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Leadership situationnel

De Wikiberal

La théorie situationnelle du leadership propose que les leaders choisissent le meilleur plan d'actions qui soit basé sur des variables contextuelles. Selon cette approche, le niveau de performance d’un collaborateur dépend en grande partie du style de management que le responsable adopte à son égard. De plus, il n’existe pas de style de management idéal mais des styles adaptés à chaque situation. En effet, la mise en pratique du bon style de leadership au bon moment et dans le bon contexte permet de minimiser l’effort à produire, d'où une orientation du leadership situationnel davantage axée sur l'efficience que sur l'efficacité.

Adaptation du style de leadership du leader avec les autres membres de l'équipe

La principale responsabilité du leader situationnel est d'adapter son propre style de leadership afin de répondre aux besoins de chaque membre de l'équipe face aux nombreuses tâches variées de direction, et des encouragements personnels basés sur la volonté de l'individu à remplir une mission particulière. Un style de leadership peut être plus approprié pour un certain type de prise de décision et un autre style de leadership peut être plus adapté pour un autre type de décision. Grâce à sa souplesse inhérente, le leadership situationnel est applicable à des échelles micro et macro, car il est approprié pour des tâches simples ou complexes et adaptable pour les adeptes à tous les niveaux de développement. Par exemple, au niveau micro, un membre récemment intégré dans une équipe a probablement un grand enthousiasme pour le projet, mais il peut ne pas avoir toutes les compétences requises pour sa première tâche. Cette personne a besoin, au début, de plus de direction que de motivation.

Un leader situationnel doit continuellement équilibrer la quantité de direction donnée à la construction des relations inter-personnelles, parce que les compétences et les motivations changent rapidement au long de la présence des collaborateurs dans l’organisation. Le leadership situationnel est le management spécialisé de l'adaptation aux changements. Le caractère circonstanciel du modèle exige que le leader adapte son propre comportement à chaque fois que la situation change. Chaque fois que change la relation entre le "suiveur" et la tâche, le modèle du leadership situationnel doit permettre au leader de recadrer ses actions pour répondre aux nouveaux paramètres. En appliquant encore et encore son modèle dans des approximations successives, le leader peut réévaluer le degré de direction et de besoin de soutien des collaborateurs tout au long du continuum de la création jusqu'à l'atteinte du but.

Différences avec la théorie des traits de personnalité

La compréhension et l'application du modèle sont essentielles pour le leadership. Le leader doit savoir ce qu'il doit faire en fonction des situations différentes, c'est-à-dire comprendre qui peut et qui va accomplir les tâches. Le leadership situationnel valide les connexions. Comme la théorie des traits de personnalité, la théorie du leadership situationnel s'appuie sur les différentes personnalités ; mais deux différences majeures subsistent : premièrement, la théorie du leadership situationnel ne s'intéresse pas uniquement aux traits de caractères du leader mais aussi aux "suiveurs" ; deuxièmement, plutôt que de représenter des problèmes ou des défauts, l'âge, l'origine culturelle, les antécédents socio-économiques et l'identité sexuelle ne sont que des éléments qui participent à créer l'individu tout entier. Dans le modèle de leadership situationnel, l'individu est évalué en fonction de la tâche et de sa volonté de comportement et non par une grille normative référençant plus ou moins précisément des "qualités" de personnalité. La diversité des caractères n'est pas contraignante dans la mesure où elle est choisie par le manager et qu'elle est gérée dans ce modèle de leadership situationnel qui tient compte des individualités et de leur coordination au sein de l'équipe de travail. Ce qui fait défaut, ce ne sont pas les qualités ou inconvénients des personnalités des collaborateurs ; mais c'est la compétence managériale du leader situationnel qui fait la différence.

Les limites du leadership situationnel

Cette théorie du leadership situationnel souligne l'importance du contexte contrairement aux théories qui la précédaient, mais son efficacité reste à démontrer. Cette approche est facile à comprendre, car elle est logique, intuitive et facile à conceptualiser. Elle semble facilement applicable dans des situations de leadership de la vie réelle. Mais sa qualité en constitue aussi ses limites. Pour être opérationnelle, la théorie situationnelle doit s'appuyer sur un leader qui sache évaluer la situation donnée et choisir la meilleure réponse en fonction de cette situation. Ceci demande des qualités de perception de la réalité et de réactivité avec des réponses appropriées rapides et judicieuses. Cette théorie recèle donc des lacunes épistémiques et praxéologiques, car il est difficile de prévoir des résultats positifs avec cette théorie. Sur le plan méthodologique, il est difficile, sinon impossible de la tester expérimentalement, aucune preuve n'existe pour savoir si cette théorie fonctionne réellement.

Ce modèle nécessite que le leader soit impliqué et qu'il ait les connaissances à la fois de la production et des aspects du personnel dans le processus de production afin de bien adapter son propre comportement. Ce leader "de l'intérieur", par opposition au leader "d'en haut" de la théorie des grands hommes ou de la théorie des traits, doit toujours être relié à l'objectif, ainsi qu'avec ceux qui cherchent le but ; ce qui demande une omniprésence et une forme d'idéal irréaliste, comme l'idée que les leaders soient des êtres malléables et assez souples, prêts à changer de caractère (dans leur conscience et leur comportement) pour s'adapter à la situation.

Basant leur recherche en opposition avec la théorie des traits, les situationnistes en sont devenus des théoriciens très impersonnels. Ils évitent d'étudier les grands événements de l'histoire ou les grands leaders qui furent sensibles à leur situation. Ils ont ainsi arraché des listes de comportements, les caractéristiques de personnalité ce qui en fait des leaders sans personnalité, et presque sans humanité tels des leaders mécaniques et automatiques. À vouloir que les leaders s'adaptent à la situation, il n'est pas étonnant que nous ayons des personnages politiques qui agissent en fonction des sondages d'opinion publique, pour ne pas être en décalage avec les besoins de la situation. Mais, ces leaders ont très peu de rôle transformationnel, ils suivent le sens du courant, tels les moutons de Panurge.

Annexes

Bibliographie

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Liens internes