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Cleptocratie

De Wikiberal
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La cleptocratie (ou "kleptocratie") est le gouvernement (ou le pouvoir) des voleurs. Ce terme désigne habituellement un pouvoir où règne de façon visible la corruption politique, la seule finalité du gouvernement étant l'enrichissement des dirigeants et la perpétuation de leur pouvoir dictatorial.

Les procédés cleptocratiques

Le principal procédé qui permet l'enrichissement des cleptocrates est le capitalisme de connivence, qui favorise les grandes entreprises et les banques "too big to fail" : protectionnisme, réglementation favorisant certains acteurs économiques, déploiement d'une illusion fiscale, etc.

Le second procédé, fréquemment combiné avec le premier, est l'avilissement de la monnaie (money debasement) par l'inflation et son "encadrement" par la banque centrale, ou éventuellement par la répression financière :

« Les marchés changent de nature, au lieu d’être espaces de libertés où s’expriment les préférences individuelles, ils deviennent lieu de transmission des volontés, des politiques du couple Banques/Gouvernements, lieu d’exploitation des épargnants et de leur crédulité. Les Banques leur transfèrent les risques en gardant les bénéfices, subventionnant ainsi les États. (...) Une classe kleptocratique s’est ainsi formée, basée sur l’exploitation d’un bien commun, la monnaie, à son profit. Avec la complicité des Banques Centrales que, pratiquement, elles contrôlent et la connivence des Gouvernements qui dépendent d’elles pour se financer. »
    — Bruno Bertez, La kleptocratie, masque de l’Étatisme et du Socialisme, 10/06/2012

Le procédé le plus ancien est simplement la dictature, socialiste ou non. La richesse mal acquise se fait toujours au détriment des moins riches et des pauvres. En 2006, le magazine Forbes estimait la fortune de Fidel Castro à 900 millions de dollars (une vingtaine de vastes maisons, voitures, gardes du corps et personnel de maison, île de Cayo Piedra, etc.). En 2016, alors que le Venezuela socialiste s'enfonce dans le désordre et la pauvreté, on apprend que la fille d’Hugo Chavez est la personne la plus riche du pays (sa fortune est évaluée à plus de 4 milliards de dollars).

Point de vue libertarien

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Pour les libertariens, tout gouvernement est une cleptocratie, puisqu'il vit du vol de ses sujets (par cette spoliation qu'est l'impôt) en s'appuyant sur la loi du plus fort (éventuellement dans sa variante démocratique). Que de ce fait les dirigeants s'enrichissent ou pas, n'est en fait qu'une question secondaire :

« La cleptocratie est une forme de pouvoir par lequel les dirigeants se livrent de façon régulière au vol ou à des politiques confiscatoires. Bien que dans les discussions politiques les cleptocraties soient considérées comme des versions corrompues de formes de gouvernement au sein d'une gamme variée de gouvernements acceptables, la science politique libertarienne suggère que quasiment tous les gouvernements sont, de fait sinon intentionnellement, beaucoup plus proches de cleptocraties que ce que l'on pourrait supposer à première vue. Cette conclusion découle de la théorie du choix public développée par James Buchanan et Gordon Tullock dans leur œuvre célèbre, The Calculus of Consent. »
    — Lawrence H. White, "Kleptocracy", The Encyclopedia of Libertarianism, SAGE Publications, 2008
« Il est facile de comprendre pourquoi on pourrait vouloir instituer un État. Ce n'est pas, comme on nous le serine depuis l'école maternelle, pour réaliser le bien commun ou parce que sans État il n'y aurait pas d'ordre, mais pour une raison beaucoup plus égoïste et basse. C'est parce que celui qui détient un monopole de l'arbitrage final sur un territoire donné peut inventer et imposer des lois en sa faveur au lieu de reconnaître et d'appliquer le droit existant ; et qui peut légiférer peut aussi imposer, et donc s'enrichir aux dépens d'autrui. »
    — Hans-Hermann Hoppe, Natural order, the state, and the immigration problem, Journal of Libertarian Studies, 2002
« Quand on est un homme de l’État voler ne s’appelle plus voler mais lever l'impôt. »
    — René de Laportalière,Les Lunettes à Frédéric, 2007

L’État cleptocratique introduit de ce fait une lutte des classes entre voleurs et volés, entre profiteurs privilégiés et sujets impuissants. Cette lutte aboutit à une destruction nette de richesse, selon la loi de Bitur-Camember, et donc un appauvrissement général (excepté pour une oligarchie).

