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Israël

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Israël, en forme longue l’État d’Israël, respectivement en hébreu יִשְׂרָאֵל Yisrā'el et מְדִינַת יִשְׂרָאֵל Medīnat Yisra'el, en arabe إِسْرَائِيلُ Isrā'īl et دولة إسرائيل Dawlat Isrā'īl, est une démocratie de type parlementaire du Proche-Orient, située sur la côte orientale de la Méditerranée, géographiquement rattachée à l'Asie. Elle proclame son indépendance le 14 mai 1948, après le vote du Plan de partage de la Palestine par l’Organisation des Nations unies.

Une transition du socialisme au libéralisme

De 1948 jusqu'au début des années 1980, Israël fut gouverné par des socialistes. L’État s'est ensuite progressivement retiré de la vie économique et sociale. La situation sécuritaire, au lieu d'entraver le développement économique, favorisa une certaine croissance et le développement de techniques de pointe (cyber-sécurité, haute technologie, pharmacie). Les kibboutzim traditionnels ont été remis en question (faillites, privatisations).

Alors qu'il était autour de 4/10 dans les années 1970, l'indice de liberté économique (indice de l'Institut Fraser) dépasse 7/10 depuis les années 2000. Selon l'indice de liberté économique de la Heritage Foundation, Israël est classé parmi les pays libres économiquement (score de 70,5 sur 100 en 2016), devant la Belgique (68,8), l'Espagne (67,6) ou la France (62,5).

Y a-t-il une identité israélienne ?

Le paradoxe d'Israël est qu'il se définit originellement sur une base ethno-religieuse, comme État juif, ayant vocation à rassembler tous les juifs du monde (obtention aisée du passeport), alors qu'être juif en Israël n’implique pas de devoir respecter les commandements ni d'adopter les croyances juives : un juif qui cesse d’accomplir les devoirs religieux sans opter pour une autre croyance continue d’être considéré comme juif. On distingue aussi les "judéo-israéliens" des Israéliens non juifs (Palestino-Israéliens), qui n'ont pas exactement les mêmes droits (mariage, professions liées à la Défense, acquisitions de terres...). Bien qu'Israël soit un État laïc (pas de religion d'État), la législation reste influencée par la religion (mariage réglé selon des critères religieux), la finalité étant de conserver une identité nationale juive.

Les tentatives "scientifiques" de définition d'une identité juive ayant échoué (parmi les tentatives : empreinte digitale, ADN, critères culturels ou linguistiques), l'État s'en tient aux seuls critères religieux pour définir la nationalité israélienne : naissance de mère juive ou conversion selon les règles (pas de "droit du sol"). Il s'agit du seul cas dans le monde où la nationalité est aussi intimement liée à la religion.

Sionisme et libéralisme

Le sionisme est une idéologie politique fondée sur un sentiment national juif, prônant l'existence d'un centre territorial ou étatique peuplé par les Juifs en Terre d'Israël. Le mouvement sioniste est né en 1881 (premières organisations sionistes) et a abouti à un résultat concret en 1947 avec l'indépendance de l'État d'Israël, ce qui fait dire à certains que le sionisme est une idéologie dépassée ou caduque (post-sionisme).

Il n'y a pas de point de vue libéral unique sur le sionisme. Les opinions oscillent entre le soutien d'une légitimité du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" et la critique du nationalisme comme forme coercitive du collectivisme.

Murray Rothbard considère que l'attitude du Royaume-Uni après la Première Guerre mondiale est la cause de tous les désordres survenus en Palestine au XXe siècle : elle a fait du sionisme une "idéologie de conquête" d'un pays déjà peuplé :

Le seul mouvement juif qui n'était pas justifié était le sionisme, un mouvement qui au début s'assimilait au territorialisme juif. Mais tandis que les territorialistes voulaient simplement préserver l'identité juive yiddish dans un pays neuf qui leur serait propre, le sionisme a commencé à insister pour obtenir une terre juive uniquement en Palestine. Le fait que la Palestine ne soit pas une terre vierge, mais était déjà occupée par des paysans arabes, n'importait pas pour les idéologues du sionisme. En outre, les sionistes, loin de vouloir préserver la culture yiddish du ghetto, voulaient l'enterrer et lui substituer une nouvelle culture et une nouvelle langue basée sur une extension laïque artificielle de l'ancien hébreu religieux.[1]

Rothbard critique le point de vue d'Ayn Rand, qui approuvait le soutien américain à Israël et voyait dans les guerres du Proche-Orient une lutte entre "hommes civilisés" et "sauvages"[2].

Plusieurs auteurs, comme George Orwell, considèrent le sionisme comme l'expression d'une colonisation européenne des peuples d'Asie/Afrique.

