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Esprit d'entreprise

De Wikiberal

L'esprit d'entreprise, ou entrepreneurship en anglais, correspond soit à une qualité psychologique et praxéologique d'un individu particulier, soit pris dans un ensemble plus large, à une culture partagée plus ou moins soutenue par un système politique dominant.

Au cours des dernières années, "l'esprit d'entreprise" a été étendue au-delà de ses origines lucratives pour inclure l'entrepreneuriat social, intellectuel, artistique, politique, institutionnel. L'entrepreneuriat se développe à l'échelle individuelle (solo) et aussi au sein d'une entreprise existante (intrapreneuriat) ou plus spécifiquement dans une grande organisation (corporate entrepreneurship) ou des filiales créés à ce propos (entités spin off).

Sur le plan théorique, en économie, l'école autrichienne d'économie a fourni un apport essentiel à la compréhension de l'esprit d'entreprise : Carl Menger, Ludwig von Mises, Friedrich von Hayek, Israel Kirzner, Don Lavoie. En marge de cette école, mais pas très loin, des auteurs comme Joseph Schumpeter et Frank Knight ont fortement contribué à l'analyse de l'esprit d'entreprise.

Qu'est-ce que l'esprit d'entreprise ?

Sur le plan individuel, l'esprit d'entreprise est lié à l'entrepreneuriat c'est à dire à la volonté de mettre en œuvre un processus de conception, de lancement et de gestion d'une entreprise, soit qu'il s'agisse d'une entreprise au démarrage, soit que cela concerne une entreprise déjà existante offrant un produit ou un service. L'esprit d'entreprise commerciale est lié à la prise de risque et à la volonté de faire un profit. Les entrepreneurs révèlent leur esprit d'entreprise en percevant de nouvelles opportunités commerciales (besoins du marché non satisfaits), de découvrir la concurrence avec un esprit d'innovation et une attitude pro-risque qui les rend plus susceptibles d'exploiter l'opportunité. Mais, la réussite des entrepreneurs dépend du contexte culturel et politique favorables pour assumer un leadership entrepreneurial.

La transition économique en Europe de l'Est a démontré le piège du constructivisme social en imposant des institutions politiques et administratives sclérosantes. L'esprit d'entreprise ne nait pas à la sortie des urnes. Les résultats des élections nourrit souvent des espoirs de croissance mais pour cela, il ne faut pas que la gouvernance politique étouffe l'esprit d'entreprise qui est le moteur de la croissance économique. L'auto-efficacité[1] des potentiels entrepreneurs est au cœur des intentions envers l'entrepreneuriat, hors elle demeure fragile. La volonté et le potentiel entrepreneuriaux, aussi remarquables soient-ils dans un pays, sont finalement annihilés par des mesures tatillonnes administratives, des lobbies du capitalisme de connivence et des manœuvres politiquement partisanes. L'esprit d'entreprise s'en retrouve étouffé au lieu d'être propagé au plus grand nombre, notamment auprès de toutes les personnes qui n'ont pas encore été en contact, formées ou entraînées à cette culture d'entreprendre. Rares sont les pays qui ouvrent la voie à la concurrence pleine et entière dans tous les secteurs économiques y compris vis à vis des services publics et administratifs. Hors la recherche des individus pour atteindre leurs objectifs personnels, c'est à dire leur motivation entrepreneuriale[2] intrinsèque est liée à la perception des opportunités qu'ils rencontrent ou à leur déception face à l'impuissance des barrières qui sont imposées par les réglementations aveugles à l'esprit d'entreprise. Leur motivation est dépendante aussi de la valeur qu'il fixe dans les objectifs liées à leur notion de succès[3]. Chaque acte d'entreprise manqué par la faute d'un leadership bureaucratique condamne indubitablement l'amélioration des performances de tout un pays.

L'esprit d'entreprise fonctionne généralement le mieux au sein d'un écosystème (par exemple, la Silicon Valley) qui comprend des programmes et des services qui promeuvent l'entrepreneuriat. Cela peut être effectué par des associations, des petites entreprises de conseils et du mentorat aux entrepreneurs[4] (par exemple, par le biais de centres d'entrepreneuriat ou des sites Web), des pépinières d'entreprises, de la formation et des programmes d'éducation à l'entrepreneuriat dès le plus jeune âge, et du financement d'entreprises (par exemple par des prêts, du financement de capital-risque, l'investissement par des business angels, etc.).