Propriétaire satrapique

Au temps des Perses, un satrape était un haut fonctionnaire qui s'enrichissait en profitant de sa fonction. Le haut fonctionnaire contemporain jouit d'un pouvoir sur des biens de l'État tant qu'il est en fonction. Le propriétaire satrapique se comporte comme le propriétaire des biens que l'État lui confie. Le propriétaire satrapique utilise les biens de l'État selon ses critères idéologiques, et selon ses valeurs personnelles. Le maire d'une ville se conduit parfois en propriétaire satrapique.

Max Weber parle également, à propos de l'Asie antique, de « capitalisme politique » qu'il définit comme « accumulation de fortune des fonctionnaires, des fermiers fiscaux, des fournisseurs de l’État »[1].

Bibliographie


Citations

  • Le libertarien voit l'État comme un gigantesque gang de criminels organisés, qui vivent de ce type de vol appelé « fiscalité », dont ils utilisent le produit pour tuer, asservir et malmener le peuple. Par conséquent, toute propriété aux mains de l’État est entre les mains de voleurs, et doit être libérée le plus rapidement possible. Toute personne ou groupe qui libère ces biens de l'emprise de l'État, qui les confisque ou se les approprie, effectue un acte vertueux et rend un service significatif à la cause de la liberté. (Murray Rothbard, The Libertarian Forum, June 15, 1969)
  • L’État fournit un canal légal, ordonné et systématique, pour la prédation de la propriété privée ; il rend certaine, sécurisée et relativement « paisible » la vie de la caste parasitaire de la société. (Murray Rothbard)
  • Derrière chaque fortune mal acquise, on trouvera toujours un homme de l’État. (François Guillaumat)
  • Les étatistes passent leur temps à voler les autres tout en reconnaissant verbalement la propriété d’autrui. Quiconque leur oppose des principes démontre le caractère indéfendable de cette pratique pillarde. Le démocrate-social, c’est pire encore : quand il vole, c’est au nom de croyances absurdes (l’égalité, la représentation démocratique, les droits à) dont vous ne pouvez dénoncer la folie intrinsèque sans exposer par là-même son incapacité à lui en tant qu’être pensant. Vous ne combattez pas seulement son intérêt, vous démontrez son impuissance à saisir le réel. (François Guillaumat, La secte des adorateurs du marché)
  • Je voudrais qu'on comprenne les choses comme elles sont en vérité : les impôts sont un vol, les politiciens des bandits et tout l'appareil et la bureaucratie de l’État une structure de protection, une entreprise similaire à la Mafia, mais plus grande et plus dangereuse. (Hans-Hermann Hoppe)
  • Il y a des gens riches, appartenant principalement à la classe dirigeante, contrôlant l’appareil d’État ou liés au monde de la banque et du « big business » qui ont bénéficié indirectement de la confiscation, du vol et de la fraude. On ne doit pas laisser ces personnes tranquilles, mais les condamner comme des gangsters. (Hans-Hermann Hoppe, interview pour Philosophie Magazine, mars 2011)
  • L'argent public finit toujours dans des poches privées. (Pascal Salin)
  • L'État mammouth veut votre bien. Le maximum de votre bien. (Daniel Tourre)
  • C'est en cela que le libéralisme s'oppose à l'étatisme : pour lui, un voleur, un assassin ne sont pas ceux qui ne passent pas par les procédures étatiques reconnues pour dépouiller leur prochain ou l'expédier ad patres : pour le libéral, à l'inverse du démocrate-social qui se fait souvent passer pour lui, le voleur est celui qui s'empare du bien d'autrui sans son consentement ; quels que soient l'agresseur, la victime, le motif du vol, la destination du butin, les "besoins" des receleurs, ou encore le nombre de personnes qui approuvent ce vol ou nient qu'il en est un. (François Guillaumat)