Pour Ron Paul, au contraire, « il ne fait pas de doute qu'Israël peut historiquement revendiquer son territoire. La révolte de Bar Kochba en 135 av. J.-C. contre l'Empire romain a entraîné l'exil d'un grand nombre de Juifs de la région maintenant connue comme Israël. »[3]. Cependant Ron Paul, au nom du non-interventionnisme dans les affaires intérieures des pays étrangers, est favorable à l'arrêt de l'aide américaine à Israël et au retrait des États-Unis de la région du Moyen-Orient.

Stefan Molyneux[4] rappelle l'origine religieuse du sionisme (la nécessité du retour en Terre sainte), avant que celui-ci évolue ensuite vers un nationalisme laïc. Herzl (père du sionisme politique moderne) a proposé un compromis entre religieux (rabbins ardents à consolider une autorité perdue en Europe après les Lumières), socialistes (sionistes travaillistes) et capitalistes : un système capitaliste avec État-providence. Molyneux considère qu'Israël est proche d'une théocratie xénophobe, avec un fondamentalisme juif non visible depuis l'extérieur. Le projet sioniste estime nécessaire, pour disposer d'un État souverain, de déposséder les Arabes de Palestine, y compris en procédant à un nettoyage ethnique. Pour Molyneux, une solution rationnelle au conflit impliquerait un dépassement des nationalismes et des extrémismes religieux.

Les arguments avancés pour ou contre le sionisme sont souvent les suivants :

  • l'inexistence historique d'un "peuple palestinien" (Guy Millière[5]) / la recréation historique d'un "peuple juif" inventé (Shlomo Sand[6]) ;
  • l'occupation légitime d'une terre vierge auparavant inoccupée, pour constituer un "foyer national juif" / la réalité d'une terre qui comptait 400.000 habitants au début du XXe siècle, colonisée par les juifs européens aidés par les Européens et les Américains ;
  • un "droit du peuple juif à disposer de lui-même" / un projet sioniste judéo-chrétien millénariste (Philippe Simonnot).

Notes et références

  1. Murray Rothbard, War Guilt in the Middle East, 1967.
  2. Murray Rothbard, Ayn Rand's monstrous views on the Middle East, 1971.
  3. "Zionism", Liberty Defined.
  4. 12395-sek33-iPhonemovie.png [video]The Truth About Israel and Palestine
  5. Guy Millière, Comment le peuple palestinien fut inventé, éd. David Reinharc, 2011
  6. Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, éditions Fayard,‎ 2008.

Voir aussi

Citations

  • Tout le problème des Juifs n’existe que dans les limites des États nationaux, en ce sens que là, leur activité et leur intelligence supérieure, le capital d’esprit et de volonté qu’ils ont longuement amassé de génération en génération à l’école du malheur, doit arriver à prédominer généralement dans une mesure qui éveille l’envie et la haine, si bien que dans presque toutes les nations d’à présent — et cela d’autant plus qu’elles se donnent plus des airs de nationalisme — se propage cette impertinence de la presse qui consiste à mener les Juifs à l’abattoir comme les boucs émissaires de tous les maux possibles publics et privés. Dès qu’il n’est plus question de conserver ou d’établir des nations, mais de produire et d’élever une race mêlée d’Européens aussi forte que possible, le Juif est un ingrédient aussi utile et aussi désirable qu’aucun autre reliquat national. (Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain)
  • Le sionisme repose sur l'indépendance et sur l'autonomie. (...) Étant un non-interventionniste, je crois que nous ne devrions pas dire à Israël ce qu'ils doivent faire. Ils devraient décider eux-mêmes où sont leurs frontières. (Ron Paul, 2011)
  • L'antisémitisme est le socialisme des imbéciles. (August Bebel)
  • La prétention du sionisme à ressusciter l’hébreu antique et la culture du « peuple biblique » relève de la quête mythique de références nationales inculquées à des générations d’Israéliens et de sionistes, dans le monde. (...) Face au chariot plein de la religion juive, celui du judaïsme laïc était vide, et il l’est resté. Plus on creuse la question, plus on reconnaît qu’il n’existe pas de bagage culturel juif autre que religieux. C’est une des contradictions profondes du sionisme, et la raison de son obséquiosité historique constante vis-à-vis de l’univers de la tradition. (...) Les fondements de la création de l’État d’Israël ont été posés pour l’essentiel par des socialistes nationaux d’Europe de l’Est. Laïcs, ils s’étaient rebellés contre le judaïsme mais avaient dû néanmoins adopter d’emblée des marqueurs centraux de la tradition religieuse, dont l’éthique communautaire juive qui lui est intrinsèque. Ces marqueurs étaient admis par tous les courants du sionisme, de gauche comme de droite. Les causes complexes de ce phénomène idéologique et mental sont ancrées dans les caractéristiques et les finalités du sionisme, de la fin du XIXe siècle à nos jours. (Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, 2008)

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