons qu’il est autorisé (voire encouragé) à commettre toutes sortes d’actes que même les non libertariens s’accorderaient à juger comme des crimes ou délits répréhensibles. L’État est un habitué du meurtre de masse, qu’il appelle « guerre », parfois « répression de la rébellion ». Il fait de l’esclavage par la « conscription » dans ses forces militaires. Il vit et tire son existence de la pratique du vol sous la contrainte, qu’il appelle « fiscalité ». Le libertarien souligne que le fait que de telles pratiques soient approuvées ou non par une majorité de la population ne change rien à leur nature : sanctionnées ou non par le peuple, la guerre c’est bien le Meurtre de masse, la conscription, l’Esclavage, et la fiscalité, le Vol. Bref, le libertarien, comme l’enfant de la fable, s’obstine à répéter que « le roi est nu ».
Extrait de « For a New Liberty: The Libertarian Manifesto » [1], traduit en français et adapté par Dilbert.

Le droit naturel

Le concept même de « Droits » est défini négativement, il délimite le domaine d’action d’une personne où nul ne peut s'immiscer. Aucun homme n'a donc le Droit de forcer quelqu’un à accomplir une action positive puisque l’individu ainsi contraint subirait une violation de son Droit sur sa personne et sa propriété
(L'Éthique de la Liberté, chapitre 14).

L'historien de la société

Outre ses œuvres dans les domaines de l'économie et de la politique, Rothbard s'est également intéressé à l'histoire économique. Il a commencé sa carrière avec Conceived in Liberty, histoire des États-Unis avant la Déclaration d'indépendance. En 1963, il publiait America's Great Depression, explication autrichienne de la crise de 1929 et des sottises de la politique américaine avant et après, que l'historien Paul Johnson devait reprendre dans son ouvrage Modern Times. Il est un des rares auteurs qui ait disserté dans son œuvre Perspective autrichienne sur l'histoire de la pensée économique sur les écoles qui ont précédé Adam Smith, telles que celles des scolastiques et des physiocrates. C'est ainsi que Rothbard a permis de réévaluer à leur juste mesure les travaux d'auteurs français comme Turgot (cf. son "Eclat de Turgot"). A contrario, les thèses de Smith constituaient, d'après lui, une régression dans la compréhension de l'économie, Rothbard allant jusqu'à parler d'une "dégringolade gigantesque et calamiteuse par rapport aux sommets atteints par la tradition continentale" (cf. "Adam Smith en examen", trad. par François Guillaumat).

L'activiste politique

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L'action partisane de Murray Rothbard se caractérise par d'importants revirements stratégiques.

Le foyer politique de Rothbard était la "Old Right", isolationniste et très sensible aux thèses libertariennes (Albert Jay Nock en étant le représentant préféré de Rothbard). Or, dès les années cinquante, guerre froide aidant, le centre de gravité de la droite américaine s'est recomposé autour d'un anti-communisme et d'un nationalisme musclés. Dans ce contexte, l'anarchisme de Rothbard paraissait au mieux anachronique, au pire une trahison, un état fort étant considéré, en particulier par la National Review et son mentor, William F. Buckley Jr., indispensable à la compétition militaire et géopolitique avec l'Union Soviétique.

Rothbard chercha alors de nouveaux amis politiques, se rapprochant par exemple brièvement du cercle de la romancière Ayn Rand.

Cette tentative ayant échoué, Rothbard s'intéressa durant les années soixante à la "New Left" libertaire et anti-impérialiste. En 1965, il créa avec Leonard P. Liggio la revue "Left and Right" dont le but était de rapprocher droite libertarienne et gauche libertaire.

Rothbard se lassa rapidement de ce courant politique, principalement en raison de sa mentalité anti-capitaliste, mais également par rejet de la « contre-culture ». La rupture avec la gauche anti-autoritaire était donc consommée dès 1970.

Durant cette décennie Rothbard participa à la création du Libertarian Party et du Cato Institute, dont il s'éloigna ensuite parce qu'ils lui semblaient trop tièdes, voire opportunistes. Il se rapprocha ensuite de diverses organisations paléo-conservatrices et rejoignit finalement le Mises Institute de Llewellyn H. Rockwell Jr. en 1982.

Rothbard vit dans la chute de l'Union Soviétique une opportunité pour ressusciter la "Old Right" et fonda beaucoup d'espoirs dans divers mouvements et hommes politiques populistes, dont Pat Buchanan. Force est de constater que cette stratégie, que ses héritiers au Mises Institute poursuivent, n'a pas encore porté ses fruits.