  • Il n'y a pas beaucoup de chances que les imbéciles, même s'ils forment la majorité, soient systématiquement plus malins que la minorité des individus brillants et énergiques et parviennent à s'enrichir à leurs dépens. Bien plutôt, la plus grande partie de la redistribution se fera à l'intérieur du groupe des "non-pauvres", et il arrivera souvent que ce soient les plus riches qui arrivent à se faire subventionner par les plus pauvres. Pensez seulement à la pratique quasi-universelle des études universitaires quasiment "gratuites", grâce auxquelles la classe ouvrière, dont les enfants fréquentent rarement l'enseignement supérieur, est amenée à subventionner la formation des enfants de la bourgeoisie. (Hans-Hermann Hoppe)
  • Une société qui vole un individu du produit de son effort n'est pas à strictement parler une société, mais une pègre régie par un gangstérisme institutionnalisé. (Ayn Rand, La vertu d'égoïsme)
  • Un bon politicien est aussi impensable qu'un cambrioleur honnête. (H. L. Mencken)
  • Tout homme qui met de l'argent entre les mains d'un (soi-disant) gouvernement lui met en main une épée qui sera utilisée contre lui-même, pour lui extorquer encore plus d'argent, et pour le maintenir assujetti aux volontés arbitraires de ce gouvernement. Ceux qui prendront son argent, dès l'abord sans son consentement, l'utiliseront pour le voler et l'asservir davantage, si dans l'avenir il a l'audace de résister à leurs exigences. (Lysander Spooner, La constitution n'a nulle autorité)
  • Vous n'allez tout de même pas croire, camarades, que nous, les cochons, agissons par égoïsme, que nous nous attribuons des privilèges. (...) Nous sommes, nous autres, des travailleurs intellectuels. La direction et l'organisation de cette ferme reposent entièrement sur nous. De jour et de nuit nous veillons à votre bien. Et c'est pour votre bien que nous buvons ce lait et mangeons ces pommes. (La Ferme des animaux)
  • Jamais président de la République française ne se vautra avec autant de placide vulgarité et de tranquillité goulue que Mitterrand dans les avantages et commodités de sa fonction pour ses plaisirs personnels et ceux de ses parasites, flatteurs et courtisans. A la confiscation politique du pouvoir, encore aggravée par rapport à l'égocentrisme gaullien, il ajouta la confiscation financière de l'argent public et les profits mal acquis, dus à la corruption et à la plate délinquance, sous haute protection de l'État. (Jean-François Revel)
  • Quand la politique est utilisée pour allouer les ressources, les ressources finissent toutes par être attribuées aux politiques. (P.J. O'Rourke)
  • Quand l’achat et la vente sont contrôlés par la législation, les premières choses qui s’achètent et se vendent sont les législateurs. (P.J. O'Rourke)
  • Le gouvernement ne prend pas de l'argent pour obtenir ce dont il a besoin, mais trouve toujours le moyen d'avoir besoin de l'argent qu'il prend. (Ronald Reagan)
  • Les hommes politiques sont pas tous des voleurs, mais quand ils vous serrent la main, recomptez vos doigts. (Coluche) (humour)
  • La grande différence qu’il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c’est que, de temps en temps, les oiseaux s’arrêtent de voler. (Coluche)
  • C’est le devoir d’un gendarme de récupérer un bien volé et de le restituer à ses propriétaires. Mais lorsque le vol est légalisé, et que le devoir d’un gendarme devient non de protéger les biens, mais de s’en emparer au nom de la loi, alors c’est aux hors-la-loi d’assumer le rôle de gendarme. (Ragnar Danneskjöld, dans le roman La Grève d'Ayn Rand)