Thomas Edison, illustre inventeur et chef d'entreprise américain, sert d'exemple à la pensée positive d'un schème de pensée entrepreneuriale. Quand le laboratoire d'Edison fut pratiquement détruit par un incendie en 1914, mettant en cendres une grande partie de l'œuvre de sa vie, Thomas Edison répondit que cette catastrophe était finalement très utile car l'incendie avait fait disparaître toutes ses erreurs passées. "Dieu merci, nous pouvons recommencer à zéro", conclut-il. Le schéma de pensée d'Edison, à ce moment là, l'a poussé vers une recherche de nouvelles opportunités. Le feu fut une chance de repartir de zéro plutôt qu'un obstacle définitif, une raison qui aurait pu le faire abandonner et prendre sa retraite. En effet, ce type de pensée, qui n'est pas anodin dans un pays ou l'esprit d'entreprise est intégré dans de nombreux schèmes de pensées positives individuelles, a payé pour lui parce que trois semaines après l'incendie, Edison réussit à livrer son premier phonographe.

Les risques de l'esprit d'entreprise

Trop souvent, dans la société, l'esprit d'entreprise est présenté de façon glorieuse ou inversement, de façon suspicieuse sans se rendre compte des risques encourus par les entrepreneurs.

  • Les confrontations avec le risque. Les entrepreneurs sont amenés à changer ou à remettre en question le statu quo de l'organisation. Cela comporte des risques qui est évalué par le chef d'entreprise avec une récompense associée. Si cette récompense n'est pas proportionnelle au risque évalué, l'esprit d'entreprise s'en trouve affaibli. De même, si la tolérance au risque ne peut pas être communiquée à d'autres parties prenantes, et comprises par celles-ci, alors des affrontements sont plus susceptibles de se produire et risquent de détruire la cohésion d'équipe.
  • Le stress (individuel ou de son équipe) est également un risque de saper la capacité d'un entrepreneur de prendre de nouvelles initiatives, de détecter des opportunités et de faire face à ses responsabilités en cas d'échec.
  • Le manque de confiance en soi peut également être associé avec le côté sombre de l'esprit d'entreprise. Cela peut correspondre avec un forme de frilosité de potentiels entrepreneurs ou au contraire, par le comportement opposé d'un désir irréaliste pour le succès avec le mythe qu'il est plus facile d'entreprendre à l'étranger, ou du trop grand désir de contrôle sur le marché avec ses désillusions si les anticipations ne se révèlent pas justes, ou la méfiance peut venir de sa propre organisation interne qui affaiblit la puissance de l'esprit d'entreprise.

En conclusion, l'entrepreneuriat est un aspect essentiel de l'économie de tout pays et constitue le moteur essentiel de l'accroissement de l'emploi et de la croissance économique. Il touche à toutes les vies humaines par le biais de l'introduction de nouvelles technologies, des produits et des services. Les entrepreneurs, par leur créativité et leur conviction, quasi inébranlable de surmonter les échecs qui leur font face, contribuent à bâtir une société plus riche et techniquement plus avancée.

Annexes

Notes et références

  1. 1989, J. Adams, S. Carley, R. Scherer, F. Wiebe, "Role model performance effects on development of entrepreneurial career performance", Entrepreneurship Theory and Practice, Vol 13, n°3, pp53-81
  2. 1986, I. C. MacMillan, S. Scheinberg, "An 11-country study of motivations to start a business", In: N. C. Churchill, J.A. Hornaday, B.A. Kirchoff, O.J. Krasner, K.H. Vesper, dir., "Frontiers of Entrepreneurship Research", Wellesley, MA. Babson College
  3. M. E. Ascalon, M. J. Gorgievski, U. Stephan, 2011, "Small Business Owners’ Success Criteria, a Values Approach to Personal Differences", Journal of Small Business Management, 49(2), pp207–232
  4. Le mentor peut être décrit comme une personne avec des qualités définies. C'est un expert qui supervise et qui forme une personne plus jeune. Le jeune protégé bénéficie des conseils et du soutien du mentor. Le mentorat est différent des autres formes connexes de soutien discret telles que l'enseignement et le coaching. En cas de mentorat, le mentor fait de l’intérêt du mentoré une priorité complète et non pas une partie dans un ensemble de priorités. Le mentorat peut être accompli sous diverses formes. De nombreux programmes de mentorat sont mis en place dans de grandes organisations pour le développement psychologique et professionnel des employés. Les objectifs de tels programmes de mentorat sont d'encourager et de développer le protégé et également de créer une meilleure perception globale de la culture organisationnelle.
    • 2002, L. Bisk, "Formal entrepreneurial mentoring: the efficacy of third party managed programs”, Career Development International, vol 7, n°5, pp262-270

Liens externes

  • "Entrepreneurial moments and momentum", Document de recherche écrit par Steffen Korsgaard et Jesper Piihl, présenté à la conférence du "Danish Management Academy", sur le thème di "Management - Des percées et des paradoxes dans le défi du leadership, tenu du 8 au 9 décembre 2008, à Copenhague

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