L'anarchisme et l'anti-impérialisme (bien ancré dans la tradition libérale classique) de Murray Rothbard, ainsi que ses alliances politiques parfois surprenantes, lui ont valu beaucoup d'inimitiés à droite et notamment celle des néo-conservateurs. Elles expliquent largement certaines accusations qui ont été portées contre lui, par exemple d'avoir été un compagnon de route des communistes ou encore de s'être allié à des antisémites (rappelons à ce propos que Rothbard était juif). On peut, en effet, s'interroger a posteriori sur l'opportunité de certains articles et alliances de circonstance de Rothbard - encore qu'ils ne semblent pas justifier les critiques mentionnées ci-dessus - mais pas au point de pouvoir mettre sérieusement en doute la constance idéologique dont il a fait preuve durant toute sa vie. Si l'action partisane de Rothbard s'illustre tant par son étonnante souplesse stratégique que par son relatif insuccès, cela est probablement dû à la difficulté qu'il a éprouvée à trouver des relais pour diffuser ses idées dans le contexte politique de son époque.

source : An Enemy of the State, The Life of Murray Rothbard, Raimondo, J., Prometheus Books, Amherst NY, 2000.

Concepts

La pensée de Rothbard est détaillée dans les articles connexes. Cliquez sur les liens pour plus d'information :

Les 8 mythes économiques

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Oui, Rothbard était Bien Un Anarcap Conservateur (for)

Au sein du Ludwig von Mises Institute, Murray Rothbard publia un tract afin de combattre les mythes économiques qui assiègent nos pensées.

Mythe n°1 : Les déficits sont la cause de l'inflation. Les déficits n'ont rien à voir avec l'inflation. Ces deux affirmations sont fausses. Les déficits sont financés, soit par le public grâce à la vente de bons du trésor, soit par le système bancaire qui est générateur d'inflation par le mécanisme d'accroissement des réserves bancaires.

Mythe n°2 : Les déficits n'ont pas un effet d'éviction sur les investissements privés.

Supposons que les déficits soient élevés et croissants et que les taux d'intérêts baissent, comme aux États Unis au début des années 80. Cela ne signifie pas que l'effet d'éviction ne joue pas. Les taux d'intérêt baissent parce qu'il y a moins d'emprunt de la part des chefs d'entreprise en période de récession. les taux d'intérêt réels (taux d'intérêt moins taux d'inflation) restent élevés. Si l'épargne se dirige vers les bons du Trésor, il y aura nécessairement moins d'épargne disponible pour l'investissement productif. Et, les taux d'intérêt sont supérieurs à ce qu'ils auraient du être sans les déficits. Le détournement de l'épargne est soit direct (financement par le public), soit indirect (finacement par le système bancaire).

Mythe n°3 : Les importations des pays où le coût de main d'œuvre est faible cause le chômage dans notre pays.

Les salaires sont élevés dans les pays développés (France, États-Unis) parce que la productivité du travail y est plus élevée. Et, cette productivité ne provient pas d'un phénomène magique. C'est parce que des entreprises ont investi des montants importants en technologie et en équipement en capital, au sens large. L'investissement en capital est une aide pour les travailleurs. Ces derniers obtiennent ainsi des salaires plus élevés. Par contre, dans les pays où le capital ne peut pas venir en aide aux travailleurs, les taux de salaire sont plus faibles. Par conséquent, les salaires élevés ne sont pas une menace pour la prospérité, ils sont la conséquence de cette prospérité. Certains représentants de l'industrie se plaignent du dumping social. Toutefois, les salaires élevés dans leur industrie provient du fait que cette industrie n'est pas efficace dans l'utiisation du travail en comparaison d'autres industries. Et, donc, pour compenser la désaffection des salariés, les salaires sont plus élevés que dans d'autres secteurs. Il est dangereux pour l'industrie, elle-même, ainsi que pour l'économie du pays entier de faire appel à l'État pour intervenir sur des restrictions à l'importation (quotas ou tarifs). Car les entreprises inefficaces perdent toujours de l'argent et elles demanderont de plus en plus de protection de l'État jusqu'où jour où elles ferment définitivement leur porte.

Mythe n°4 : Les augmentations des impôts sont une solution pour résorber les déficits.