  • Je suis un politicien : d'une main je caresse les enfants, de l'autre je leur vole leur sucette. (cité dans le film A la poursuite d'Octobre rouge)
  • Le peuple contribuable, en qualité de constituant, était censé dire aux ministres : N'oubliez jamais que je suis libre ! vous ne serez que mes mandataires et je vous donnerai pour contrôleurs et surveillants mes députés et mes journalistes. − Soit, répondaient les ministres, mais tu nous donneras des fonds suffisants pour acheter députés, journalistes, et nous pourrons créer autant de salaires qu'il en faudra pour imposer silence à ceux qui nous crieraient : Grugeurs du peuple, pourquoi tant de salaires ! (abbé Antoine Martinet, Statolâtrie, ou le Communisme légal, 1848)
  • En comparaison, le voleur de grand chemin fait même figure de gentleman : il ne pousse pas l'hypocrisie jusqu'à se prétendre dépositaire d'une légitimité ou d'un humanitarisme fictifs quand, comme le gouvernement, il profère « la bourse ou la vie ». Et une fois son exaction accomplie, le voleur ordinaire laisse sa victime en paix, il cesse de la harceler, il ne la réduit pas à une servitude continuelle. (Pierre Lemieux, Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme, 1983)
  • Je pense que les ambitieux des démocraties se préoccupent moins que tous les autres des intérêts et des jugements de l’avenir: le moment actuel les occupe seul et les absorbe. Ils achèvent rapidement beaucoup d’entreprises, plutôt qu’ils n’élèvent quelques monuments très durables; ils aiment le succès bien plus que la gloire. Ce qu’ils demandent surtout des hommes, c’est l’obéissance. Ce qu’ils veulent avant tout, c’est l’empire. Leurs mœurs sont presque toujours restées moins hautes que leur condition ; ce qui fait qu’ils transportent très souvent dans une fortune extraordinaire des goûts très vulgaires, et qu’ils semblent ne s’être élevés au souverain pouvoir que pour se procurer plus aisément de petits et grossiers plaisirs. (Alexis de Tocqueville)
  • Que le lecteur sceptique tente l’expérience très instructive de formuler une définition de l'impôt qui ne s’applique pas également au vol. (Murray Rothbard)
  • Quand on vit de la naissance à la mort avec de l’argent public (...), que l’on ne paie pas ou peu de cotisations sociales, qu’on bénéficie d’un système de retraite réservé à sa seule catégorie, d’un système de placement financier défiscalisé, et qu’on n’a jamais investi un euro dans une entreprise mais tout placé dans des résidences secondaires, on doit a minima avoir l’honnêteté de ne jamais prononcer le mot Egalité, ni d’exiger des autres, fussent-ils devenus riches, plus de solidarité qu’on ne s’en impose à soi-même. (2015, anonyme, attribué à tort à Gérard Depardieu, puis à Gérard Lanvin)
  • Les espèces en voie de disparition me préoccupent énormément, surtout celles de mon compte en banque. (anonyme)
  • Ce sont des destructeurs ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un État : ils suspendent au-dessus d'eux un glaive et cent appétits. Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l'État et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois. Je vous donne ce signe : chaque peuple a son langage du bien et du mal : son voisin ne le comprend pas. Il s'est inventé ce langage pour ses coutumes et ses lois. Mais l'État ment dans toutes ses langues du bien et du mal ; et, dans tout ce qu'il dit, il ment - et tout ce qu'il a, il l'a volé. (Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra)
  • Il ne faut point prendre au peuple sur ses besoins réels, pour des besoins de l’État imaginaires. (Montesquieu)

Notes et références

  1. Hindouisme et bouddhisme, Champs-Flammarion, 2003, p.340.

Voir aussi

Liens externes

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