Une règle comportementale de l'homme politique est simple. Plus son budget augmente, plus il a tendance à vouloir le dépenser. Il s'aide pour cela des groupes de pression, toujours bien attentionnés et bienveillants vis à vis du public qui considèrent que tel ou tel secteur a besoin d'aide. Ainsi, l'augmentation des impôts n'arrive jamais à réduire la dette.

Mythe n°5 : les économistes utilisant des tableaux ou des modèles informatiques à haute vitesse peuvent prévoir le futur de façon plus précise.

Mythe n°6 : Chaque fois que la banque centrale restreint l'offre de monnaie, les taux d'intérêt augmentent (ou baissent); chaque fois que la banque centrale accroît l'offre de monnaie, les taux d'intérêt s'accroissent (ou baissent).

Mythe n°7 : il existe un échange équilibré entre le chômage et l'inflation.

Mythe n°8 : la déflation (la baisse des prix) est impensable, et provoquerait une dépression catastrophique.

Les sujets polémiques

Murray Rothbard est loin de faire l'unanimité parmi les libertariens sur un certain nombre de sujets pour lesquels il a un avis très tranché :

  • les réserves fractionnaires des banques : pratique illégitime selon Rothbard, analogue à une escroquerie ;
  • le droit des enfants : Rothbard affirme que les parents ont le droit de laisser mourir de faim leurs enfants ; il n'y a pas pour l'enfant de "droit à la vie" puisque ce serait imposer une obligation positive aux parents (voir L'enfant est-il une marchandise ?)
  • l'avortement : pour Rothbard (comme pour Ayn Rand) un enfant ne peut acquérir de droits avant d'être né, l'avortement est donc permis à n'importe quel stade de la grossesse
  • la règle du "double talion" en droit pénal : à la nécessaire réparation des dégâts causés, s'ajoute (de façon optionnelle) le droit d'infliger au coupable des dégâts équivalents
  • privatisation complète de tous les biens publics, car « toute propriété aux mains de l’État est entre les mains de voleurs, et doit être libérée le plus rapidement possible »
  • contrairement aux néo-conservateurs, Rothbard préconise un isolationnisme absolu en matière de politique étrangère[3]
  • de façon générale, un certain nombre de libertariens contestent son apriorisme absolu, son refus de l'empirisme, sa conception radicale du droit naturel

Notes et références

  1. J. E. Cairnes, 1888, "The Character and Logical Method of Political Economy", London, Frank Cass.
  2. J. E. Cairnes, 1888, "The Character and Logical Method of Political Economy", London, Frank Cass., p64
  3. "La position libérale, en général, consiste à réduire le pouvoir de l'État, à le ramener autant que possible à zéro, et l'isolationnisme est la pleine expression dans le domaine des affaires étrangères de l'objectif de diminution du pouvoir de l'État à l'intérieur du pays." Murray Rothbard on War

Bibliographie sélective

Pour une liste plus détaillée des œuvres de Murray Rothbard, voir Murray Rothbard (Bibliographie)

Littératures secondaires

  • 1963,
    • Hugh Aitken, commentaire du livre de Murray Rothbard, “The Panic of 1819: Reactions and Policies”, The Journal of Finance, Vol 18, n°1, Mar., p100
    • Anonyme, commentaire du livre de Murray Rothbard, “The Panic of 1819: Reactions and Policies”, Economica, New Series, Vol 30, n°120, Nov., p449
    • Victor Heck, commentaire des deux volumes du livre de Murray Rothbard, "Man, Economy, And State: A Treatise on Economic Princi­ples", American Economic Review, 53 (3), pp460-461
    • Eugene Lerner, commentaire du livre de Murray Rothbard, “The Panic of 1819: Reactions and Policies”, The Journal of Political Economy, 71 (6), pp603-604
    • Harris Proschansky, commentaire du livre de Murray Rothbard, “The Panic of 1819: Reactions and Policies”, The Journal of Economic History, 23 (2), pp258-259
    • Harry Shaffer, “The Panic of 1819: Reactions and Policies", commentaire du livre de Murray Rothbard, "The Panic of 1819", The American Economic Review, 53 (1), pp213-215
    • George Taylor, commentaire du livre de Murray Rothbard, “The Panic of 1819: Reactions and Policies”, The Economic History Review, 15 (3), p572
  • 1964,
    • Eugene Smolensky, commentaire du livre de Murray Rothbard, "America's great depression", Business history review, 38, pp278-280
    • D. N. Winch, commentaire du livre de Murray Rothbard, "Man, Economy, and State: A Treatise on Economic Principles", The Economic Journal, 74 (294), pp480-482
  • 1965, Nelson McClung, commentaire du livre de Murray Rothbard, “America’s Great Depression”, The Economic History Review, 17 (3), pp624-625
  • 1971, George H. Resch, Economics and Freedom, commentaire du livre de Murray Rothbard, Power and Market: Government and the Economy, Modern Age, Vol 15, n°2, spring
  • 1972,
    • Dominick Armentano, commentaire du livre de Murray N. Rothbard, "America's Great Depression", Human Events, November
    • Edward H. Frech III, The Public Choice Theory of Murray N. Rothbard: A Modern Anarchist, Public Choice, Vol 14, n°1, pp143-154
  • 1978,
    • Karl T. Fielding, “Stateless Society: Frech on Rothbard”, Journal of Libertarian Studies, Vol 2, n°2, pp179–181
    • Terence W. Hutchison, commentaire des livres de Ludwig M. Lachmann, Capital, Expectations, and the Market Process. Essays on the Theory of the Market Economy, de Gerald P. O'Driscoll, Jr., Economics as a Coordination Problem. The Contributions of Friedrich A. Hayek, de Murray Rothbard, Power and Market. Government and the Economy et de John Jewkes, A Return to Free Market Economics?, The Economic Journal, Vol 88, n°352, Dec., pp840-843
  • 1993, Steven Horwitz, Misreading the «myth» : Rothbard on the theory and history of free banking, In: Peter Boettke et David Prychitko, dir., The Market Process. Essays in Contemporary Austrian Economics, Edward Elgar, pp166-176
  • 1997, Peter Lewin, "Rothbard and Mises on Interest: An Exercise in Theoretical Purity", Journal of the History of Economic Thought, Spring, Vol 19, n°1, pp141-159
  • 1998,
    • Roberta Modugno, Murray N. Rothbard e l’anarco-capitalismo americano, Rubbettino, Soveria Mannelli, Messina, (it)
    • Warren J. Samuels, Murray Rothbard's Austrian Perspective on the History of Economic Thought, Critical review, vol. 12, Winter-Spring, pp71-75
    • Paul B. Trescott, Murray Rothbard confronts Adam Smith, Quarterly Journal of Austrian Economics, Volume 1, Number 1 / mars
    • Clifford F. Thies, dir., The Contributions of Murray Rothbard to Monetary Economics, Irvington-on-Hudson, Foundation for Economic Education
  • 2003,
    • Nicola Iannello, “Un’immacolata concezione della libertà”, Ideazione, n. 1, pp182-196
    • Guglielmo Piombini, "Murray N. Rothbard e il movimento paleolibertario", «Etica & Politica», 2, Università di Trieste
    • Joseph R. Stromberg, “Rothbard contro Rothbard: un falso dilemma”, Ideazione, n. 1, pp. 212-217
  • 2006,
    • Gilles Campagnolo, "Seuls les extrémistes sont cohérents", Murray Rothbard et l'École austro-américaine, Lyon: ENS- Editions, coll. "Economie politique contemporaine", comprenant la traduction de : Rothbard M., "The hermeneutical invasion of philosophy in economics", initialement publié dans Review of Austrian Economics
    • Rosa Pelz Galperín, Murray Newton Rothbard: El Sr. Libertariano, In: Gustavo Lazzari et Martín Simonetta, dir., Héroes de la Libertad. Pensadores que cambiaron el rumbo de la historia, Fundación Friedrich A. von Hayek, Argentine, pp71-75 (es)
    • Eduardo García Gaspar, Mercados, intervención y política, Serie Ama-Yi No. 126: M. N. Rothbard, Miércoles 01 de febrero de 2006. Núm. 50, (es)
  • 2009,
    • William Barnett et Walter Block, “Investment and Consumption: a Critique of Rothbard’s Claim that there can be No Such Thing as Governmental ‘Investment’", Journal of Public Finance and Public Choice, Vol 27, n°2—3, pp183—188
    • Gerard Casey, Feser on Rothbard as a philosopher, Libertarian Papers, Vol 1, n°34
    • Mateusz Machaj et Łukasz Machaj, "Prawo naturalne w koncepcjach Murray’a Newtona Rothbarda" (Le Droit nature et les concepts de Murray Newton Rothbard", Przegląd Prawa i Administracji

Liens externes

Pages correspondant à ce thème sur les projets liberaux.org :

Textes en ligne de Rothbard

Sur Rothbard

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